MILLENNIALS UN MONDE D’INCOMPRÉHENSION

La génération du millénaire reste pour le luxe un monde d’incompréhension. Cette génération différente de la Y où deux sur dix âgés de 18 à 30 ans ne possèdent pas de carte de crédit mais seulement des cartes de débit. C’est important parce que les Millennials dépensent leur argent différemment et d’ici 2025, ils détiendront la moitié de tous les revenus disponibles de la population active dans le monde entier. C’est fascinant de voir à quel point la génération du millénaire résonne, une génération qui échappe aux catégories préétablies, et les marques de produits de beauté entretiennent des liens très profonds avec ces nouveaux consommateurs, ils les comprennent plus que les autres secteurs d’activité, et il faut noter que la montée en puissance de nouvelles marques au cours des dernières années a renversé le commerce de détail.

Beaucoup d’autres industries de la vente de détail se tournent vers la beauté pour apprendre à gérer ces nouvelles populations. Soixante-seize pour cent ont déclaré découvrir de nouvelles marques et produits de beauté sur les médias sociaux, tandis qu’en quatrième position la recommandation venait d’un ami, un phénomène de bouche à oreille viral qui s’impose. Dans le même temps, 72% achètent des produits directement à partir des plateformes des médias sociaux…

ON AURA TOUT VU PAROS

« On Aura Tout Vu » s’installe à Paros dans la mer Égée. Île célèbre pour ses villages traditionnels et, dont la capitale de Parikia représente le centre de l’archipel des Cyclades, abrite la basilique de la Panagia Ekatontapiliani, église byzantine datant du IVe siècle après J.-C. ? C’est là que la maison de couture parisienne, réputée pour ses accessoires en cristal, à la fois chic et décalés, a choisi de s’installer dans un magasin baptisé « On Aura Tout Vu Paris Paros »…

JACQUEMUS PORTE DES LAVANDIÈRES

À une heure de route au nord d’Aix-en-Provence, au milieu des champs de lavande dans le magnifique paysage des Alpilles c’était comme une invitation dans un tableau de Bonnard, une invitation, qui se présentait sous la forme d’une petite bouteille d’écran solaire avec ces mots «Le coup de soleil» ou «The Sunstroke» ; une perspective qui s’est avérée exacte devant la vague de chaleur et quand, au soleil, qui nous tournait le dos nous mettant ainsi face à son ombre.

Les tiges parme s’étendent, s’étirent, ondulent et recouvrent le champ d’un mauve velouté. Elles émerveillent les yeux et colorent les âmes, là où dansent les abeilles dans un nuage bourdonnant. La lavande, doucement, flotte dans l’air.

Un show qui débute par un tailleur-pantalon blanc sur-dimensionné recouvert d’une robe en dentelle couleur pêche. Des motifs imprimés, brodés ou dessinés au laser sur de grandes chemises à manches courtes portées par des dròlla et des dròlle en langue occitane.

KARL AU GRAND PALAIS

Pas un jour ne commence ni n’expire de la Fashion Week sans penser au Catogan. Celui qui paraissait arrogant, et, dont peu à peu, l’ombre en fuite furtive ondule et tressaille au Grand Palais pour un voyage dans nos pensées. Dans ces ondes inexprimables, l’émoi de Karl et du grand Jacques flotte encore dans les coursives de la Mode. Ses cheveux blancs noués en catogan s’irisent en cascade sensuelle, et avec une langueur spirituelle qui ne cesse de nous hanter.

Une transe contemplative sous la coupole pour qu’un souvenir ébranle nos cœurs et finisse par ne plus m’inspirer. Aujourd’hui même, je vois vos modèles sous les traits de créatures ailées, et d’un sommeil qui sera centenaire, pour finir par être un tout en « Karl Mont ».

RYNSHU TROIS COULEURS

Bleu comme les yeux de Mademoiselle Aya Ueto, blanc comme le sommet du Fujiyama, et enfin rouge comme les joues fruiteuses des geisha de Tokyo, nous sommes au pied du palais du même nom, et c’est toujours un plaisir d’être accueilli par 2ème bureau, qui nous protège de la foire d’empoigne des Bimbos de la télé-réalité qui ici ne sont pas force de loi.

