CHIC CHIC BANKE BANKE

L’odeur de l’argent y rode encore. Voici le cinq étoiles de Paname qui associe les mystères de l’histoire de Paris et l’art du bien-être de ses clients. On se plait à revivre ce passé en séjournant dans ce qui fût autrefois une des grandes banques haussmanniennes. Sa construction, qui remonte à 1772, devint la propriété de Louis Bonaparte, roi de Hollande et frère de Napoléon 1er, qui l’offrit à sa femme, Hortense de Beauharnais.

Le palais entra ainsi dans l’histoire sous le nom de« l’Hôtel de la Reine Hortense ».Après l’exil de la famille Bonaparte, l’hôtel compta plusieurs propriétaires, dont le célèbre banquier autrichien Salomon Mayer Rothschild qui l’acquit en 1832. La Banque Suisse et Française (BSF) fît l’acquisition d’une partie du site pour construire son nouveau siège, et les travaux prirent fin en 1905 et depuis lors, le bâtiment a gardé non seulement les richesses de la bourgeoisie française, mais aussi ses secrets les plus intimes.

SHIATZY CHEN LA CHANEL DE CHINE

Quand la Chine s’éveillera, avait dit en son temps Alain Peyrefitte, le monde tremblera. Et depuis Zhōngguó est devenu l’usine du monde. Mais voici une créatrice, qui nous a beaucoup intéressés durant la Fashion Week de Paris, par ces tableaux de poésie, il est vrai que certaines nations corrompues, visages rongés par les chancres du cœur, beautés fades qui font ressortir des robes, plutôt que les muses, la créatrice a un œil limpide et clair comme l’eau qui court dans un ruisseau. Les Chinois disent, avec raison, que, dans chaque tableau, il y a un poème et que, dans tout poème, il y a un tableau.

Shiatzy Chen ou la chinoise la plus douée de sa génération a créé sa maison de couture en 1978. Elle est souvent surnommée le «Chanel of Taiwan» et son style « chic néo-chinois », où l’esthétique du vêtement et de l’artisanat chinois se combine avec le style occidental, elle incorpore des cols mandarins redéfinis et des motifs chinois pour occidentaux qui donnent une vision loin très loin de l’Empire du Milieu, mais très proche de l’empire des sens…

NOSTALGIA VINTAGE

Lorsqu’une BMW R7 de 1934 a été présentée à Pebble Beach en 2012, le concept bike, qui n’avait jamais pu être produit en 1930 et avait été oublié depuis plus de 70 ans, est restauré par BMW Group Classic pour faire revivre un mythe. Les têtes pensantes pensaient que cela ne marcherait jamais. Au cours de son tour du monde, la R7 a remporté tous les suffrages dans sa catégorie, nostalgie de l’ancien dans la modernité des motos d’époque qui fourmillent et c’est ahurissant que la R7, construite en 1934, ait été conçue avec une esthétique qui reste d’une modernité comme l’est le bâtiment Art Déco du Seigneur et du bon « samaritain » du luxe. 

Avec un prix de base de 39 500 dollars, la NMoto Nostalgia est une moto qui sera produite en série limitée et sera disponible en 11 différentes couleurs, la personnalisation, notamment d’une direction réglable et des modifications du coffre à bagages ainsi que de la selle du passager et de multiples finitions.

FASHION PROSÉLYTISME

Comment les créateurs dont les marques adorent les flashs des photographes, mais beaucoup moins, les projecteurs de l’investigation journalistique, sont-ils si obsédés et inspirés par les causes sociales ? Est-ce le signe d’une ère nouvelle, plus consciente et moins discriminante pour le secteur du luxe ou, simplement, une tentative désespérée d’authenticité par tous les moyens ? La réponse à cette question dépend du point de vue de chacun et de la confiance que l’on a en la capacité de l’industrie de la mode d’identifier et de représenter les causes sociales.

Voilà une plongée édifiante dans les dessous pas toujours chics mais toujours choc du luxe.Virgil Abloh, pour sa part, a fait appel de manière subtile à une tenue qui est par définition un style codifié adopté par un groupe de personnes pour attirer l’attention sur un problème social. Le créateur de Louis Vuitton a récemment habillé Bella Hadid avec un gilet jaune vif pour un événement Louis Vuitton en janvier dernier. On ne pouvait s’empêcher de remarquer le signe d’assentiment fait au mouvement des « Gilets Jaunes » Français.

