LA MARIE-TROTTINETTE

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La chaussure de Marie-Antoinette passe sous le marteau, à défaut de la guillotine, une poulaine en soie et en cuir de chevreau vendue aux enchères pour 43 750 euros. Pour celle qui a été la dernière Reine de France, elle ne pourra pas en profiter. Mise aux enchères dimanche pour une somme qui, à mon gout, est plus que de raison, permettra de donner à la plèbe de la brioche ou un caramel, celui-là même qui fréquente le palais et menace la couronne. Des titres nobiliaires en pagaille pour cette vente comme au « sceau » d’une marque du Faubourg.

La pointure de 8,86 pouces de long équivaudrait à environ une taille six aux États-Unis, ce qui fait un 37,5 en France. Les femmes aristocratiques comme Marie-Antoinette avaient l’habitude de se lier les orteils pour pouvoir rentrer dans de minuscules chaussures qui étaient juste visibles sous leur robe de crinoline. Cela leur donnait une démarche chancelante semblable à celle d’un oiseau. À l’époque, les petits pieds étaient un symbole de noblesse, un fait que l’on peut également percevoir dans la littérature, et dans certains écrits au Japon.

Mythe de la « Cendrillon » de Charles Perrault, publiée en 1677, le personnage principal est une aristocrate délicate aux petits pieds capables de tenir dans une pantoufle de verre fragile. Cette poulaine aurait été remise à Marie-Emilie Leschevin de Prévoisin, amie proche de Madame Campan, la première femme de chambre de la Reine. Elle aurait été ensuite conservée depuis la fin du XVIIIe siècle par les descendants de cette femme décédée en 1816, jusqu’à cette vente, comme quoi sa mère faisait des ménages et sa fille les défaisait. Le lot devait se vendre entre 8 000 et 10 000 euros, mais il a finalement dépassé de loin les estimations en rapportant 43 750 euros.

La vente intitulée « La Royauté à Versailles » présentait également un coffre en bois utilisé par Marie-Antoinette lors de son transfert à la Conciergerie. Une foule compacte de marquises déchues et de baronnes qui ont racheté leur titre après la Révolution étaient présentes, habillées en Zara pour la circonstance. A noter que la femme qui a remporté l’enchère portait un ensemble de la reine « Magot » – « traduisez Hermès ». Mais, il est vrai que la plus noble conquête du cheval, c’est la femme pour cette maison du Faubourg

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