LE CIRQUE DES POÈTES ABACUS

Un spectacle qui détonne, mêlant cirque et danse, comique et dramaturgie, un  coup de poing qui, par le mélange des genres, nous entraîne dans un voyage de la vie dans toute sa complexité et sa beauté. Raphaëlle Boitel, danseuse circassienne, – « traduisez du Caucase » – chorégraphe et metteur en scène, rend un hommage profondément touchant et poignant au cirque, et plus particulièrement à Annie Fratellini, première femme clown avec qui elle a eu la chance de travailler. Miroir profond et sombre, où des anges charmants chargés de mystère, apparaissent dans des murmures d’un rayon de lumière transporté par un public médusé. Le cirque rejoint ici le merveilleux, un mirage qui vous plonge dans un rêve. Des tableaux qui nous plongent, grâce à des jeux de lumière qui ne sont pas sans rappeler les clairs-obscurs du Caravage, dans les profonds contrastes de notre vie intérieure.

QUAI DE SCÈNE DE MÉNAGE

Voici l’histoire des quais de Seine que l’on a « piétonnisé » pour en faire le soir à la fraîche une buvette géante, et un parking à bobos pour pique-nique du vendredi soir pour, au petit matin, les rendre au camion Derichebourg. Un chemin de Seine transformé en poubelles par des jeunes « Gringa Lait » comme des clous, et là, où je cherchais de l’or, je n’ai trouvé que des ordures. Ces crapauds de pissotières, au moment de plier bagage, synthèse de la connerie et pas éduqués, laissent sur les quais aux agents de nettoyage un spectacle désolant de bouteilles vides, sacs en papier, sachets de chips, verres… La plage s’est transformée en une montagne, mais de déchets !

Quelle dichotomie de voir la conciergerie devenir peu à peu les poubelles de l’histoire de la Reine « Magot » ! Voici les voitures de la capitale toujours plus nombreuses, et ces espaces de vie alcoolisées deviennent peu à peu des zones de non-droit, et dans quelques années on viendra nous dire que les jeunes et l’alcool sont un problème de santé publique. Entre ces jeunes puceaux dans un coma éthylique qui dorment dans leur vomi, et d’autres qui se battent gonflé d’alcool et de testostérone en abondance pour une belle anorexique que l’alcool a rendu canon, alors qu’elle n’était que pute de chantier.

UN ODORAT POUR COMPRENDRE

La partie du cerveau responsable du sens de l’odorat est le système limbique, et, oui, « cela n’est pas un peu court jeune homme ! ». C’est ce Cyrano ou cet appendice qui est responsable de la cognition olfactive mais également l’administrateur de notre capacité à ressentir et à nous souvenir. A 13 semaines, un fœtus a un sens de l’odorat pleinement développé et c’est là où ses préférences gustatives commencent à se former. Une fois né, notre monde entier est une odeur, c’est notre sens prédominant jusqu’à nos 10 ans. Notre seul autre sens plein, qui se développe à grande vitesse à ce stade de l’évolution, est celui de l’émotion.

A chaque fois que quelqu’un expérimente une sensation ou une odeur, celle-ci est stockée dans la mémoire. Les préférences olfactives sont basées d’abord sur notre culture et le milieu de vie de chacun. Chaque odeur est un ingrédient qui, au cours de notre première décennie de vie, est un ensemble que nous partageons avec toute l’humanité. C’est la seule chose que nous avons en commun sur l’ensemble de la planète, que l’on soit jaune, blanc, noir ou rouge… ?

JACQUELINE BOUVIER IN PARIS

Voici l’histoire d’une année passée à Paris qui a transformé une étudiante alors inconnue du grand public, Mlle Jacqueline Bouvier s’est vue sa vie transformée à jamais par son voyage dans la capitale Française. Je parle bien sûr, pour les Bimbos de la télé-réalité, de « Jacqueline Kennedy ». Avec son nom et son héritage, Française par son père, elle était déjà prédisposée à admirer la France, mais son année universitaire de 1949 à 1950 a cimenté sa passion, lui permettant ainsi d’absorber la langue et le pays de Louis XIV, où comment les Français ont dirigé le monde en sous-main par la Première dame la plus célèbre des États-Unis.