AU PIED DE LA DAME DU CHATELET

On vient en voisin, on ne frappe pas, mais, réservez quand même, car après avoir campé son container-guinguette sur le macadam « apaisé  des débordements et de la fureur d’un fleuve», « Maison Maison » a inauguré une petite grotte sous la culée du Pont Neuf, bien au sec dans les murs du quai, rempart aux aléas climatiques, ce refuge d’une quarantaine de places accueille désormais un décor de banquettes rousses, de tables en bois clair et de bouquets de fleurs, sous les pieds du futur hôtel du Seigneur des Arnault. Presque caché un petit escalier mène au quai du Pont Neuf, l’endroit avec ces trois fenêtres donne une vue sur la Seine et l’Ile de la Cité. La carte ne contient qu’une quinzaine de plats et entrées qu’il est possible de partager, et l’accent est clairement mis sur le « fooding ».

VUITTON ART CONTENT POUR RIEN

Le Centre Georges Pompidou est un bâtiment emblématique de l’Art Contemporain et Moderne qui a été reconstruit, pour la circonstance, par la maison Vuitton dans la cour carrée du Louvre. Alors que le centre n’est qu’à seulement un vol de Uber, pourquoi ne pas privilégier l’original que préférer une copie. Voici la vraie histoire des intrigues de la mode et du luxe réunis.Il n’aura fallu au Seigneur des Arnault que trois jours pour reconstruire le musée au coeur du Louvre alors que l’original fut édifié en 5 ans.

Vous pouvez ainsi toucher du doigt la puissance de l’homme, le plus influent de France, un croche-pied à Monsieur Grumler qui officie maintenant comme administrateur du Centre Georges Pompidou, celui-ci voulant faire mordre la poussière au Seigneur en lui imposant des prix abracadabrantesques, une petite vengeance de sa présidence écourtée par le Seigneur, mais le camouflet, qui voulait infliger, lui est revenu en boomerang comme reviendrait une ancienne maîtresse pour chercher son cookie.

CHANEL LES SOMMETS DE LA MODE

Gravissant le chemin des Champs-Elysées, marchant silencieusement, stimulé par l’approche du vaste espace et des sommets du Grand Palais, dominé, tout là-haut dans les alpages, mon cœur comme mes pas sont un peu lourds, car, enfin le sommet, tout en haut de la pente, cette vallée de la mode qui nous offre cette profonde vue, grandiose et exaltante, voici un décor qui, après Karl,  doit nous élever au delà de la vision terre à terre du vêtement. Espérons que la montagne n’accouchera pas d’une souris ?

GIVENCHY ET VIEILLE GRAND-MESSE

Une tente au toit transparent comme si on avait voulu emballer la mode, laissant apparaître les étoiles sous des arbres éclairés par la lune du dernier quartier, juste au milieu du Jardin des Plantes pour ce défilé de Givenchy «Winter of Eden». Eden signifie « délice » en hébreu, mais qui, parmi l’assistance, à part le Seigneur des Arnault, le sait ? L’écrivain américaine Ann Druyan avait une vue plus cynique de l’Éden, plutôt qu’un « paradis », le Gen Eden serait le lieu d’un crime. J’hésite un moment à rentrer dans ce tunnel noir, mais mon bon sens reprend le dessus cela n’est que du vêtement comme dirait Monsieur Marrant.

Entasser 1 000 personnes dans un espace d’une longueur d’un bloc d’immeubles de Manhattan avec une seule entrée qui commence par un tunnel sombre de lumières psychédéliques et sur une musique qui martèle vos tympans, vous rappelant les clubs à la mode de la si britannique et aristocratique Londres du début des années 90.Des filles en mode urbaine de Neuilly, robes de bijoux et « touffe y compris », Clare Waight Keller donne un spectacle incompréhensible pour un résultat Givenchy qui n’était pas vraiment à la hauteur de la marque.