Un japonais à Paris, depuis bientôt plus de 35 ans, où les zips du couturier, vient fermer les shows du dimanche dans une douceur moite, au bord de la Seine qui rafraîchit les convives. Depuis ses débuts dans la mode, Rynshu travaille sans assistant. Très actif, il écrit des scénarii, réalise des costumes de scène, et il assure la direction artistique de Masatomo Inc. ainsi que de Masatomo Dream Corporation.

YOJI YAMAMOTO SOLEIL SUIVANT

Des chouettes, du pays du Soleil Levant, brillantes comme le ferait un verre noir dépoli à l’acide. Il faut nettoyer parfois, souvent pour le plaisir de créer, et il faut caresser pour le plaisir de l’autre. Yoji où les larmes noires de la mode qu’il faut garder au fond de l’âme pour toute une saison. Dans mes yeux et dans le cœur, je conserve au fond de moi comme on garde un mystère dans le ciel, et puis dans l’écriture une tristesse de venir toujours voir la même rengaine.

Voici mes larmes bleues à l’encre de ma plume, des larmes de rance, celles des poètes au service de la mode, pour mettre le feu aux dernières consciences, pour montrer que la ritournelle des saisons les unes après les autres ne font pas le printemps, et ne font pas une saison en tout cas. Le Tanatos japonais avec son frère jumeau Hypnos ont réalisé une collection pour les amis implacables du genre humain dévoyé.

Je verse des larmes de voir des fonctionnaires de la mode continuer leur sale besogne d’évoquer que créer c’est facile, car même si la mode est un éternel recommencement, comme disent les « Grumleristes », je pense que la mode, c’est d’abord…

DIOR UN THÉ A LA ROSE NOIR

Hier, au moment où le soleil était sur le point de se coucher, juste où le cycle de celui-ci plongeait dans les étoiles, là où, à cet instant, le sable du désert devenait d’un rose indéfinissable, comme si une vague dans sa grande justesse apportait sa force pour nous jouer le New Look masculin pour la prochaine décennie, a un point tel que c’était comme si le Maître de Granville était de retour.

Voici  la splendeur d’une mer de sable rose, le début d’une mode qui va briller pour l’éternité, et qui brille parmi la constellation couture, je retiens mon souffle à tomber dans une transe aussi forte que le séisme de la Soufrière en furie. Kim Jones tient le monde entre ses mains, il le serre contre sa poitrine avec toute la richesse de l’humanité, et se promène d’une étoile à l’autre pour nous offrir un trésor qui provoque en moi une faim de lumière…

ALLËDJO PARIS FASHION WEEK

Dans les jardins des caresses, loin du Benin, il y a le doux refrain que chantent des cœurs ardents, avec leur voix d’archange aux langueurs sonores et gracieuses de baisers divins. Voilà une volupté sans pareille, comme une ivresse inénarrable le long du fleuve Niger dans la plaine côtière du sud qui vibre dans nos mémoires pour un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Voici l’homme de 32 ans, designer de son état qui nous invitait pour présenter sa « soie » douce comme un bouquet de strophes enfantines. Des chemises pour hommes mais aussi pour femmes, le signe des temps, qui nous fait entrevoir que si Roger Peyrefitte était encore vivant il déclamerait « quand l’Afrique s’éveillera! »…

RAF SIMONS PARIS

L’homme, qui n’aimait pas les femmes, continue sa villégiature en venant imposer son non-talent à Paris. Raf Simons ou l’homme au mille loupés, le calviniste de la mode vient de signer une nouvelle collection, comme un contrat de mode qui n’est autre qu’un communiqué de rien. Ce comptable architecte reste la matérialisation biologique du Designer de demain ; une savante mutation génétique de très peu de talents, un soupçon de rien, et beaucoup d’arrogance. Bienvenue dans le monde merveilleux du prince Raf Simonstre.

Il est comme La Fontaine : sa couture est affable, sa mode n’a pas progressé d’un millimètre, elle recule même, comme le seul examen qu’il a à son actif dans la mode, ce sont ses analyses d’urine.

Non seulement, l’observation est superficielle, les trucs démodés, la narration commune et dépourvue de caractère, et la note du réaliste est inexistante. Le « mètre » est descendu au fond de l’abîme couture. Le vieux fossile, à coté de moi, et qui aurait dû rester enfoui, trouve la collection aussi terrible que l’ouragan Irma, et me dit à mots couvés (normal pour une poule) …

PARCE QUE JE LE DELVAUX BIEN !

