ISABEL MARANT ARLEQUINEMENT VÔTRE

Je cherche une goutte de pluie qui vient de tomber dans la mer de la couture et où, dans sa rapide course verticale, elle pourrait luire plus que les autres, ayant encore assez de force pour comprendre comment la plus bohémienne des créatrices puisse tomber dans le quartier des Bourgeois-Bohèmes, pour se perdre à jamais ou retrouver une nouvelle vie et renaître sans raison.

Alors, je cherche dans la mer les fils de la vague et de l’élégance, mais, surtout un cœur qui pourrait me laisser ce fragile souvenir dont je serai le seul dépositaire. La bohémienne chic passe au chic tout court, c’est la bohémienne rhapsodie, il paraît que c’est à la mode. L’homme de la Pampa, que je suis, voit de ses yeux un poème de Pablo Neruda dans les couleurs ocres et qui dans la lumière se lave et se  lustre jusqu’au beige clair. La subtile et indomptable créatrice écaillent en caressant les écorces de l’arbre du temps que les saisons ravinent d’un éclat de ses blessures que la vie a laissé.