MAX VERT DE CHIQUE

Du vert au taupe en passant par le marron glacé, des couleurs passe-murailles pour une collection plus q’intéressante. Le vert, emblème du « mâle » au Moyen Age, mais aussi symbole de nature et de la liberté, une couleur ambiguë, mais pour la mode, « why not ? ». Il provoque les envies mais ses envies changent tout le temps en fonction de l’époque. Certains l’adorent, d’autres le haïssent, c’est selon? c’est le vert de chique.

GAFA TES DROITS

Pour la mode, cela veut dire, pour ceux qui n’ont pas encore compris, que les photographes devront être rémunérés à chaque fois que vous publierez des photos sur votre compte Facebook. Ce qui pose problème pour les photographes inconnus, ils n’auront plus jamais la chance d’être remarqués car ils ne seront jamais publiés. Si ce projet est voté, on revient à la case départ : au temps où les photos de la fashion week ne paraissaient que 6 mois après les collections. Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres de demain.

UN DÉFILÉ BARGE

L’Oréal Paris partenaire, depuis 2016, de la Paris Fashion Week (PFW), se prépare à organiser son deuxième défilé sur un bateau face au Musée d’Orsay (Fluctuat Nec Mergitur – la devise de la ville de Paris) et cela sera le 30 septembre à 14h au port de Solférino qui ne sera pas la croix et la bannière mais espérons seulement la Croix Rouge. Celui-ci devrait attirer encore plus de spectateurs que le show organisé sur l’Avenue des Champs-Élysées l’année dernière.

« Tout le monde est invité, et assurément les concierges portugaises, les demi mondaines russes et botoxées en tout genre ne manqueront pas. Mais, Paris vaut bien une messe parce que les parisiens le valent bien » a déclaré le président de L’Oréal Paris…

UNE FASHION WEEK SANS CON

Sartre avait raison : l’enfer c’est les autres, et cela est quand même incroyable que nous réussissions à faire des oranges sans pulpe, des raisins sans pépin, des farines sans grumeaux, du café sans caféine, du sirop sans colorant et de la bière sans alcool sans jamais être capable de faire un monde sans imbécile ? Serions-nous capable de créer une Fashion Week sans nigaud ? Alors, nous nous sommes posés la question : que serait une semaine de la mode sans céphalo-abstinent ?

Nous commencerions tout d’abord par supprimer les agences de « pestes » qui font leur travail en dépit du bon sens et qui arrivent même à nous faire parvenir les invitations une journée après la présentation. Un monde sans selfie de « photos graveleuses », qui ne prennent pas les collections mais qui se prennent à la collection. Un monde sans photographes grossiers et mal élevés qui se battent pour une place et qui crient au premier rang en invectivant les invités : « décroisez les jambes Mesdames ».

PATISSERIE PAS TAPISSERIE

En artisan appliqué de la diplomatie culinaire, Philippe Conticini a naturellement choisi de mettre le Japon à l’honneur de sa nouvelle ligne pour charmer les papilles du pays du Soleil-Levant. Il associe un certain classicisme de la gastronomie française au raffinement des saveurs nippones, un monde de rêve, de plaisirs, de saveurs et de surprises  : une pâtisserie qui ne fait pas tapisserie.

A l’agenda des langues de chatte pour les Mondaine du seizième au thé matcha collé-serré avec une garniture de chocolat blanc à la fleur de sel, un biscuit au citron vert roulé autour d’une crème pâtissière au yuzu, mais aussi et surtout une « meringue neige », sorte de Mont Fuji arrondi …

LE HERMÈS DU GARD

Le savoir-faire est un rêve, une œuvre d’art, une pièce unique. Chaque pièce de Virgile Cazals est l’aboutissement d’un travail intransigeant, minutieux, d’un savoir-faire unique, ainsi que d’un artisanat d’exception. De la célèbre selle de Camargue à l’éblouissante selle anglaise, l’atelier de sellerie et maroquinerie de luxe et d’excellence où la règle est simple : gardez à l’esprit qu’il faut perpétuellement conserver le savoir-faire de ses aïeuls et traverser le temps pour que le chef d’œuvre d’un rêve prenne vie peu à peu.