NINA RICCI CHARLESTON

Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter sont les nouveaux directeurs de la création de la maison Nina Ricci. Et, lorsque Nina Ricci a annoncé, en août, qu’elle avait embauché  le duo en tant que les nouveaux directeurs créatifs de la maison, mes sourcils se sont froncés, car nous nous souvenions des parasols incrustés dans une culture antillaise, récompensés au Festival International de la Mode et de la photographie de Hyères . Le duo, formé à la mode masculine, faisait que le défi était plus grand. Finaliste du Prix LVMH des jeunes créateurs, aucun des deux n’avait, jusqu’à présent, travaillé pour une marque de mode, encore moins pour une maison.

Comment le duo, connu pour ses contes puissants et ses vêtements fluides enracinés dans la culture antillaise, pouvait-il réorganiser une maison de couture âgée de 87 ans ? Alors que leur collection gagnante à Hyères mettait en vedette un dauphin en plastique attaché sur la tête d’un mannequin, avec un thème balnéaire très marqué, nous nous demandions s’il serait au rendez-vous. Cela a commencé avec un costume bleu marine à fines rayures blanches, avec la chemise en soie qui coule sur le côté comme le feraient les chutes d’Iguazú. En un modèle, il redessine la maison en lui redonnant ses lettres de noblesse.

CÉLINE PAR SLIMANE

Les « Aviators », que l’US Air Force et ses pilotes de chasse portaient, ont été dessinés par le fabricant Bausch & Lomb, et se retrouvent sur les mannequins de Céline de la collection Slimane, bien mal acquis ne profite qu’après. En présence du Seigneur des Arnault entouré de sa femme et de sa fille, il a contemplé la collection de ce petit jeune que Karl adorait. Allez savoir pourquoi, mais ses talents sont peut-être très cachés.

Slimane, l’homme qui n’aimait pas les femmes, car jamais talent ne fut mis au service de la platitude avec un tel entrain. Il dit de lui, je veux que l’on me considère comme un maître ou rien, mon choix est fait : je m’arrête volontiers sur la seconde considération, mais il est difficile d’être rien du tout avec plus de perfection ou de profondeur, et de débobiner le néant avec une verve et une pétulance si efficace. Ma voisine, Anne Hydride de Sodium me donne son avis en live, c’est bien du Céline me dit- elle, et je lui réponds : oui le Céline de Louis Ferdinand. La bougresse me regarde avec des yeux de merlan frit, n’ayant pas compris l’allusion.

ISABEL MARANT ARLEQUINEMENT VÔTRE

Je cherche une goutte de pluie qui vient de tomber dans la mer de la couture et où, dans sa rapide course verticale, elle pourrait luire plus que les autres, ayant encore assez de force pour comprendre comment la plus bohémienne des créatrices puisse tomber dans le quartier des Bourgeois-Bohèmes, pour se perdre à jamais ou retrouver une nouvelle vie et renaître sans raison.

Alors, je cherche dans la mer les fils de la vague et de l’élégance, mais, surtout un cœur qui pourrait me laisser ce fragile souvenir dont je serai le seul dépositaire. La bohémienne chic passe au chic tout court, c’est la bohémienne rhapsodie, il paraît que c’est à la mode. L’homme de la Pampa, que je suis, voit de ses yeux un poème de Pablo Neruda dans les couleurs ocres et qui dans la lumière se lave et se  lustre jusqu’au beige clair. La subtile et indomptable créatrice écaillent en caressant les écorces de l’arbre du temps que les saisons ravinent d’un éclat de ses blessures que la vie a laissé.

ROCHAS THE SHAPE OF ACQUA

Alessandro Dell’Acqua s’intéresse à l’héritage couture de Rochas par opposition à cette mode envahissante du streetwear. Un flacon posé sur nos chaises du dernier parfum de la maison nous attendait, un retour au petit cadeau d’autrefois. Voilà que j’ai touché l’automne des idées de cette Fashion Week, et il me faut employer la pelle et les râteaux pour rassembler ses terres inondées d’idées faciles, où l’insignifiant creuse des trous comme des tombeaux.

Voici un nom prédestiné, « Acqua », car quand il est dans l’eau, il a des idées, et quand il en est sorti, il sèche. Voici l’homme de Naple qui utilise des matériaux en tweed tachetés épais, et des jacquards recouverts de laine qui ressemblent à de minuscules plumes alors pourquoi ne pas prendre un plumassier ? Nous voici en plongée dans une construction en trapèze qui rappelle l’époque de la Haute Couture d’après-guerre, celle ou Gabrielle sortait du Meurice avec les gens de la S.S. lisez (Serial Sauwer).

