LE FLEUVE ST LAURENT

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Anthony Vaccarello dont la sève monte sur la rude écorce de la mode, où la couleur moutarde se mêle au noir et se tâche de rouille, comme une image subliminale d’une peau de bête, que le soleil aurait écorché de la forêt, pour des manteaux de cuir. Sans trop de chichi pour une fois, avec une organisation à faire pâlir les équipes du Seigneur des Arnault, voilà la dignité des nuits d’un beau tracé avec le cordon d’Ariane.

Comme chaque année, le show se déroule sous les lumières scintillantes de la Tour Eiffel, mais et cette fois-ci une étincelle magique a fait jaillir le sublime de la fontaine de Jouvence. S’il y avait un élément qui définissait la collection, c’était cette capuche tubulaire et soyeuse (Alaïa sort de ce corps !) ; une image fluide de la collection haute couture de 1985, le complément chic et iconique qui a imprégné la culture Pop au fil des années, Saint Laurent post mortem et personne n’a oublié Grace Jones et Martha Graham sublimant ces tenues.

Nouvelle silhouette grande et audacieuse, ensemble mince et élancé avec des épaules larges, un style qui va radicaliser l’industrie de la mode pour les années à venir. Mais, surtout, on sentait qu’il y avait une nouvelle tendance pour une nouvelle ère chez Saint Laurent. Enfin les années 80 qui fusionnent avec notre époque. Un message grand et puissant, et en vérité, je vous le dis : « ne quittez pas la boutique sans de grandes épaules, de gigantesque boucles d’oreilles, et surtout de grandes capuches derrière lesquelles vous pourrez cacher votre glamour de « Bad Girl » de banlieue de Neuilly, car cette collection-là fera date assurément.

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