Dans une famille d’accueil aux rues étroites du quartier Latin, à l’angle de la rue Jean de Beauvais et de Latran là où s’élevait en 1552 la maison Grosse-Escriptoire de Guillaume le Bé. Habile fondeur de caractères romains, grecs, et hébraïques, il se trouva fort dépourvu quand il dut mettre en exergue typographiquement un texte cité, il inventa alors une ponctuation qui ouvrait judicieusement devant la citation et se refermait à la fin… Chacun bientôt baptisa « guillemets » ces signes conçus par Guillaume…

NOMADE ALLEEM YUSUF

Aventure de son enfance parmi les dorures luxuriantes et pourpres des bazars de son Pakistan natal, des plumes d’autruche en guise de Jasminum, des cristaux de Swarovski pour les symboles de son pays, et une crête d’étoiles au-dessus d’un bouclier emblème de son drapeau. Pour cet australien d’adoption, ses valeurs restent le Pakistan et son slogan : « unité, foi et discipline ». Celui-ci s’est retourné sur ses maîtres de la Haute Couture, et, tout d’abord, sur celui de Granville.

De fait, si ce dernier semble se confronter plus volontiers aux œuvres de la mode d’antan, il paraît néanmoins subsister chez lui un sentiment profondément ambivalent à son égard. Représentation propre à une époque et à un milieu social donné, mais la Haute Couture demeure, dans le même temps, très largement son référentiel, et en y introduisant une goutte de modernité, il passe un chemin qui, comme à Compostelle, lui donnera la voie vers la sagesse couture assurément.

SCHIAPARELLI PARIS TEXAS

Pas la peine de se fatiguer à chercher qui est le créateur de Schiaparelli, car au premier mannequin on devine Thom Browne à la « maheutre », celui qui avait conquis l’architecte « Raf si monstre ». C’est au pied du pavillon « Sans Bon » là où Chanel officiait que nous venons voir l’homme de Dallas, mais la Bible ne fait pas le moine, et, par la chaleur actuelle, à vaincre sans baril, on triomphe toujours sans boire.

Voici le texan, le plus inconnu des couturiers, Daniel Roseberry qui se met en scène sur sa table de travail au milieu du « cat walk », avec dans ses mains non pas un crayon mais le couteau de Fulbert et la patère de Corybantes, ayant pour objectif de rendre Venus inféconde. Des mannequins maigres comme les clientes de l’Armée du Salut, le Torquemada du Texas et des maisons de couture, fils spirituel de Raf Simons et de Thom Browne qui se seraient accouplés pour féconder une haine sournoise à la beauté…

JOSSE LA FEMME DES SABLES

En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable après cette chaleur si intense et nous nous sommes rendus à l’hôtel le Marois, plus connu sous le nom France Amérique. En 1863, le comte Le Marois, fils du général du même nom, aide de camp de Napoléon Ier, fait construire cet hôtel particulier par l’architecte Henri Parent à l’emplacement, dit-on, d’une maison habitée par la courtisane Marie Duplessis, modèle de La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas. Sous ces pierres, le parfum de la beauté y rode encore.

Et pour les nymphes éclairantes et chaudes de Christophe Josse, le lieu s’y prêtait parfaitement, avec leurs robes nacrées, comme le sable beige et l’azur des déserts, comme la houle des mers qui se développe avec indifférence. Voici une robe de berger en mohair, ornée de minéraux brillants et symboliques de l’ange qui se mêle aux femmes du nord et à celles du sud dans un délicieux canevas de soie.

MILLENNIALS UN MONDE D’INCOMPRÉHENSION

La génération du millénaire reste pour le luxe un monde d’incompréhension. Cette génération différente de la Y où deux sur dix âgés de 18 à 30 ans ne possèdent pas de carte de crédit mais seulement des cartes de débit. C’est important parce que les Millennials dépensent leur argent différemment et d’ici 2025, ils détiendront la moitié de tous les revenus disponibles de la population active dans le monde entier. C’est fascinant de voir à quel point la génération du millénaire résonne, une génération qui échappe aux catégories préétablies, et les marques de produits de beauté entretiennent des liens très profonds avec ces nouveaux consommateurs, ils les comprennent plus que les autres secteurs d’activité, et il faut noter que la montée en puissance de nouvelles marques au cours des dernières années a renversé le commerce de détail.