Virgile Cazals a d’abord étudié la ferronnerie mais aussi l’art du ferrage des animaux. Cela lui a donné l’envie, en passant devant la boutique Hermès et des produits convenus qu’il y a vus …

BOTTER RICCI HORS DE FRANCE

Le groupe espagnol Puig « prononcé Poutch » a enfin trouvé les dauphins de Guillaume Henry pour la direction artistique de Nina Ricci ; un duo de choc pour un putsch cette saison sur la maison de Maria Adélaïde Nielli qui doit se retourner dans sa tombe. Il s’agit de Rushemy Botter (32 ans) et Lisi Herrebrugh (28 ans). Le premier est né à Curaçao et a grandi aux Pays-Bas. Il avait rejoint l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers grâce au soutien de Walter van Beirendonck et Dirk van Saene. De son côté, Lisi Herrebrugh est née à Amsterdam et est diplômée de l’Amsterdam Fashion Institute. Le duo faisait partie des finalistes du dernier prix LVMH et a surtout remporté le grand prix du dernier festival de Hyères.

LA MADELEINE DE FAUCHON

Le traiteur parisien de la place de la madeleine, ouvrira le 1er septembre son  premier hôtel, en lieu et place ou à vu naître la marque voilà 132 ans maintenant, Dieu que le temps passe !. Cinquante quatre chambres dont 17 suites, exclusivement pour les étranger, car je suppose que c’est comme dans la boutique du bas, ou les vendeuse serve d’abord les japonaise, et non pas les femmes qui vienne tous les midi se sustenter.

FASHION WEEK PARIS SEPTEMBRE

En tout, il y aura 82 défilés, ce qui fait un nombre de shows dépassant largement les autres Fashion Weeks et qui fait de Paris la deuxième plus grande après New York. La profusion sera au rendez-vous mais la qualité des créateurs sera-t-elle là ? N’anticipons pas, passez de bonnes vacances, et revenez en forme, car la circulation ne devrait pas s’arranger avec la rue de Rivoli complètement coupée par la reine Margot, mais Pascal Marrand promet de mettre à dispo des drones transporteurs à l’effigie de FHCM, probablement un « drone de Drame »!

KUCCINI A LA FORTUNE DU PÔ

C’est le haut de la botte où triomphait autrefois l’industrie de la mode et les beautés d’inspiration fellinienne, un mélange des genres de l’ex-rue St-Denis gorgé d’antan de demi-mondaines, pour un restaurant, le Kuccini qui rime avec épure, entre Carla Bruni et Monica Bellucci.

D’emblée, à l’évocation de la cuisine italienne, je colle toujours l’image de la générosité impétueuse, mais pour ce restaurant avec ses arômes d’huile du Piémont et ses couleurs sang de tomate, que la brune incendiaire en ma compagnie allait transformer en Western spaghetti, fut une révélation. Fort à parier que ce restaurant italien devienne ma cantine…

UN PISTIL DE HAUTE CULTURE

C’est la rencontre d’un petit homme vert sortant tout droit de la forêt de Brocéliande là où MERLIN l’Enchanteur, de sa baguette magique,  donna  à cet homme cet incroyable savoir-faire. Il le mis, d’abord, au service de la couture pendant plusieurs années mais, les Grumler & cie avaient fini par le dégouter du métier à force de préférer le vêtement.

Il m’avait demandé de venir voir son safran et j’avais pensé, moi, béotien, qu’il me proposait une traversée en bateau au-delà des mers du sud. En fait, c’était le pistil de cette fleur mauve au coeur écarlate ; un cadeau du paradis qui évoque l’Eden  et nous enchaîne à une mélodie qui embaume d’un parfum enivrant les plats les plus exotiques du monde.

COLIBRI

Minuscule Colibri mais grand gastro, c’est un si joli nom pour cet oiseau qui est le maÎtre des airs même s’il se déplace aussi en arrière, il donne toujours le meilleur de lui-même. Son aile, à 100 pulsations minutes, donne, aux clients de ce restaurant, le souffle magique qui, avec quelques amis, devient vite le début d’une soirée mémorable. Nous avons bu, comme cet oiseau, le nectar rosé servi en abondance qui nous donna l’ivresse de Bacchus et des fêtes de bacchanales ; autrefois où désordre et abus y étaient légions.

CRÉA PORSCHE

C’est la chronique ordinaire de certaines écoles de mode, qui sont aujourd’hui des boîtes à apprentissage, motivées plus par faire des bénéfices que de donner une vraie instruction à des étudiants qui veulent travailler pour ce métier ; une sorte de « dépôt de Bihan ». C’est la chronique ordinaire de la vie de tous les jours, avec des classes surchargées, et des professeurs sous-payés, pour des inscriptions toujours plus onéreuses. Les responsables de départements, dont je faisais partie, doivent jongler avec les impératifs budgétaires pour trouver les meilleurs professeurs à petit prix. Connaissez-vous un discounter de prof. ?

