ALESSANDRO MICHELE MONO GENRE

Dans la longue histoire du genre animal, ce sont ceux qui ont appris à collaborer et à improviser efficacement qui l’ont emporté, et remerciez Alessandro Michele pour faire bouger les lignes, l’un des plus grands directeurs créatifs de 47 ans pour la maison Gucci nous affirme François-Henri Finaud.

Le changement de la mode masculine a commencé par Michele et cette évolution sismique prédit une décennie de révolte luxueuse. La liste des hommes, qui affluent chez Michele pour des costumes, des mocassins, des babioles et des foulards, semble infinie. En fait, on y trouve des noms aussi divers que Roger Federer, star Suisse du tennis, et Dapper Dan, designer de Harlem et légende du hip-hop. Qui plus est, beaucoup de ces hommes sont tout aussi susceptibles de porter une robe Gucci qu’un mocassin de la maison du Prince de Venise.

GUCCI ELIXIR PHILOSOPHALE

Du latin elixir emprunté à l’arabe ibérique médiéval «pierre philosophale» et du grec ancien xêríon («poudre siccative à mettre sur les blessures») siccative est une substance qui joue un rôle de catalyseur en accélérant le séchage.

Voici donc l’Élixir de la maison Gucci, « mémoire d’une Odeur » pour slogan et qui réalise une nouvelle famille olfactive. Suis-je atteint d’anosmie, où le chimiste apocryphe nous donne une arôme dont le sillage est composé d’ingrédients inattendus : camomille romaine, jasmin corail, muscs et accords boisés, dans un flacon de la couleur originale du verre de la même couleur où autrefois à Pompéi les carafes se faisaient cépage de notre ivresse.

UNE CHOUPETTE SUR UN TOIT BRULANT

A force d’inviter n’importe qui on finit par avoir n’importe quoi ! A l’image de cette Youtubeuse qui rentre sur la scène du show de Chanel pour venir faire, je ne sais quoi, dans une tenue qui n’est même pas un tailleur de la maison ! C’était hier sur les toits de Paris et en même temps sous la coupole du Grand Palais, dans la cité mère de la mode, le Paris solennel où un tourbillon éphémère de la création tournoyait autrefois autour de ces appentis recouverts de ce zinc éternel ! Et quand Paris se met à l’ouvrage dans sa forge aux mille clameurs, Chanel garde, sans y croire, les faisceaux et les encensoirs du festin de jadis, et tente de redresser une gloire déjà éteinte.

Voici la Babel pour toutes les femmes de mode, et surtout les toits de la rue Cambon pour prendre de la hauteur. Ville où un orage de tissus peut envelopper une Fashion Week qui, nuit et jour, réveille les géants de la couture, avec des peaux qui bruissent le lion, alors que certains ne sont que des descentes de lit. Je n’en crois pas mes yeux nous qui avions cru que Corinne serait viable, mais en réalité elle reste Viard.

NODALETO CONTRE-PIED

Fallait-il discriminer les enfants d’un discriminant ? Le même, qui une fois votre père décédé, n’a même pas eu la courtoisie de répondre à votre courrier écrit avec soin de votre plume sergent major. Usuellement, je n’agresse pas les gens par un texte d’humain de contrefaçon, et les petites vengeances qui sont légion dans ce monde de la mode ne me concernent pas et ne viennent jamais entacher ma plume.

Alors, Madame Julia Toledano, fille de Monsieur Sydney Toledano, vous vous lancez dans le domaine de la chaussure de luxe ! Comme quoi, même avec un diplôme d’avocat, on peut choisir de devenir une créatrice d’accessoires, mais le seul rapport, que j’y vois, serait une mise à pied ou mieux un marchepied ou encore un « gay pied » peut-être.

MA RAISON VACILLE

Dans la peau d’une cleptomane qui nous ouvre les portes de son imaginaire teinté de poésie, et avec des artistes aux multiples facettes qui se retrouvent manipulés et sous influence d’objets que la jolie voleuse dérobent à foison. Un monde qui tourne sur son axe propre et qui nous emporte dans un voyage « des milles et une lui », un porte-manteau qui se transforme en dragon, des sièges et une table qui glissent et s’esquivent, pour laisser place à un mur qui s’ouvre et laisse surgir un couple de danseurs qui passe de l’autre côté du miroir pour vivre le passe muraille.

