LA SOLITUDE NID DES PENSÉES

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Des amitiés qui ne sont que des zéros et des uns, et avec l’addition de ces deux chiffres se crée une solitude numérique, une invention purement humaine, mais pourtant diabolique. Une vie sur Instagram, totalement réinterprétée, pour montrer aux autres que l’on est pas désespérément seul dans ces grandes mégalopoles et que notre vie est un rêve que les autres n’atteindront jamais. J’imagine Emma Bovary qui aurait aimé sans limite le site « Tinder » ou tout autre site de rencontres pour une «Fast Love» à n’en plus finir et dénuée de toute humanité.

Mais, quand les gens essaient d’avoir toujours plus d’amis sur Facebook, ou de relations, je cherche toujours plus à m’enfoncer dans cette solitude qui me rend de plus en plus heureux. La fréquentation de moi-même est un petit plaisir égoïste coruscant. M’éloigner de ces humains de contrefaçon imbéciles, qui, chaque jour, foulent le pavé des rues de Paname, me donnent l’impression d’un paradis qui s’ouvre devant moi. Pour effacer ma peine, je marche la nuit, je ne sais pourquoi, je respire mieux que partout ailleurs, ma pensée s’élargit et j’ai, par moment, une lueur dans l’esprit qui me fait croire, pendant une seconde, que je vais découvrir le divin secret des choses. Puis, cette fenêtre se referme subitement en regardant une passante botoxée à outrance qui me regarde comme un bonbon qu’elle aimerait sucer.

Être comme un vendredi dans « les limbes du pathétique », mythe de la solitude, j’ai envie d’être Robinson, simple d’esprit, car j’aurais l’illusion du bonheur et de faire partie de la masse. Comme Gustave Flaubert, ce grand malheureux du monde, parce qu’il était un de ces écrivains lucides, qui écrivait : « Nous sommes tous dans un désert où personne ne comprend personne et quand nous voulons nous mêler, nos élans l’un vers l’autre ne font que nous heurter l’un à l’autre. »

Instant sublime où mes yeux ne regardent rien dans un brouillard et l’arrêt total de mes méninges me transporte dans un autre monde, et pendant quelques minutes, j’ai l’impression de ne pas vivre dans cette société du Far-West.

Anonymode