LVMH ACHETE UN FLORENTIN

Le groupe de luxe LVMH prend le contrôle de la maison de couture française Jean Patou. Fondée en 1912, elle avait été rachetée en septembre 2011 par le groupe Procter & Gamble puis par la société Anglo-indienne, Designer Parfums, basée à Londres, appartenant à la famille Mehta et dirigée par Nikita Mehta, parente du PDG et fondateur Dilesh Mehta.

Moins de deux mois plus tard, la jeune femme de 28 ans est remplacée dans ses fonctions de présidente de l’ancienne de Jean de Moüy par Sidney Toledano l’une des figures emblématiques du groupe LVMH. Sydney qui occupait le poste de PDG de la maison Christian Dior a été nommé en janvier 2018 président de LVMH Fashion Group : filiale du groupe français qui regroupe les griffes Céline, Fendi, Givenchy, Pucci, Kenzo et Loewe.

ON AURAIT PU DIRE BIEN DES CHOSES

On aurait pu dire bien des choses en somme. A toutes ces phrases des égéries de la télé-réalité, « Il y a pas photo » ; terme de turfiste que l’on aurait pu en bon français transformer en : « il n’y a aucun doute ». « Je vais te mettre la misère ! » dit-elle encore. De nouveau, on aurait pu utiliser la phrase de Balzac : « je vais faire rendre gorge à ces barbares contrefacteurs de style ». Des barbarismes que personne ne comprend. Ainsi les Grecs appelaient barbares toutes les nations qui ne parlaient pas leur langue ou, du moins, qui ne la parlaient pas aussi bien qu’eux ; sans excepter les Égyptiens, auxquels ils étaient redevables d’une partie de leurs sciences et de leurs arts.

COLORATURA DE CARTIER

Autour de moi, tandis que la ville sommeille, ma lampe inspiratrice éclaire ma plume, je viens voir ses trésors qui transforment une vie en fantasmagorie. Sans bruit, sous le pavé humide du bitume, je marche sur des pierres comme sur un lac profond et calme de Suisse, et, comme une panthère, je glisse jusqu’à la rue de La Paix dans une lumière blanche similaire à la neige quand, en avril, elle tombe des étoiles sur le pavé parisien.

Je suis au treize de la rue. J’arrive devant ce temple pour contempler cette collection « Coloratura » que Cartier nous présente en avant-première.

LE RESTO DE LA FASHION

Ce restaurant, tenu par une ancienne journaliste en reconversion, ne paye pas vraiment de mine, il y a un petit air de famille entre tous ces bistrots parisiens qui surfent sur la vague du « c’était mieux avant », en cultivant une certaine satisfaction à remettre René Coty au goût du jour dans un décor de carton-pâte… Nous nous sommes assis avec les mannequins venues pour la circonstance après le show se sustenter. Après un apéritif, nous passons commande. Quel n’a pas été notre surprise de voir les mets arrivés tous plus succulents les uns que les autres…

DIX MILLIARDS DE TRILLIONS DE CARATS

On connaissait l’existence de météorites métalliques qui renfermaient de minuscules cristaux de diamants, mais en 2004, le Harvard-Smithsonian Center a annoncé la découverte d’une masse de carbone cristallisée qui a été baptisée l’étoile. Cette étoile est distante de plus de 50 années lumières de la terre. C’est le plus gros « diamant » de la galaxie, et il se niche dans la constellation du Centaure. Ce « diamant » pèse approximativement dix milliards de trillions de carats ? Le rêve de bimbo russes qui croient que vivre sur une planète de diamants sans « Eire », cela fait toujours « Dublin »

CHAMPION DU MODE BUSINESS

Mais, outre ces incidents qui nous touchent, c’est la victoire du foot comptable, et la mort de Cyrano de Bergerac, car où était le panache français que nous avions dans la défaite autrefois ? Aujourd’hui, nous gagnons, certes, mais, comme des comptables, qui jour après jour gagnent juste pour remplir le contrat car le plus important c’est le « but » au sens propre et figuré. Moi, j’aime trop Edmond Rostand, pour ne pas accepter que l’on gagne sans panache. Hier, c’était le cas. C’était la victoire d’une équipe de comptables, managée par un comptable. Bienvenue dans notre nouveau monde à l’anglo-saxonne, sans dramaturgie car les résultats étaient connus à l’avance.