Avec des vêtements ondoyants qui, soudainement, muent par une vie extra-sensorielle, à tel point que, quand l’artiste marche, on croirait qu’elle danse comme ce sable de l’azur des déserts imitant la houle des mers qui glisse avec indifférence.

DHL MODE EXPRESS

Retenez-bien ce nom car il restera comme une lettre poste restante, un « nain posteur » qui pour seule couture nous envoie un « beau lino ». Une mode spécialiste de la queue qui n’avance pas, copiant sur les services pudiques… Une sorte de couturier qui nous envoie un colis piégé pour mannequin en DHL, drôle d’héritage pour l’environnement et les générations filatures. Avec un public en tête de timbre qui sourie béatement figé, et si jamais vous avez l’idée de leur passer la main dans le dos, cela colle ! Un public qui pense que « DHL » est un philosophe Français.

Ce couseur de pacotille est comme la poste, il transmet un rien, son pli est une imposture au plissé de l’étuve. Une blonde se dirigeant vers cette boîte aux lettres, regarde dedans, refermant la petite porte et se rassoit. « Vous attendiez une lettre ou un paquet très important lui demande sa voisine ! La blonde lui répond :  Non, c’est juste que ce foutu Iphone n’arrête pas de me dire que j’ai du courrier ! »

COBSON FOREVER

Superbe et triomphante, elle vint un jour en grand apparat avec des airs d’Infante dans un flot de velours nacarat. Ses grosses perles de Venise qui roulaient comme des gouttes d’eau au bord de ses lobes, sa peau d’un grain laiteux de frais satin tranchait avec ses paupières battant des ailes sur ses globes d’argent brunis. Une nacre de l’infini qui lui donnait ce charme de pudeur. Voilà que doucement on la pose sur son lit, ce tombeau blanc et doux, pour que subitement la nuit tombe sur ce souvenir si exaltant.

Au revoir, petite sœur. Toi, qui aimait la vie à en mourir, voici que ton désir de l’Inconnu va être satisfait. Doucement, tu visiteras le jardin des anges et parmi les bois et les parfums, tu emportes, dans ton sommeil, la douceur suspendue d’une fleur par l’été qui tord le cou à l’ouragan.

ATELIER BOIVIN L’EFFET PAPILLON

Nourri par la soie, sur l’aile du zéphyr pour orner le cou des dandys parisiens, et s’envoler comme un souffle sous les voûtes éternelles de nos Dames de Paris, voici le papillon qui, avec son destin enchanté, retrouve enfin le ciel du chic et de la volupté. Une cravate bien nouée, disait Oscar Wilde, est le premier pas sérieux dans la vie. Cependant, quelle ironie quand vous savez que la cravate a été inventée par une femme.

Les générations, d’aujourd’hui, que l’on dit maudites, viennent de redécouvrir les vertus de cet accessoire qui faisait de l’homme du 17ème siècle le plus chic de tous les temps. Ainsi, Louise, Duchesse de La Vallière et maîtresse de Louis XIV, portait, au temps de sa splendeur, une cravate à large nœud flottant celui-là même qui revient en odeur de sainteté. L’idylle de cette Duchesse, relaté en détail par Alexandre Dumas, fera d’elle la mondaine la plus emblématique de France.