Delvaux a planté son drapeau rue Saint-Honoré en ouvrant un emplacement temporaire pour ce qui sera plupart un magasin permanent. Le décor thématique, qui s’inspire de René Magritte, est formé d’une série de portes en partie ouvertes, un ciel bleu vif parsemé de nuages, et des découpes flottantes d’hommes assortis et portant un chapeau melon. L’Affaire Thomas Crown avec Pierce Brosnan avait popularisé le maître auprès d’un public plus jeune dans le film de John Mc Tiernan.

La société a un partenariat de longue date avec la Fondation Magritte, artiste belge emblématique, et avec un sac à main portant l’inscription «Ceci n’est pas un Delvaux», qui se traduit par «Ceci en est un justement». La marque vole au-dessus d’un nid de surréalisme que cultivait l’artiste. A la vision de la pipe de Magritte, certaines bimbos de la télé-réalité se seraient esclaffées : « bien sûr, cela n’est pas une pipe ! » Magritte et la mode, quel rapport me direz-vous ? Parce que tout simplement le père de René Magritte était tailleur.

VERSACE DONATELLA SKAÏ

Léopard et cuir, le brillant ou l’éclat des modèles luisant et scintillant du skaï comme des balises sur une route sombre. Audacieux et criard, le spectacle est une vision tout à fait fidèle aux racines de la marque. Costume deux tons comme les hommes d’aujourd’hui et des imperméables prémices au changement climatique moitié léopard pour se confondre dans la jungle urbaine et moitié Vanilla skaï pour affronter les pluies diluviennes : hommage certainement à la ville de Miami où la plus acide des toxines botuliques de la mode renoue avec les classiques de la maison.

Couleurs flashy et coupes excentriques, c’est à peu près ce qui peut résumer le style, car la mode aime toujours puiser l’inspiration dans sa propre histoire et en replongeant dans les années 90, Donatella veut penser le changement à défaut de changer le pansement. Il n’y avait rien de subtil pourtant dans cette collection, qu’il s’agisse de la signature de Gianni Versace imprimée sur des cravates et les logos géants sur des tee-shirts très colorés que le cygne nous en fit un.

BREAKFAST AT BULGARI

Sous la pâle clarté des lampes, il existe une Italie d’un autre monde, comme une caresse puissante qui lève le rideau sur une collection illuminant les méninges neuves. Et l’œil troublé par la tempête, là où la maison Bulgari me propose un voyage aux confins du zirconium et de l’émeraude, un voyage vers l’horizon bleu du matin, qui flirte avec les rouges sangs du rubis.

Les femmes présentes avaient des yeux aussi ardents que les animaux qui surveillent une proie, des beautés debout mais à genoux devant ces diamants qui gémissent à la lumière comme une plainte venue des profondeurs. Illumination de ces voluptueuses venues chez Bulgari pour la circonstance, et même le souffle violent du zéphyr ne pourrait flétrir ces joyaux que la caresse du soir n’arrive pas à atténuer la transparence.

HLA x AEX LONDON 2020

Pour appréhender une collection, chacun dispose de ses propres équations, mais les créateurs sont tous confrontés au doute fondamental et à la fameuse angoisse de la robe blanche. Le doute du créateur commence par la tentative de se convaincre lui-même de la nécessité de son travail qu’il est sur le point d’entreprendre. L’inspiration naîtrait-elle donc du doute ?

Présentement, nous n’avons aucun doute sur ces chinoiseries, un semblant d’essais pour attirer l’attention sur une couture où plus on est de fou, moins il y a de riz. C’est la confrontation entre la force du désir de l’Empire du Milieu et la fragilité de leur technique, qui n’est pas adossée à la sécurité d’un savoir. A la question si celui-ci a peur de présenter à Londres avec les européens, ce dernier répondrait probablement non, mais comme disait Sarah Bernhardt : « Rassurez-vous, cela viendra avec le talent ! »

Pour cette collection, voilà que le bon vieux costume de Slimane, non revisité, fait son retour de façon aussi inattendue que paranormale. C’est comme le disque des années 1970, c’est bien noir, cela brille beaucoup, cela a un trou au milieu, et sa grésille dans nos yeux.

