TENDANCE MODE 2024

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Le texte le plus court, élagué comme un arbre, évoque dans mon esprit un chêne planté le lundi 9 avril 1854. J’aime cette précision inutile comme la sexualité verticale des lampadaires et des beaux gosses de la Fashion Week. Ça se déroule dans un coin d’Amérique : un jeune Noir se trouve pendu à ce satané arbre, désormais centenaire, par une horde d’individus encagoulés de blanc, le mardi 8 janvier 1963, précision glaçante, comme l’inertie d’asphyxie d’un système mis en place par des tyrans.

Le monde de la mode, avec ces mots qu’il utilise, fait partie d’un système, Slouchy*, Late Nineties*, Poor Esthetics*, Devilish* des noms anglo-saxons pour noyer le poisson laissant une incompréhension totale pour le commun des mortels, pour des tendances au nombre de 15 ou 18 ou encore 20 et visiblement personne n’est d’accord sur ce chiffre. En réalité, la création est noyée sous le dicta des grands groupes, qui comme dans le sud des USA dans les années 1885, ont mis la main sur les individus créateurs qui produisent la Fashion Week en ayant un droit de vie ou de mort sur eux. Regardez Alexander Mac Queen et John Galliano, suicide pour l’un et la mort sociale pour l’autre, quant à Marc Jacob, après avoir fait les premières collections de Vuitton, il a disparu de la scène médiatique.

Ainsi, dans les villes du monde, tout le monde est habillé avec ces logos de la même facture comme autrefois en Chine avec le fameux col Mao, ou comme des pingouins ou Zazous d’après-guerre. Et pour la haute couture, depuis le Marrant, eh bien… essayez de prendre le métro dans une robe en forme de couche culotte type « Jacquemuse » ou une robe de Mugler à moitié nue dans les rues de Paname au risque d’être condamné pour attentat à la pudeur.

Et, si vous regardez autour de vous les gens dans la rue ou dans les bus, ils ne sont plus habillés correctement, la « Zarahification » a déjà fait ses ravages en détruisant la planète avec sa Fast Fashion, les mêmes premiers mots que pour Fast food. Les pauvres en Zara, ou dans les Kilos Shop, et les riches en Pharells colorisés de banlieu pour faire croire que l’on connait les zones de non droit. Finalement, la seule chose que les riches soient prêts à donner aux pauvres, c’est la distance, et là, la distance est stratosphérique.

FM

Slouchy (Large sur les cuisses.)
Late Nineties (fin des années 1990)
Poor Esthetics (Mauvaise esthétique)
Devilish (Diabolique)