Manteau large en tweed noir sans col garni d’une épaisse bande de perles en jais, avec une jupe plissée noire portée avec une chemise surdimensionnée à manches courtes en cuir noir brillant ultra fin…

UNITED COLOR OF BEUNÊT THON

A la recherche du « Beunêt Thon » perdu ou quand Jean-Charles de Castelbajac, le seul créateur à avoir habillé le pape Jean-Paul II en lui faisant porter une soutane à rayures arc-en-ciel, prouve bien qu’il n’était pas un Saint.

Benetton et son fameux United Horor devenait donc une association de bon aloi, et quand Luciano est déterminé à redonner de la couleur à son succès d’antan. Voilà donc Jean-Charles, le magicien de la mode, le Castel Majax qui s’y colle, et le nom choisi pour cette production sera «Rainbow Machine». Si les couleurs peuvent faire des miracles, la marque qui provoqua l’église catholique, en son temps, dans ses publicités, sera-t-elle aussi politiquement incorrect ?

En octobre, le créateur Français, premier directeur artistique de Benetton, sera responsable des collections hommes et femmes. Lui qui, autrefois, avait lancé le mouvement «anti-fashion» en utilisant des chiffons et des éponges, veut peut-être s’en servir maintenant pour éponger ses « diètes ».

NATASHA ZINKO LONDON 2019

Une mécanique couture, comme du même nom de l’escalier, que descendaient les mannequins, dans ce gouffre sans fin de la profession pas sans couturière mais sans couture. Un show dans un escalier où aucune marche ne sera franchie, je parle là de la marche du talent, mais qu’elle ne se désespère pas car les Anglais vont adorer le style copiage de Balenciaga, un bric-à-brac de n’importe quoi que les gens achètent pour pouvoir être différent ! Un escalier pour la petite fille d’Odessa, l’ukrainienne pensait que le descendre lui aurait donné l’inspiration

C’est comme s’il était possible de monter au deuxième étage sans passer par le rez-de-chaussée. Je sais que vous pensez à une échappatoire, la flagornerie pour fuir les étapes, mais dans la vie, il n’y a pas d’ascenseur ! On monte marche par marche avec ses propres pieds et aucune technologie ne peut nous remplacer. Dans la couture c’est pareil. Il n’y a pas de raccourci, on ne saute pas d’étape, on ne peut pas aller plus vite que la musique de la machine.

MORT D’UN GÉANT

Svelte, les bras étendus comme des ailes déployées, il marchait dans l’air qui virevoltait autour de lui, lui donnant une élégance sans égale. Sa chevelure blanche faisait de lui l’homme sage le plus jeune de l’industrie de la parfumerie. Il était l’homme aux 650 flacons parmi les plus connus de la planète. Un créateur du rêve, un libertaire convaincu. A la première lecture de sa personnalité, on pouvait deviner que ce poète des temps modernes, amoureux de sa femme, comme un enfant, était un provocateur qui cachait une grande timidité. Sa vie, en dépit de quelques embûches, ne viendra jamais ternir son élan, son enthousiasme et sa créativité.

Les senteurs et les parfums tournaient dans l’air du soir comme une valse mélancolique autour de lui et dans un langoureux vertige où l’imaginaire et la sensualité n’ont eu de cesse que de croître, car sa seule volonté était de créer pour les générations futures.

KAIMIN PAREIL QUE MOCHE

Il est usuellement admis pour un grand couturier de démarrer avec une heure de retard, mais pour « KAIMIN », 30 minutes de retard, cela nous semble superfétatoire. C’est déjà trente minutes de trop ! Nous avions espéré que la première image du défilé serait quelque chose d’extraordinaire : une magie soudaine qui nous ferait oublier notre attente, mais… quelle déception ! Une marque qui collabore avec des artistes comme Bjork, Lady Gaga, Nicki Minaj, Katy Perry et bien d’autres, sorte de melting-pot de créateurs qu’ils ne sont pas.

