CHLOÉ ANTI-POÉSIE 2021

PARIS HAUTE COUTURE 2021

Le ciel est si gris, en ce matin, dans le Palais de Tokyo, et les arbres si grêles semblent sourire aux robes qui flottent légères dans l’air de Paname. Nonchalance des mouvements des mannequins qui défilent dans les rues adjacentes comme perdus dans la foule, et un vent doux ride l’humble fleuve au pied du Palais que le soleil n’arrive pas à atténuer par l’ombre des chênes de l’avenue en contrebas.

Voici les Trompeuses exquises et coquettes charmantes, tendres muses pour tenter de séparer les amantes délicieuses. La main imperceptible de Natacha Ramsay donne un soufflet aux autres couturiers, de voir ses modèles dans les rues de Paris déambulant parmi le peu d’invités, elle pose doucement son petit doigt sur sa bouche comme pour nous dire : chut j’erre toute seule avec ma plaie de l’âme.

La pomme empoisonnée de nos jours est à la mesure d’un printemps qui semble inépuisable pour une collection qui se veut poétique comme l’aurore et qui malheureusement aurait pu être bien mieux. Conscient de la douleur humaine, conscient de la beauté du monde pour vivre par ce passage abrupt de l’affliction invisible de la beauté, et de l’extase, que nous aurions voulu, à l’impuissance du silence si triste du banal.

Anonymode