GÖREME ET LES HUIT FILLES DU DÉSERT

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Il est vrai que quand on est amoureux, rien ne compte plus que la douce que vous enlacez. « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » disait Baudelaire,  mais quand on est amoureux, on a toujours 17 ans. Ces chambres troglodytes, à trois heures d’Ankara par la route de l’ancienne voie de l’Orient-Express qui, autrefois, emportait Agatha Christie via Mossoul jusqu’à Bagdad, sont digne d’un voyage dans l’Orient de nos songes. Littéralement taillées dans la roche, ainsi, il n’est pas besoin de climatiseur malgré la chaleur extrême du désert ! Toute la ville de Göreme est remplie de maisons troglodytes où les habitants de la Cappadoce vivent dans ces trous béants depuis des siècles.

Et, même en plein désert, une américaine hurle dans le couloir sur un pauvre turc car son wifi est trop lent. Regardez la vue, lui dis-je car, pour moi, cela marche très bien. Elle regarde à l’horizon et se retourne avec un air interrogateur, je ré-enchéris : et, bien oui, moi avec mes « huit filles »(Wifi), cela marche très bien. Mais, elle, assurément, ne manquait pas de haut débit, mais c’était le HD de la beauté périmée.

Si vous souhaitez séjourner dans une suite mythique, vous y êtes ! Et pour les lève-tôt, entendez six heures du matin, vous pouvez observer le spectacle des ballons à air chaud s’élevant dans le ciel en silence, comme si des bulles de savon colorées flottaient dans l’azur pour votre seul plaisir. Voilà donc un bijou mêlant son odeur aux vagues des senteurs de l’ambre, avec de riches plafonds ainsi que des miroirs si profonds qu’ils attisent la splendeur orientale du lieu, là où tout n’est que beauté, luxe, calme et volupté, comme aurait pu dire Charles Baudelaire.

Le soir, la lune sereine au travers de la fenêtre ouverte, lançait des rayons d’argent et la brise venait apporter les senteurs de la Mésopotamie proche. Et moi, sultan de ton corps, je regarde les courbes des montagnes du désert qui se brisent sur la courbe de tes reins, et tes yeux si brillants qui présagent un ciel étoilé de milliards de constellations pas encore dévoilés. Repose-toi, jeune maîtresse, je te fais sultane et princesse, et te laisse en paix de mes assauts répétés. Je jouis maintenant serein de ma conquête dans ce paysage si simple qui vient exhaler mes sens dans un bouillonnement si intense que l’épiderme de ma peau semble brûler comme le feu de l’enfer.

Anonymode