Ce n’est pas de la couture. C’est véritablement une mascarade et toujours la même au demeurant. Quelle femme va vouloir être habillée de la sorte ? Nous ne parlons pas ici de Haute Couture, mais bien, de prêt-à-porter. Ce qui veut dire, une collection qui sera mise prochainement en boutique, ou pas !

MARGUS LE SCEAU IMPÉRIAL DE BOGOTÁ

Si vous êtes avec Nicolas Le Floch, rue des Prouvaires, signifiant prêtre au moyen age, parce que les vicaires de Saint-Eustache l’habitaient au 12ème siècle et que vous rencontrez un chef qui parle japonais mais qui vient du Laos, vous êtes au restaurant le Margus. C’est un petit restaurant où la devanture n’est pas secrète mais discrète. Le décor intérieur soigné, type « Cuba libre », avait émoustillé les deux jeunes Bimbos qui m’accompagnaient. A la seule évocation de Cuba libre, les donzelles avaient imaginé le « cul libre » dans un after de Carthagène après ripaille…

JOSSE LE SEIGNEUR

C’est avec un peu d’appréhension que je me présente au portail. Chaque créateur a, en effet, le pouvoir fatal de vous jeter, par un sourire, face à l’ivresse ou le désespoir de votre propre inculture. Point la peine de connaître l’anthroponyme pour découvrir que le nom Josse est la forme populaire de l’origine bretonne Jodocus. Saint Josse, fils du roi breton Judicael, contemporain de Dagobert, est basé sur la racine celtique « jud » signifiant « combattant, chef et seigneur ». Sa forme anglaise est Joyce, un signe pour le Seigneur des Arnault et sa future marque du supra luxe, Jean Patou.

HERMES MANUFACTURE DES IGNOBLES

L’anagramme de « Gobelin » est ignoble ! Il est certain que les services marketing ne l’avaient pas vu. C’est un mauvais présage pour la collection d’Hermès qui se déroulait justement à la manufacture du même nom. Au milieu des meubles de style et du mobilier national, Hermès espère ne pas faire tapisserie durant cette Paris Fashion Week, une image subliminale afin de nous faire comprendre que la maison fait partie du patrimoine Français.

Loin, bien loin des créateurs du groupe LVMH et, surtout de Virgil Abloh, la nouvelle pépite de Vuitton, l’arménienne maison qui crée pour l’homme et qui devrait redessiner le marché de demain pousse une enclume avec un cure-dents, mais il est vrai que chez Hermès demain, c’était hier.

ROLLAND UN MYTHE INERME

De Balenciaga à Jean-Louis Scherrer, celui qui pense que le vêtement est un passeport, comme une sorte de laissez-passer dans l’intimité d’une personne et de sa culture, n’exprimait jusqu’alors que les boudoirs des palais du Moyen-Orient. Mais, cette saison, c’est une couture plus sage et plus en introspection que Stéphane Rolland nous propose. La femme du roman de Scott Fitzgerald, la féminité cachée sous une décontraction de circonstance. Source d’inspiration, cette nouvelle génération que le couturier regarde, le Gasbying fait son chemin. L’égoïsme romantique, avec une certaine élégance nonchalante, l’illusion des apparences et d’un certain snobisme qui n’est qu’un échappatoire au désenchantement.

Une couture fade comme ce parfum suave d’une génération perdue fascinée par l’extravagance oubliée, il sera le produit d’un esprit qui ne sait pas ce qu’il veut dans une génération inquiète. On s’étonne que ce garçon à la pensée tout aussi structurée que ses créations n’a pas capitalisé avant sur ce cheminement.

ADELINE ZILIOX PARIS 2019

J’avais repéré cette petite strasbourgeoise, dans un showroom à la Madeleine. Les voyages forment la jeunesse et inspirent les créateurs, mais c’est le poncif le plus éculé des dossiers de presse. Heureusement, le voyage de cette créatrice était dans sa tête; une amazone stéréotype féminin puisant son inspiration dans la mythologie grecque en nous remémorant la Montana-mia d’autrefois. C’est un sentiment de fraîcheur dans cette Fashion Week si bourgeoise, à souhait, où les stars Canadiennes laissent une larme entendue pour un show de son Valentin. Cependant, cette jeune fille ne manqua pas de « Spiritus » pour son défilé dont la fraîcheur n’avait rien à voir avec la météo du jour dans les rues de Paname.

