YSL DE L’OMBRE A LA LUMIÈRE

De la Conciergerie, nous quittons notre restaurant pour longer le fleuve. Sur les quais résonnent les bruits de la nuit de Paname. Le jeu de lumière des bateaux mouche a balayé mon cafard de cette journée si morne. Un faisceau de poudre bleu au loin vient du palais de la folle de Chaillot. Une odeur d’opium se fait sentir à l’arrivée de l’espace que le prince de Venise a réservé devant la tour « effet », que regardent deux japonaises devant moi comme un bonbon.

La foule est impressionnante pour voir la collection de Vacarello. Je regarde l’espace un bref instant et l’absolue vérité du monde de la mode me saisit. L’implacable obscurité du temps en attente d’un monde exsangue de la vraie vie qui est en sursis encore pour un instant. La lumière de la scène se fait rayon de lumière et monte dans le ciel comme pour rivaliser avec la Dame de Fer. Un premier mannequin sort des rayons blancs pour une collection bien noire, qui elle n’illuminera pas Paris, mais dans un style plus proche à chaque fois du Maître d’Oran …