GABRIELLE COCO PHARRELL

Le porte-drapeau de Chanel, le Coco Pharrell, qui en Corée du Sud ouvre l’espace de la marque aux deux « C » pour accueillir la capsule homme. Une capsule ! Après la fusée, pourquoi pas ! Cent fois sur le métier remettez votre outrage. Un Coco Pharrell, « qui  ne voit rien, mais qui invente tout ! Qui ne comprend rien, mais qui déforme tout », comme ces esprits d’une sécheresse supérieure. Tout en surface sans profondeur, n’ayant ni sentiment, ni passion, ni enthousiasme, il est comme le trou du dessinateur à l’emporte-pièce, il remplit les creux du travail d’autrui. Pharrell Williams constate que la marque continue à le prendre dans ses bras et à lui ouvrir ses portes : »Je sais que cette opportunité n’a jamais été offerte à qui que ce soit, et je tiens simplement à dire à quel point je suis reconnaissant ». Tu peux mon neveu! car du temps de Mademoiselle Chanel tu serais de retour au commerce, mais triangulaire, car elle ne poètait pas plus haut que son luth. Cliquer sur le titre pour lire plus …

AVEC STUPEUR ET TRESSAILLEMENT

Dans les vapeurs de Jack Daniels, une jeune blonde m’a pris sous son aile pour m’emmener jusqu’à son appartement passer une nuit que je peux considérer comme aussi vide que la mémoire défectueuse d’un ordinateur en panne. Dans ce lit, plein de son corps et moi, dans mon univers de liqueur, je devine ce corps entier de la nuque aux talons et ses seins dans l’ombre creusent la chaleur de la pièce. A l’horizon, une forme parfaite se dessine comme pour ouvrir la porte d’une nuit sans sommeil, mais pourtant, mon corps imite la mort sous l’effet de l’orge fermentée ingurgitée. Cliquer sur le titre pour lire plus …

DANS LES VAPEURS DE MARIE-JEANNE

La drogue de l’horloger, c’est le bonbon tic-tac, et pourtant, quand vous voyagez dans Paname, vous pouvez admettre que les vapeurs de Marijuana sont légion et vous entourent à chaque coin de rue. De la collection Vuitton homme à la collection de Virgil Abloh, « un poète », vous pouvez sentir les vapeurs de ce THC qui encombrent vos narines sans jamais vous faire rêver.Voici les cousins consanguins de Donald Trump, des attrapeurs de rêves qui n’attrapent rien, que seulement le sentiment d’être en haut de la montage, là où Paul-Emile Victor découvrait le Groenland, le point zéro.

50 NUANCES DU FLOP FRINGANT

Elles ne sont que les voyeuses de la vie des autres, une sorte d’Allemagne de l’Est et de la Stasi réunies. Elles remplacent les mannequins en carton, sorte de PLV vivante rémunérée seulement en cadeaux, les influenceuses sertisseuses. Le Flop Fringant, qui décrit la mode pendant 52 minutes sur un ton télégraphique et monocorde comme si celle-ci était dénuée d’humanité ou de poésie, parle de ces Demi-mondaines avec concession. Ces jeunes donzelles qui pensent que Tolstoï « n’était guère épais », sont d’anciennes vendeuses de rouges à lèvres et de serviettes sémiotiques dans des magasins américains qui seraient en Europe nos vendeuses de chez Carrefour, là où comme au cirque, tous « les sots sont périlleux ».

LAPÉROUSE POUR UN « GALAUP » D’ESSAIS

Le Directeur général de Berluti, président de Loro Piana et responsable de la communication et de l’image de LVMH, le fils du Seigneur des Arnault a pris une participation minoritaire dans le restaurant Lapérouse. Toujours le sens du voyage diffusé par les services marketing incultent, qui ne savent pas que c’était un voyage sans retour. Effectivement, le 1er août 1785, deux navires, l’Astrolabe et La Boussole, quittent Brest pour les îles de Santa Cruz, avec plus de deux cents personnes à leur bord pour ne jamais revenir.Jean-François de Galaup, Comte de La Pérouse, est étroitement associé au destin de Louis XVI car le souverain déchu prononce ses mots en montant à l’échafaud en 1793 : « A-t-on des nouvelles de M. de La Pérouse ? » Espérons que le Seigneur ne prononce pas ces mots sur le mécano des gilets jaunes : « A-t-on des nouvelles de l’homme de Tolède ? »

UN VOYAGE TOUTÂNK CAMION

Voici le roi des rois et Seigneur des seigneurs, non je ne parle pas du seigneur des Arnault, mais de cet enfant roi né avec ses déformations congénitales et par seule croyance débile que le mariage en famille était une vertu. Onzième pharaon de la XVIIIe dynastie, fils d’Akhenaton et de la propre sœur de ce dernier, Toutânkhamon a emporté dans sa tombe ses fournitures de petit écolier et une palette de scribe en ivoire à son nom sur laquelle subsistent des pains d’encre rouge et noir et sept calames, un lapsus écrit ou calmi qui provient du calame, le crayon en égyptien.