UN FILTRE A INTELLIGENCE

« Welcome to Les Bains », annonce-t-il sur leur site internet. Malheureusement, vous n’êtes pas les bienvenus dans l’antre de Proust et de Manet !!! Nous avions un peu d’avance sur notre soirée, il était 19h45 juste le temps de prendre une coupe de champagne aux Bains tout proche. Etablissement que nous avons fréquenté jeune du temps de David et de sa femme. Mais là, nous avons appris que pour boire une coupe de champagne au bar, il fallait réserver ! Probable parce-que dans le doute « Absinthe-toi » ! Oui, vous avez bien lu : une réservation pour prendre un verre au bar !

Pour nous, ce fut la douche écossaise et aux Bains, en plus, un comble ! Essayant de négocier avec ce « maître râleur » avec des neurones au chômage technique.

GENERATION K COMME KERMA

Après la génération Y et Z, place à la génération K. Pourquoi la lettre K ? L’inspiration du « Beau Llywood » et du personnage de Katniss Everdeen, l’héroïne de la saga « Hunger Games » immortalisée par Jennifer Lawrence.

Un K pour une génération désenchantée, et profondément anxieuse. Ils ont grandi avec la montée de l’extrémisme islamique, l’austérité… Ils ont vu leurs parents perdre leur travail et leurs angoisses ne sont pas celles que l’on connaît habituellement à l’adolescence : 75% des filles se disent préoccupées par le terrorisme, et 66% sont inquiètes par le changement climatique.

Filles et garçons confondus, ils sont 79% à chercher un job et à craindre de ne pas pouvoir en décrocher un le temps venu. La méritocratie, ils n’y croient pas, ils sont persuadés que  leur couleur de peau, leur sexe, la situation économique et le statut social de leurs parents vont déterminer leur avenir.

100 MILLIARDS D’EUROS POUR CHANEL

Les perspectives d’acquisition continuent de tourbillonner autour de Chanel, motivées par une rumeur persistante entre les dirigeants du Cheval Blanc . Chanel ne vaudrait que 50 milliards d’euros, mais serait plus près de 100 milliards d’euros, et à ce prix un seul groupe financier peut faire une offre au « Frères Champs de course ». Dans le groupe du Seigneur, le chiffre de 50 milliards d’euros flotte depuis un an, et certains pensent qu’il pourrait tourner autour de 100 milliards d’euros.

Le célèbre groupe de luxe privé, détenu par les très discrets frères Wertheimer, a alimenté la spéculation l’année dernière en publiant pour la première fois des chiffres financiers. « Nous réaffirmons fermement que Chanel n’est pas à vendre et nous n’avons aucun autre commentaire à propos de ces rumeurs non fondées », avait déclaré Chanel. Mais chacun sait que la somme colossale n’a pas pu être inventée et qu’il existe des négociations en interne pour une opération secrète.

DUA LIPA LIPASIQUE

Dua Lipa, chanteuse de son état, vient d’être nommée ambassadrice du prochain parfum féminin de YSL. Cette voix, qui attire sa génération, incarne les valeurs d’indépendance et de liberté, qui ont toujours fait partie de l’ADN de la maison du « mètre » d’Oran. Née à Londres, Lipa avec son album éponyme en 2017, sera l’artiste féminine la plus diffusée au monde. Après Riri, voilà Lupa moins trash que sa consœur mais l’écrase quand même  avec son titre « New Rules » qui a fait chanter les Millennials du monde entier en 2017.

Cette donzelle, nommée dans cinq catégories aux BRIT Awards 2018, affiche au compteur seulement 23 ans et, avec ses plus d’un milliard de visionnages sur YouTube pour la vidéo de son single, elle est devenue la plus jeune artiste féminine à atteindre cette popularité sur internet qui est vertigineuse.

MAX MARA EN LIGNE DE CACHEMIRE

Mon cœur s’engouffre dans les montagnes russes du chic, là où le divin moqueur, qui chante usuellement à Paris, chante aujourd’hui à Berlin. Un Max qui, au cœur d’une boîte à bijoux, dépose ici quelques robes et tailleurs chinés pour l’éternité pour ces dames. Comment parler de la beauté de ces robes « violées » aux années 70 et, en parcourant la forêt de livres sur la mode que je possède, je descends jusqu’aux portes de l’indescriptible là où les poètes couture offrent l’équivalent de Rimbaud, où les archipels sidéraux de Vigny vous emportent dans un  voyage entre Baudelaire et Hugo, dans un poème particulier celui de la mode et du « freaks of nature » dans toute son œuvre.