DISCOURTOISIE DES GENS DE MODE

Modeste bug humain, il s’était fait ce soir-là une tête adéquate de bonimenteur, une tête de Christ blennorragique, laissant couler une lettre comme une cholérine opiniâtre que voici, « devant le nombre de places limitées bla bla bli, bla bla bla « . Au moins d’antan, on vous répondait même si la lettre était inlassablement la même vous prenant pour un imbécile année après année. Mais, maintenant quand vous expédiez une lettre écrite à la plume sergent major, c’est le vide sidéral, mais surtout, sidérant de silence. Pas même un petit vermisseau d’appel téléphonique, et, certainement, parce qu’à force de dire toujours « Non » on avait fini par voir accrocher à leur bouche des hémorroïdes.

SORBIER L’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT

Se souvenir des belles choses et de toutes celles qui nous manquent entre les deux solstices, ce sont les collections de Franck Sorbier. Comme les beaux papillons qui pointent au moment de l’été et que les fans attendent les paupières mi-closes , j’ai le ventre creux entre deux collections, comme un sentiment de vide qui m’empêche de rêver au-delà de ma propre vie.

Alors, je regarde le passé et son miroir. Je contemple le déroulement infini de l’aiguille et mon esprit reste un gouffre toujours aussi amer de ne pas voir le Maître renaître de ses créations d’antan tel Le phenix. Sorbier, proche de la nature comme jamais, sonde le fond des abîmes de celle-ci et nul ne connaît mieux que lui les richesses qu’elle nous offre.

Mais, dans la palette du couturier, il voit ces richesses se détruire, une terre que l’on combat sans regret ni remords jusqu’à diffuser sur les médias sociaux le carnage et la mort.

CHANEL LE VIEL HOMME ET LA SEINE

Les demi-mondaines présentes au défilé hurlent de peur et d’effroi à la vision de ces bouquinistes. Mais, elles se sont vite rassurées en découvrant que les livres d’une part, étaient factices et que, d’autres part, ils ne comportaient pour certains que des images. On est toujours étonné de l’auditoire des égéries de mode, car la culture est toujours menacée par l’insignifiant.

C’est l’image du vieil homme et la scène, une lecture de sa couture pour celui qui déambule dans sa Rolls Phantom : on ne sait, d’ailleurs, même plus qui est le fantôme de l’autre. Le « Pari » de Karl et ses bouquinistes encapsulés dans un dôme de verre, neutre et insensible, mais, surtout, fermé aux agressions du monde extérieur, il transforme les quais de Seine pour des quais décènes

JOSSE OUVRAGE D’ESPRIT

De la rue Vivienne à Herculanum se produit le principal représentant de la mode du néo-classique, c’est la simplicité et le goût de l’épure, entre antique et baroque, comme un style immémorial que j’appellerais « le vrai style ».

Sur un canevas dressé en jupe, il brode pour transformer son art en quart d’heure du minimalisme intime. Des bijoux de verre soufflé recouverts d’or par procédé de pulvérisation cathodique, comme des pépites qui font croire que, derrière le couturier, il est possible de trouver le filon d’un couturier hors norme. Des boucles d’oreille en goutte d’eau comme tombée du ciel se laissant choir de leur nuage, pour la soif de beauté, pour un mode simple, mais comme interjette ma voisine un moment de grâce pour une assemblée conquise à l’avance.

LES FOSSOYEURS DE LA HAUTE COUTURE

Il s’appelle Pierre Agneau, Didier Grumler et bien d’autres… Ils avaient annoncé la mort de la « Haute Couture » en leur temps. Mais, qui s’en souvient aujourd’hui ! Les écrits restent alors que les paroles s’envolent. Des visionnaires d’une profession qui s’expliquent aujourd’hui en 140 caractères et leurs cerveaux formatés aux médias sociaux ne dévoileront jamais l’échelle microbienne de leur connaissance. Voici en ce qui me concerne quelques mots qui décrivent cette activité que j’ai découverte il y a quelques années maintenant, et qui, depuis tout ce temps, continue à faire ma joie.

Elle est comme un soleil qui perce soudain les nuages pour faire apparaître un paysage ou une ville inondée de lumière et, en une seconde, transforme tout sans rien changer. La Haute Couture transfigure non pas le réel, mais la perception que nous en avons. Au premier show, soudainement, elle nous baigne d’un rayon irrésistible et, avec une telle force, que celui-ci nous rend indéniablement heureux comme une piqûre d’épingle du bonheur. »