Un instant furtif entre la création et la mémoire est un jeu de technicité entièrement accompli, pour cette nouvelle entrante dans la Fashion Week de Paris. Pas d’embourgeoisement dans cette présentation de cette jeunesse urbaine endimanchée comme si elles avaient été déguisées en lieu et place de la rue où les centraliens siègent habituellement, un signe peut-être.

LA CARINE ATTIRÉE PAR LA COCO

Un nouveau partenariat est annoncé, en septembre, avec « Clarine » Roitfeld et Lagerfeld, ainsi Karl met Carine sur un « rail ». Une collaboration qui évoluera avec des projets qui seront annoncés plus tard cette année dans un flou artistique à la David Hamilton. Il faut dire qu’après les petites filles photographiées comme des Lolita hyper-sexualisées, le « blurring » Hamilton est de bon aloi, et maintenant, Karl est sûr qu’après lui le déluge. Ainsi les frères, Champs de courses, n’auront plus un chantage au « des missions millions » et après Karl, on rase gratis. L’année dernière, il avait déjà réalisé une collection capsule avec Sébastien Jondeau, son assistant personnel et garde du corps de longue date. Autrefois, on disait son Neveu et même si les mœurs changent, les masques restent.

Roitfeld et Lagerfeld auraient des goûts et un penchant pour le style graphique convergeant : « Elle sait ce qu’elle veut, dit Karl, quand elle a une vision, elle l’annonce « . La Clarine correspond à son image, à son univers et, par définition, au Kaiser. Celle-ci l’aurait qualifié de l’une des personnes les plus intelligentes, les plus inventives et innovantes jamais connues. Une flagornerie, pour une place chez Chanel, vaut bien une messe.

BALMAIN A PORTÉE DE NAIN

Un budget de Qataries pour une Haute Couture de « cata rien », Rousteing ou l’handicapé de l’aiguille, le tueur plagiaire de la mode reste sans inspiration quand il faut donner la quintessence de son métier. Il montre, enfin, son vrai visage, celui que nous avions décrit, il y a déjà quelques mois, le visage du zéro de la création. L’homme couture le plus démuni de la Fashion Week, c’est un lexicographe amateur comme un crachat laissé sur le « faux bourg », martelant de son marteau aiguille le bons sens et la solitude de sa page blanche. Après Sorbier on peut constaté que devant les moyens de celui-ci et de la maison du même nom, Rousteing avec ses moyens illimités n’arrivent même pas à décoller du sol de quelque millimètres, alors qu’un vrai créateur avec peu de moyen, peut réaliser une collection si merveilleuse et envoûtante.

FASHION TROTTINETTES

Certains ont opté pour un mode de transport particulier, oubliant toute notion de dignité et, même la Chambre Syndicale, ne pouvant contrôler Paris et sa circulation pendant les présentations de Haute Couture, préconise la trottinette. Ainsi, vous pouvez imaginer Céline Dion ou Anna Wintour sur cet engin de mort ou de mode, c’est selon ! Et pourtant, pour circuler en ville, moult moyens ont été conçus à travers les âges, et entre le métro et les bus,  les moyens dans Paname ne manquent pas, mais certains trouvent ça « sympa » de se déplacer en trottinette sur nos trottoirs. Pourquoi pas ? On peut se demander quel est le cheminement intellectuel de ce retour dans l’enfance ?

Cet objet, qui était destiné aux enfants, autrefois, trouve dans Paris l’apogée de sa popularité et se déplacer avec ce moyen donne immédiatement l’air d’un crapaud sur une boîte d’allumettes, et cela, personne ne peut le nier.

GIAMBATISTA VALLI PARIS 2019

Le fez ou tarbouche comme couvre-chef masculin sur femelle, et en forme de cône tronqué, orné d’un gland noir fixé sur le dessus, mais le gland n’était pas là où on le pensait hier soir au musée Georges Pompidou.  Là où les limousines tapissaient le parvis du centre de Paris, une vision de l’Empire Ottoman du XIXème siècle ou peut-être une couture de Giambattista Valli.