Un enfant roi comme si l’histoire se répétait. Avec son mascaron, il incarne la jeunesse au pouvoir. Délaissant le culte d’Aton, il restaure la suprématie du dieu Amon, et ainsi, son bannissement levé des rites traditionnels seront rendus au Grand Prêtre et à son clergé, allant jusqu’à changer son nom « Tout en Vuitton ».

ST LAURENT OU TANT

Cette maison, qui suscite un fantasme reconnu comme patrimoine des français, peine à émerger du lègue si lourd et de l’histoire du petit génie d’Oran. Vaccarello qui a supprimé les pièces cultes comme la saharienne, a conservé cette idée fixe de subversion entre le masculin et le féminin ; des seins nus et des robes des années 80 créant un nouveau genre : le clubbing romantique, c’est toujours mieux que le Porno Chic ! L’horreur est humaine.

Les demi-mondaines du premier rang, « glandes ma mère », prêtent à imploser d’excitation, surnagent au bord de la seine, en suppliant ce soleil noir de leur envoyer le preux chevalier qui leur rendra une « black card ». Avec le tintamarre du cor de Siegfried pour seulement une ligne, ces héroïnes féminines avaient perdu la proie qu’elles pourchassaient, un homme « White Anglo-Saxon » de la City qui tartine les chauffeurs « Uber » avec des billets de 50 nuances d’euros.

Sur le podium, c’est une éclosion superbe de jeunes seins blancs sous la mousseline comme pour enchaîner mes yeux sur les poitrines plutôt que sur les vêtements : nobles rondeurs, effroi de ma pudeur chagrine …

CHIC CHIC BANKE BANKE

L’odeur de l’argent y rode encore. Voici le cinq étoiles de Paname qui associe les mystères de l’histoire de Paris et l’art du bien-être de ses clients. On se plait à revivre ce passé en séjournant dans ce qui fût autrefois une des grandes banques haussmanniennes. Sa construction, qui remonte à 1772, devint la propriété de Louis Bonaparte, roi de Hollande et frère de Napoléon 1er, qui l’offrit à sa femme, Hortense de Beauharnais.

Le palais entra ainsi dans l’histoire sous le nom de« l’Hôtel de la Reine Hortense ».Après l’exil de la famille Bonaparte, l’hôtel compta plusieurs propriétaires, dont le célèbre banquier autrichien Salomon Mayer Rothschild qui l’acquit en 1832. La Banque Suisse et Française (BSF) fît l’acquisition d’une partie du site pour construire son nouveau siège, et les travaux prirent fin en 1905 et depuis lors, le bâtiment a gardé non seulement les richesses de la bourgeoisie française, mais aussi ses secrets les plus intimes.

SHIATZY CHEN LA CHANEL DE CHINE

Quand la Chine s’éveillera, avait dit en son temps Alain Peyrefitte, le monde tremblera. Et depuis Zhōngguó est devenu l’usine du monde. Mais voici une créatrice, qui nous a beaucoup intéressés durant la Fashion Week de Paris, par ces tableaux de poésie, il est vrai que certaines nations corrompues, visages rongés par les chancres du cœur, beautés fades qui font ressortir des robes, plutôt que les muses, la créatrice a un œil limpide et clair comme l’eau qui court dans un ruisseau. Les Chinois disent, avec raison, que, dans chaque tableau, il y a un poème et que, dans tout poème, il y a un tableau.

