SERGE MANSAU LA LAMPE D’HELIOS

Depuis longtemps, je rêvais d’avoir dans mon appartement une oeuvre du Maître Serge Mansau. Ce grand sculpteur, c’est un peu comme Picasso, on ne peut pas obtenir de lui une œuvre facilement. Car, même si l’artiste est très prolifique, il ne se découvre pas d’un fil, comme ces hommes tiges qui marchent l’échine courbée, ils ont le nez baissé, non pas pour vous fuir, mais pour tracer leur route. L’homme est sans concession, et si vous ne lui plaisez pas, inutile d’essayer de venir découvrir les œuvres qui regorgent dans sa grande maison de la région parisienne.

Bref, j’étais à Paris chez un fabricant de meubles du nord de l’Europe, « Idées A construire », promenade du dimanche bucolique pour dépenser quelques sous durement gagnés et continuer ma fièvre acheteuse. Quelle n’a pas été ma surprise quand je suis tombé sur la lampe « Ribbon », que j’avais vu en sculpture chez mon Maître préféré. Mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai dégainé ma carte bleue comme une arme de construction massive, et je l’ai achetée immédiatement. Elle trône aujourd’hui dans mon salon autour des œuvres et des flacons de parfums que j’ai déjà du Maître.

MORT D’UN GÉANT

Svelte, les bras étendus comme des ailes déployées, il marchait dans l’air qui virevoltait autour de lui, lui donnant une élégance sans égale. Sa chevelure blanche faisait de lui l’homme sage le plus jeune de l’industrie de la parfumerie. Il était l’homme aux 650 flacons parmi les plus connus de la planète. Un créateur du rêve, un libertaire convaincu. A la première lecture de sa personnalité, on pouvait deviner que ce poète des temps modernes, amoureux de sa femme, comme un enfant, était un provocateur qui cachait une grande timidité. Sa vie, en dépit de quelques embûches, ne viendra jamais ternir son élan, son enthousiasme et sa créativité.

Les senteurs et les parfums tournaient dans l’air du soir comme une valse mélancolique autour de lui et dans un langoureux vertige où l’imaginaire et la sensualité n’ont eu de cesse que de croître, car sa seule volonté était de créer pour les générations futures.