Parmi ces frimousses si douces, brillent des divinités en cachemire si fluide. Elles brûlent les yeux, et je regarde chaque jambe céleste au couleur vermeil. Elle flambe comme une torche d’Hyménée.

Des messieurs, plein de respect, semblent venus d’Autriche pour voir ce spectacle avec leur manteau hongrois, et au visible mousseline transparente laissant deux petits mamelons pointés, une clameur vient du  fond des abîmes, semblant dire : j’aime. Un point c’est tout.

GIVENCHY LE STREET VERGE

Clare Waight Keller visite la rue pour trouver sa collection pour Givenchy. Malheureusement, son univers de la rue se borne à l’avenue Montaigne ou à Oxford Street. Voulant canaliser le monde des citadins au cours de leur trajet quotidien, qu’elle perçoit comme une limousine avec chauffeur, bien sûr un « Hubert » mais de Givenchy. Cette anglaise, en faisant zig zag avec le Brexit qui traîne dans l’air, nous présente une collection supermarché, un magasin « Inno Vation »  qui se découvre de l’arrière.

Elle est éblouie par sa couture à en perdre un peu la tête, comme tous les nigauds qui courent le jupon et oublient la prudence, une britannique de l’an pire, pour cet aimable Hubert de Givenchy qui grand dieu doit se retourner dans sa ronde !

Le mélange qu’elle nomme « Streetwise » ressemble donc à des vestes en jean déchirées, à un blouson d’aviateur en peau de pêche qui semble être un symbole d’élégance à la française qui n’a plus cours. En inclinant son aiguille vers une tendance bourgeoise, elle disperse des rangées de boutons en or sur toutes les vestes comme une piste d’amarsissage.

LE WANG GANG NY 2020

Avec le succès des manteaux de cuir et de ses pantalons, l’activité du département couture, son domaine réservé, voit chaque jour l’activité croître comme le big Wang. Ce Maître de l’aiguille s’appelle Alexander Wang. Très influencé par l’art de son pays, il a le sens de l’harmonie des couleurs absolus comme le noir qui le « Soulage ». C’est une des choses les plus difficiles et les plus nécessaires de la vie que d’apprendre à dédaigner celle-ci. Le dédain protège et écrase, c’est une cuirasse et une massue à la fois qui m’assomme au fur et à mesure des passages. L’âme humaine de journaliste de mode que je suis n’est pas un cuir qui se tanne avec les shows, mais une membrane sensible, vibrante et délicate, et après chaque choc, elle reste meurtrie, marquée et hantée à jamais par ces majorettes sans bâton.

Un « flicaillon » de la mode US ayant la « trente haine » juvénile, un blouson de cuir noir et une vieille capeline de la même couleur avec une tête de Chewbacca qui prône au Rockefeller Center comme une cathédrale avec sa cuirasse, forteresse, qui est à l’océan ce que Khéops est au désert ; l’idée d’une civilisation disparue depuis longtemps.

GUCCI CRUISE 2020 ALLÉLUIA

À seulement trois kilomètres de la Cité du Vatican, un sacerdoce d’abord et un message ensuite, nous sommes mardi devant un public en contrition, dans un espace lourd de symbole, le hall du musée du Capitole de Rome. Des statues romaines en marbre et leurs dieux présidaient là où une robe blanche brodée d’un utérus à paillettes suscitait une frénésie médiatique. C’est la collection contre les anti-avortements et un accouchement difficile. La croisière de Gucci pour 2020 par le designer Alessandro Michele, qui a choisi de faire entendre sa voix au moyen de son arme la plus puissante : son aiguille et son fil et sa Bible bien sûr.

En période de très grande controverse en Italie actuellement, le Vicaire de la Fashion a réussi à faire entendre la voix de la profession au-delà du Tibre. Alors que le designer âgé de 47 ans mettait la touche finale à sa collection avant-gardiste, le pape François exprimait son opinion, et selon le New York Times, celui-ci aurait déclaré que l’avortement, même d’un fœtus malade, équivaut à embaucher un «tueur à gages». Mafia oblige !!!

Hommage à son éducation romaine, Michele drape des mannequins de voiles flottants qui rappellent les Vestales virginales, qui, à l’époque romaine, faisaient vœux de célibat pour honorer la déesse Vesta. L’ambiance est toute religieuse et c’est bien normal !

