VILLÉGIATURE

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Il faut connaître Dinard pour trouver « Le Petit Port ». Asclépios fils d’Apollon et de Coroniset faillit ne jamais connaître l’Armorique ni la vie d’ailleurs. Nous marchions le long du quai avec une vue sur la Vicomté imprenable, et après une année de voyage en pensées de mirage couture, nous nous sommes posés lentement pour essayer de renaître sous le vent et les embruns. Délicieux mélange de beauté à l’ancienne pour se ressourcer, car n’oublions pas qu’ici c’est le Saint Goulven qui aurait construit un hermitage venu du Finistère et autour duquel un village se serait progressivement aggloméré.

Et, comme tout choix dépendant de l’humeur du moment ainsi que des personnes qui vous accompagnent, c’est la douceur de vivre qui oublie, pour un moment, la pression de Paname. Adieu gens de mode et bimbos de pacotille, Seigneur tout puissant, vous, qui ne connaitrez jamais de vos îles des Caraïbes le bonheur du Prince de Venise de revenir en ce pays de l’Age du bronze, source inépuisable de sérénité et de ressource de notre avenir, mais surtout, source de gens harmonieux nous montrant qu’en ce monde où tout s’effondre et croule, l’homme lui-même n’est pas seulement une ruine en pleurs. Nous nous sommes trainés de sommets en abîmes, entre deux infinis, et la vie qui nous tient suspendu à nos métiers respectifs, pénètrent dans nos fibres intimes et frappent à cris redoublés sur nos cœurs éperdus.

Tu crois que tu n’as plus rien dans ton ardeur fébrile, et abêti par le fait de dévoiler la monstrueuse stérilité de l’univers qui nous voit anéanti par notre propre stupidité. A quoi bon le nier dans mes sombres vers tout est vrai, et je le reconnais, voilà nos désespoirs, nos doutes, nos tortures devant l’infini, et c’est là que nos frissons de l’intime à travers les débris de notre esprit, et par-dessus les charniers, jettent ce cri de délivrance, « VACANCES ».

Anonymode