Shiatzy Chen ou la chinoise la plus douée de sa génération a créé sa maison de couture en 1978. Elle est souvent surnommée le «Chanel of Taiwan» et son style « chic néo-chinois », où l’esthétique du vêtement et de l’artisanat chinois se combine avec le style occidental, elle incorpore des cols mandarins redéfinis et des motifs chinois pour occidentaux qui donnent une vision loin très loin de l’Empire du Milieu, mais très proche de l’empire des sens…

NOSTALGIA VINTAGE

Lorsqu’une BMW R7 de 1934 a été présentée à Pebble Beach en 2012, le concept bike, qui n’avait jamais pu être produit en 1930 et avait été oublié depuis plus de 70 ans, est restauré par BMW Group Classic pour faire revivre un mythe. Les têtes pensantes pensaient que cela ne marcherait jamais. Au cours de son tour du monde, la R7 a remporté tous les suffrages dans sa catégorie, nostalgie de l’ancien dans la modernité des motos d’époque qui fourmillent et c’est ahurissant que la R7, construite en 1934, ait été conçue avec une esthétique qui reste d’une modernité comme l’est le bâtiment Art Déco du Seigneur et du bon « samaritain » du luxe. 

Avec un prix de base de 39 500 dollars, la NMoto Nostalgia est une moto qui sera produite en série limitée et sera disponible en 11 différentes couleurs, la personnalisation, notamment d’une direction réglable et des modifications du coffre à bagages ainsi que de la selle du passager et de multiples finitions.

FASHION PROSÉLYTISME

Comment les créateurs dont les marques adorent les flashs des photographes, mais beaucoup moins, les projecteurs de l’investigation journalistique, sont-ils si obsédés et inspirés par les causes sociales ? Est-ce le signe d’une ère nouvelle, plus consciente et moins discriminante pour le secteur du luxe ou, simplement, une tentative désespérée d’authenticité par tous les moyens ? La réponse à cette question dépend du point de vue de chacun et de la confiance que l’on a en la capacité de l’industrie de la mode d’identifier et de représenter les causes sociales.

Voilà une plongée édifiante dans les dessous pas toujours chics mais toujours choc du luxe.Virgil Abloh, pour sa part, a fait appel de manière subtile à une tenue qui est par définition un style codifié adopté par un groupe de personnes pour attirer l’attention sur un problème social. Le créateur de Louis Vuitton a récemment habillé Bella Hadid avec un gilet jaune vif pour un événement Louis Vuitton en janvier dernier. On ne pouvait s’empêcher de remarquer le signe d’assentiment fait au mouvement des « Gilets Jaunes » Français.

AU PIED DE LA DAME DU CHATELET

On vient en voisin, on ne frappe pas, mais, réservez quand même, car après avoir campé son container-guinguette sur le macadam « apaisé  des débordements et de la fureur d’un fleuve», « Maison Maison » a inauguré une petite grotte sous la culée du Pont Neuf, bien au sec dans les murs du quai, rempart aux aléas climatiques, ce refuge d’une quarantaine de places accueille désormais un décor de banquettes rousses, de tables en bois clair et de bouquets de fleurs, sous les pieds du futur hôtel du Seigneur des Arnault. Presque caché un petit escalier mène au quai du Pont Neuf, l’endroit avec ces trois fenêtres donne une vue sur la Seine et l’Ile de la Cité. La carte ne contient qu’une quinzaine de plats et entrées qu’il est possible de partager, et l’accent est clairement mis sur le « fooding ».

VUITTON ART CONTENT POUR RIEN

Le Centre Georges Pompidou est un bâtiment emblématique de l’Art Contemporain et Moderne qui a été reconstruit, pour la circonstance, par la maison Vuitton dans la cour carrée du Louvre. Alors que le centre n’est qu’à seulement un vol de Uber, pourquoi ne pas privilégier l’original que préférer une copie. Voici la vraie histoire des intrigues de la mode et du luxe réunis.Il n’aura fallu au Seigneur des Arnault que trois jours pour reconstruire le musée au coeur du Louvre alors que l’original fut édifié en 5 ans.