Beaucoup d’autres industries de la vente de détail se tournent vers la beauté pour apprendre à gérer ces nouvelles populations. Soixante-seize pour cent ont déclaré découvrir de nouvelles marques et produits de beauté sur les médias sociaux, tandis qu’en quatrième position la recommandation venait d’un ami, un phénomène de bouche à oreille viral qui s’impose. Dans le même temps, 72% achètent des produits directement à partir des plateformes des médias sociaux…

JACQUEMUS PORTE DES LAVANDIÈRES

À une heure de route au nord d’Aix-en-Provence, au milieu des champs de lavande dans le magnifique paysage des Alpilles c’était comme une invitation dans un tableau de Bonnard, une invitation, qui se présentait sous la forme d’une petite bouteille d’écran solaire avec ces mots «Le coup de soleil» ou «The Sunstroke» ; une perspective qui s’est avérée exacte devant la vague de chaleur et quand, au soleil, qui nous tournait le dos nous mettant ainsi face à son ombre.

Les tiges parme s’étendent, s’étirent, ondulent et recouvrent le champ d’un mauve velouté. Elles émerveillent les yeux et colorent les âmes, là où dansent les abeilles dans un nuage bourdonnant. La lavande, doucement, flotte dans l’air.

Un show qui débute par un tailleur-pantalon blanc sur-dimensionné recouvert d’une robe en dentelle couleur pêche. Des motifs imprimés, brodés ou dessinés au laser sur de grandes chemises à manches courtes portées par des dròlla et des dròlle en langue occitane.

KARL AU GRAND PALAIS

Pas un jour ne commence ni n’expire de la Fashion Week sans penser au Catogan. Celui qui paraissait arrogant, et, dont peu à peu, l’ombre en fuite furtive ondule et tressaille au Grand Palais pour un voyage dans nos pensées. Dans ces ondes inexprimables, l’émoi de Karl et du grand Jacques flotte encore dans les coursives de la Mode. Ses cheveux blancs noués en catogan s’irisent en cascade sensuelle, et avec une langueur spirituelle qui ne cesse de nous hanter.

Une transe contemplative sous la coupole pour qu’un souvenir ébranle nos cœurs et finisse par ne plus m’inspirer. Aujourd’hui même, je vois vos modèles sous les traits de créatures ailées, et d’un sommeil qui sera centenaire, pour finir par être un tout en « Karl Mont ».

YOJI YAMAMOTO SOLEIL SUIVANT

Des chouettes, du pays du Soleil Levant, brillantes comme le ferait un verre noir dépoli à l’acide. Il faut nettoyer parfois, souvent pour le plaisir de créer, et il faut caresser pour le plaisir de l’autre. Yoji où les larmes noires de la mode qu’il faut garder au fond de l’âme pour toute une saison. Dans mes yeux et dans le cœur, je conserve au fond de moi comme on garde un mystère dans le ciel, et puis dans l’écriture une tristesse de venir toujours voir la même rengaine.

Voici mes larmes bleues à l’encre de ma plume, des larmes de rance, celles des poètes au service de la mode, pour mettre le feu aux dernières consciences, pour montrer que la ritournelle des saisons les unes après les autres ne font pas le printemps, et ne font pas une saison en tout cas. Le Tanatos japonais avec son frère jumeau Hypnos ont réalisé une collection pour les amis implacables du genre humain dévoyé.

Je verse des larmes de voir des fonctionnaires de la mode continuer leur sale besogne d’évoquer que créer c’est facile, car même si la mode est un éternel recommencement, comme disent les « Grumleristes », je pense que la mode, c’est d’abord…

DIOR UN THÉ A LA ROSE NOIR

Hier, au moment où le soleil était sur le point de se coucher, juste où le cycle de celui-ci plongeait dans les étoiles, là où, à cet instant, le sable du désert devenait d’un rose indéfinissable, comme si une vague dans sa grande justesse apportait sa force pour nous jouer le New Look masculin pour la prochaine décennie, a un point tel que c’était comme si le Maître de Granville était de retour.