LADY TURQUOISE

Voici la grâce qui remplit une jeune fille de 16 ans qui cherche dans la capitale de la mode une robe de soirée désespérément. En se promenant dans les rues de Paname, arrivant de cette île continent si lointaine, l’Australie, la jeune fille invitée à la dernière du spectacle de « RuPaul », fameuse drag queen américaine, son modèle, se promène rue St Paul et rentre dans une boutique, douce comme un bijou, un cabinet de curiosités, un cocon qui l’attire irrémédiablement, pour rencontrer Nico, Designer de son état, le maître des lieux.

De sa petite voix douce, la jeune fille, qui est comme Desdémone, lui raconte son histoire. Pour une soirée, je cherche une robe avec un corset. Nico ne manquant pas de ressources, puisqu’il confectionne les robes lui-même, lui propose de l’habiller de pied en cap pour sa soirée (car au XIIIe siècle, le mot, issu du latin caput, signifiait tête ) Read more on

RESTREPO LA CITÉ DES COULEURS

Le sable se changeait en transparence et la couleur orangée du jus se confond entre le climat à la chaleur intense, les heures et les saisons se joignaient au cassis embaumant la bruyère et, les orangeraies étaient déjà couvertes de fruits dorés comme la cage en or d’Ophélie. Les muses attirées pas la fraîcheur de ce parfum bondissaient pour attirer dans leurs bras le Giacobello.

Mille insectes de feu, soudainement, naissaient dans l’air, ressemblant à des étoiles volantes. Des parfums inconnus enivraient tous nos sens, et, ébloui par ce brillant aspect, j’ai pensé qu’un miracle si beau ne pouvait être que l’ouvrage d’un prodige. Une splendeur, qui m’entoure, un trésor dont l’origine ne peut être que du Divin. Read more

DELON ADIEU L’AMI

C’est l’histoire d’un acteur devenu une légende. Un charisme absolu, un jeu instinctif, un talent insolent, et bien plus encore… Au cours de sa carrière de plus de soixante ans, Alain Delon s’est construit une filmographie remarquable, s’illustrant dans de nombreux chefs-d’œuvre : Plein soleil de René Clément, Le Guépard de Luchino Visconti, La Piscine et Borsalino de Jacques Deray, Le Clan des Siciliens d’Henri Verneuil… Alors qu’il vient de recevoir une Palme d’Or d’Honneur lors du 72e Festival de Cannes, le mythe Delon continue de faire rêver les spectateurs du monde entier.

LA LIBERTÉ DE BLÂMER

Il est vrai que l’on ne copie que les meilleurs ! Mais, là, c’est fort de café qu’un anonyme Dyptique ou dillnite puisse passer de l’inspiration à la copie pure. Eux qui ne savent probablement pas que le Spiritus veut dire « l’Esprit Divin ». Voici donc encore des barbares, des sauvages de l’esprit humain, qui lancent leur venin caché sous la langue de leurs avocats, des natures moyennes qui osent plagier la grande Chantal, papesse de la parfumerie, qui est à l’origine de parfums célèbres comme « Opium » d’Yves Saint Laurent « L’eau d’Issey » et bien d’autres… Une marque qui tonne « Dyptique » : quel orgueil de penser que non content de se comparer à une peinture ou à une sculpture, il pense que nous allons tomber dans le deuxième panneau. READ MORE…

LIBRE COMME L’ART

Un univers dont les créations rayonnent dans l’âme, et qui honorent la modernité. Il fait tournoyer le futur de la mode, et son cœur de poète est un porte-voix visionnaire qui est la sentinelle des collines verdoyantes au-delà du banal. Comment ne pas envier une existence placée sous le signe de la création, l’alliance de l’accessoire et de la vêture, comme une religion ? Un Cauchois gaulois très loin d’être gauche et ancien élève de la Chambre Syndicale, mais du temps de Madame Sora. C’est vous dire pourquoi il est bon. Les connaisseurs apprécieront.

Un projet d’accessoires pour donner au monde un peu de poésie sur nos têtes et dans notre cœur afin de sortir de cette léthargie qui nous entoure et de ce monde ampoulé préoccupé à se regarder le nombril. Ce poète des temps modernes baigne dans la  lumière vive du sublime. Certains parleront d’un saltimbanque ou d’une bête hybride, mais cette bête est semblable aux demi-dieux d’Egypte. Je suis émerveillé, et ma plume en décrit les contours. Un article lyrique pour célébrer l’énorme flamme d’un créateur de l’envie et de l’émotion…