Vous pouvez ainsi toucher du doigt la puissance de l’homme, le plus influent de France, un croche-pied à Monsieur Grumler qui officie maintenant comme administrateur du Centre Georges Pompidou, celui-ci voulant faire mordre la poussière au Seigneur en lui imposant des prix abracadabrantesques, une petite vengeance de sa présidence écourtée par le Seigneur, mais le camouflet, qui voulait infliger, lui est revenu en boomerang comme reviendrait une ancienne maîtresse pour chercher son cookie.

CHANEL LES SOMMETS DE LA MODE

Gravissant le chemin des Champs-Elysées, marchant silencieusement, stimulé par l’approche du vaste espace et des sommets du Grand Palais, dominé, tout là-haut dans les alpages, mon cœur comme mes pas sont un peu lourds, car, enfin le sommet, tout en haut de la pente, cette vallée de la mode qui nous offre cette profonde vue, grandiose et exaltante, voici un décor qui, après Karl,  doit nous élever au delà de la vision terre à terre du vêtement. Espérons que la montagne n’accouchera pas d’une souris ?

GIVENCHY ET VIEILLE GRAND-MESSE

Une tente au toit transparent comme si on avait voulu emballer la mode, laissant apparaître les étoiles sous des arbres éclairés par la lune du dernier quartier, juste au milieu du Jardin des Plantes pour ce défilé de Givenchy «Winter of Eden». Eden signifie « délice » en hébreu, mais qui, parmi l’assistance, à part le Seigneur des Arnault, le sait ? L’écrivain américaine Ann Druyan avait une vue plus cynique de l’Éden, plutôt qu’un « paradis », le Gen Eden serait le lieu d’un crime. J’hésite un moment à rentrer dans ce tunnel noir, mais mon bon sens reprend le dessus cela n’est que du vêtement comme dirait Monsieur Marrant.

Entasser 1 000 personnes dans un espace d’une longueur d’un bloc d’immeubles de Manhattan avec une seule entrée qui commence par un tunnel sombre de lumières psychédéliques et sur une musique qui martèle vos tympans, vous rappelant les clubs à la mode de la si britannique et aristocratique Londres du début des années 90.Des filles en mode urbaine de Neuilly, robes de bijoux et « touffe y compris », Clare Waight Keller donne un spectacle incompréhensible pour un résultat Givenchy qui n’était pas vraiment à la hauteur de la marque.

CÉLINE PAR SLIMANE

Les « Aviators », que l’US Air Force et ses pilotes de chasse portaient, ont été dessinés par le fabricant Bausch & Lomb, et se retrouvent sur les mannequins de Céline de la collection Slimane, bien mal acquis ne profite qu’après. En présence du Seigneur des Arnault entouré de sa femme et de sa fille, il a contemplé la collection de ce petit jeune que Karl adorait. Allez savoir pourquoi, mais ses talents sont peut-être très cachés.

Slimane, l’homme qui n’aimait pas les femmes, car jamais talent ne fut mis au service de la platitude avec un tel entrain. Il dit de lui, je veux que l’on me considère comme un maître ou rien, mon choix est fait : je m’arrête volontiers sur la seconde considération, mais il est difficile d’être rien du tout avec plus de perfection ou de profondeur, et de débobiner le néant avec une verve et une pétulance si efficace. Ma voisine, Anne Hydride de Sodium me donne son avis en live, c’est bien du Céline me dit- elle, et je lui réponds : oui le Céline de Louis Ferdinand. La bougresse me regarde avec des yeux de merlan frit, n’ayant pas compris l’allusion.

ISABEL MARANT ARLEQUINEMENT VÔTRE

Je cherche une goutte de pluie qui vient de tomber dans la mer de la couture et où, dans sa rapide course verticale, elle pourrait luire plus que les autres, ayant encore assez de force pour comprendre comment la plus bohémienne des créatrices puisse tomber dans le quartier des Bourgeois-Bohèmes, pour se perdre à jamais ou retrouver une nouvelle vie et renaître sans raison.