Prenez un soupçon de culture, quelques anciens modèles, raccourcissez les jupes, changez les couleurs de préférence, prenez un maquilleur et un coiffeur différents à chaque fois. Ensuite, louez un endroit charismatique dans Paris, comme un musée pour faire croire que vous êtes vous-même rentré dans ce lieu de culture. Invitez les blogueuses de moche et aficionados ainsi que des people ex-mannequins inconnus, ou ex-chanteuses pour un soupe de chiffon au centre du Paris populaire, qui devient par magie « people’r ».

Mettez tous ces ingrédients dans ce hall, secouez et maltraitez les, ils sont un peu masos !!! Parlez leurs comme du bétail, qu’ils prennent conscience qu’ils sont privilégiés, et là, vous aurez toute la presse qui encensera votre piètre contribution à l’histoire de la mode Française.

PARIS RESTERA TOUJOURS PARIS

Dior a engagé une troupe de femmes acrobates pour la présentation ; l’univers préféré du Maître de Granville. Viktor & Rolf présente des robes toutes prêtes à l’emploi, avec des phrases telles que « Je veux un monde meilleur ». Ils pourraient être considérés comme les journalistes couturiers. Chanel a amené la Côte d’Azur dans un Paris enneigé, transformant ainsi le Grand Palais en tableau de vacances, avec villa à l’italienne, palmiers, piscine, et la défection de Karl hospitalisé pour une grande fatigue…

YANINA L’ACCROCHE COEUR

J’avais sorti ma fourrure du frigo pour aller à la présentation de Yanina Couture pensant bien que l’oligarchie russe tout entière de Paris serait présente pour les 25 ans de la maison. Yanina Couture fête effectivement ses 25 ans cette année et à la prochaine rentrée, dit-on sous le manteau, elle espère être au calendrier de la Chambre Syndicale de la Haute Couture. Après un long périple, elle finit par obtenir finalement le Graal tant convoité.

C’est une ambiance un peu particulière car toute la diaspora russe est présente comme si après la Révolution d’Octobre, tous les russes de Paris étaient présents. Les Russkoffs sont de sorties : renard, chinchilla, vison et hermine recouvraient le front row comme si les bêtes sauvages s’étaient données rendez-vous dans le fin fond de la steppe, il ne manquait plus que Léon Zitrone pour que le spectacle fut complet.

En Russie, pour attirer les mâles dominants, les femelles sont prêtes à tout, et Yanina Couture donne un show comme une parade nuptiale qui exhibe de longues robes ornées de plumes. C’est un message subliminal de la créatrice ; une ronde des muses qui passe et repasse devant nous comme un ballet attractif et gracieux.

ON AURA TOUT VU PARIS 2019


La salle était comble et nous attendions tous avec impatience, comme chaque saison, la présentation de la collection de Yassem et de Livia. Deux dragons postés à l’entrée du défilé protégeait la création des deux designers. Le dragon animal imaginaire et inventé pour servir les hommes afin d’expliquer les phénomènes naturels qu’ils ne comprenaient pas. Maléfique et ravisseur de princesses en occident au Moyen Âge, symbole de vie et de puissance en Chine, protecteur en Indonésie, gardien des sabres au Japon… Le dragon est une créature fantastique et c’est, sous ce signe et cette alchimie que la collection était présentée …

SORBIER HIROSHIMA MON AMOUR

Le créateur vous accompagne et nous guide dans la contemplation de ce monde, Franck Sorbier ou le livre du voyage, là où on rêve en accompagnant notre vie de solitude fiévreuse le long des rues désertes comme nos jours. Un Kimono ou Obi de rêve que l’on n’aura jamais l’audace de porter tellement il est beau, des robes qui s’illuminent comme des étoiles au firmament de la Fashion Week de Paris, un contraste de noir et de blanc, allant des ténèbres à la lumière, dansant dans une ambiance qui vibre aux sons des baguettes de cristal de Michel Deneuve, comme si j’étais au bord d’un océan que la voie lactée aurait recouvert de son voile sonore.

Il me semble apercevoir deux muses merveilleuses, Camille et Julie Berthollet et, comme face à ces fleurs qui vous fascinent, les fragments du vrai de la mode retrouvent leur splendeur. Ivre de beau comme sur une vague de lumière si brusque et ardente, une robe comme un baiser qui fait trembler votre matinée d’ivresse comme si une rose en vous s’était déployée.