MARINE SERRE LA MAIN DE VENUS

Nous nous sommes soudain trop approchés de quelque chose… Donc, on se tenait à distance ! Créatrice mystérieusement mise en position démesurément favorable par le Seigneur des Arnault. Il est insupportable de se sentir solitaire et impuissant devant la beauté en train de s’épanouir par autrui. Solidaire, dans un puissant mouvement de poitrine qui reformate l’esprit, la couturière engagée qui, autrefois, était un abreuvoir à l’obscurité, s’offre aujourd’hui un poème de splendeurs entre deux carrés de pied-de-poule, transformant la simplicité de la coupe en une déesse d’Aphrodite.

Voilà donc après l’existence si courte pleinement accumulée le regard pour en étaler le fondement, comme une Vénus blonde ou une ruine laissée là jadis dans l’eau grise de la rivière de longs champs, apparaît une douce et flexible volonté de créer du surprenant, mais attendons la suite car la mode n’est pas une course de cinquante mètres mais plutôt un marathon.

Marine Serre sort, enfin, des griffes du Seigneur des Arnault pour prendre son envol dans un souffle surpuissant, et donne une collection qui va au-delà même de son propre sens de l’esthétique. Il faut souvent faire abstraction des choses qui vous entourent pour bien créer, mais surtout créer juste.

MARINE SERRE PARIS 2020

À Longchamp, la semaine dernière, ce ne fut pas la marée noire comme Marine Serre l’avait promis, mais plutôt la Marine Noire, et en plus de la pluie qui s’est effondrée sur Paname comme le ferait les nouveaux produits du groupe LVMH, voilà la créatrice adoubée par le Seigneur des Arnault pour qui on a sorti le tapis rouge, et qui nous déroule son tapis noir de mazout.

Se voyant offrir Longchamp avant Dior, le maître de Granville en aurait été tout retourné. Et tout cela pour une collection bien morne malgré tout l’argent dépensé et les conseillers de la Dame du Châtelet…