Alors, je cherche dans la mer les fils de la vague et de l’élégance, mais, surtout un cœur qui pourrait me laisser ce fragile souvenir dont je serai le seul dépositaire. La bohémienne chic passe au chic tout court, c’est la bohémienne rhapsodie, il paraît que c’est à la mode. L’homme de la Pampa, que je suis, voit de ses yeux un poème de Pablo Neruda dans les couleurs ocres et qui dans la lumière se lave et se  lustre jusqu’au beige clair. La subtile et indomptable créatrice écaillent en caressant les écorces de l’arbre du temps que les saisons ravinent d’un éclat de ses blessures que la vie a laissé.

ROCHAS THE SHAPE OF ACQUA

Alessandro Dell’Acqua s’intéresse à l’héritage couture de Rochas par opposition à cette mode envahissante du streetwear. Un flacon posé sur nos chaises du dernier parfum de la maison nous attendait, un retour au petit cadeau d’autrefois. Voilà que j’ai touché l’automne des idées de cette Fashion Week, et il me faut employer la pelle et les râteaux pour rassembler ses terres inondées d’idées faciles, où l’insignifiant creuse des trous comme des tombeaux.

Voici un nom prédestiné, « Acqua », car quand il est dans l’eau, il a des idées, et quand il en est sorti, il sèche. Voici l’homme de Naple qui utilise des matériaux en tweed tachetés épais, et des jacquards recouverts de laine qui ressemblent à de minuscules plumes alors pourquoi ne pas prendre un plumassier ? Nous voici en plongée dans une construction en trapèze qui rappelle l’époque de la Haute Couture d’après-guerre, celle ou Gabrielle sortait du Meurice avec les gens de la S.S. lisez (Serial Sauwer).

Manteau large en tweed noir sans col garni d’une épaisse bande de perles en jais, avec une jupe plissée noire portée avec une chemise surdimensionnée à manches courtes en cuir noir brillant ultra fin…

MORT D’UN GÉANT

Svelte, les bras étendus comme des ailes déployées, il marchait dans l’air qui virevoltait autour de lui, lui donnant une élégance sans égale. Sa chevelure blanche faisait de lui l’homme sage le plus jeune de l’industrie de la parfumerie. Il était l’homme aux 650 flacons parmi les plus connus de la planète. Un créateur du rêve, un libertaire convaincu. A la première lecture de sa personnalité, on pouvait deviner que ce poète des temps modernes, amoureux de sa femme, comme un enfant, était un provocateur qui cachait une grande timidité. Sa vie, en dépit de quelques embûches, ne viendra jamais ternir son élan, son enthousiasme et sa créativité.

Les senteurs et les parfums tournaient dans l’air du soir comme une valse mélancolique autour de lui et dans un langoureux vertige où l’imaginaire et la sensualité n’ont eu de cesse que de croître, car sa seule volonté était de créer pour les générations futures.

MARGUS LE SCEAU IMPÉRIAL DE BOGOTÁ

Si vous êtes avec Nicolas Le Floch, rue des Prouvaires, signifiant prêtre au moyen age, parce que les vicaires de Saint-Eustache l’habitaient au 12ème siècle et que vous rencontrez un chef qui parle japonais mais qui vient du Laos, vous êtes au restaurant le Margus. C’est un petit restaurant où la devanture n’est pas secrète mais discrète. Le décor intérieur soigné, type « Cuba libre », avait émoustillé les deux jeunes Bimbos qui m’accompagnaient. A la seule évocation de Cuba libre, les donzelles avaient imaginé le « cul libre » dans un after de Carthagène après ripaille…

JOSSE LE SEIGNEUR

C’est avec un peu d’appréhension que je me présente au portail. Chaque créateur a, en effet, le pouvoir fatal de vous jeter, par un sourire, face à l’ivresse ou le désespoir de votre propre inculture. Point la peine de connaître l’anthroponyme pour découvrir que le nom Josse est la forme populaire de l’origine bretonne Jodocus. Saint Josse, fils du roi breton Judicael, contemporain de Dagobert, est basé sur la racine celtique « jud » signifiant « combattant, chef et seigneur ». Sa forme anglaise est Joyce, un signe pour le Seigneur des Arnault et sa future marque du supra luxe, Jean Patou.