Voici  la splendeur d’une mer de sable rose, le début d’une mode qui va briller pour l’éternité, et qui brille parmi la constellation couture, je retiens mon souffle à tomber dans une transe aussi forte que le séisme de la Soufrière en furie. Kim Jones tient le monde entre ses mains, il le serre contre sa poitrine avec toute la richesse de l’humanité, et se promène d’une étoile à l’autre pour nous offrir un trésor qui provoque en moi une faim de lumière…

RAF SIMONS PARIS

L’homme, qui n’aimait pas les femmes, continue sa villégiature en venant imposer son non-talent à Paris. Raf Simons ou l’homme au mille loupés, le calviniste de la mode vient de signer une nouvelle collection, comme un contrat de mode qui n’est autre qu’un communiqué de rien. Ce comptable architecte reste la matérialisation biologique du Designer de demain ; une savante mutation génétique de très peu de talents, un soupçon de rien, et beaucoup d’arrogance. Bienvenue dans le monde merveilleux du prince Raf Simonstre.

Il est comme La Fontaine : sa couture est affable, sa mode n’a pas progressé d’un millimètre, elle recule même, comme le seul examen qu’il a à son actif dans la mode, ce sont ses analyses d’urine.

Non seulement, l’observation est superficielle, les trucs démodés, la narration commune et dépourvue de caractère, et la note du réaliste est inexistante. Le « mètre » est descendu au fond de l’abîme couture. Le vieux fossile, à coté de moi, et qui aurait dû rester enfoui, trouve la collection aussi terrible que l’ouragan Irma, et me dit à mots couvés (normal pour une poule) …

PARCE QUE JE LE DELVAUX BIEN !

Delvaux a planté son drapeau rue Saint-Honoré en ouvrant un emplacement temporaire pour ce qui sera plupart un magasin permanent. Le décor thématique, qui s’inspire de René Magritte, est formé d’une série de portes en partie ouvertes, un ciel bleu vif parsemé de nuages, et des découpes flottantes d’hommes assortis et portant un chapeau melon. L’Affaire Thomas Crown avec Pierce Brosnan avait popularisé le maître auprès d’un public plus jeune dans le film de John Mc Tiernan.

La société a un partenariat de longue date avec la Fondation Magritte, artiste belge emblématique, et avec un sac à main portant l’inscription «Ceci n’est pas un Delvaux», qui se traduit par «Ceci en est un justement». La marque vole au-dessus d’un nid de surréalisme que cultivait l’artiste. A la vision de la pipe de Magritte, certaines bimbos de la télé-réalité se seraient esclaffées : « bien sûr, cela n’est pas une pipe ! » Magritte et la mode, quel rapport me direz-vous ? Parce que tout simplement le père de René Magritte était tailleur.

BREAKFAST AT BULGARI

Sous la pâle clarté des lampes, il existe une Italie d’un autre monde, comme une caresse puissante qui lève le rideau sur une collection illuminant les méninges neuves. Et l’œil troublé par la tempête, là où la maison Bulgari me propose un voyage aux confins du zirconium et de l’émeraude, un voyage vers l’horizon bleu du matin, qui flirte avec les rouges sangs du rubis.

Les femmes présentes avaient des yeux aussi ardents que les animaux qui surveillent une proie, des beautés debout mais à genoux devant ces diamants qui gémissent à la lumière comme une plainte venue des profondeurs. Illumination de ces voluptueuses venues chez Bulgari pour la circonstance, et même le souffle violent du zéphyr ne pourrait flétrir ces joyaux que la caresse du soir n’arrive pas à atténuer la transparence.

HLA x AEX LONDON 2020

Pour appréhender une collection, chacun dispose de ses propres équations, mais les créateurs sont tous confrontés au doute fondamental et à la fameuse angoisse de la robe blanche. Le doute du créateur commence par la tentative de se convaincre lui-même de la nécessité de son travail qu’il est sur le point d’entreprendre. L’inspiration naîtrait-elle donc du doute ?

Présentement, nous n’avons aucun doute sur ces chinoiseries, un semblant d’essais pour attirer l’attention sur une couture où plus on est de fou, moins il y a de riz. C’est la confrontation entre la force du désir de l’Empire du Milieu et la fragilité de leur technique, qui n’est pas adossée à la sécurité d’un savoir. A la question si celui-ci a peur de présenter à Londres avec les européens, ce dernier répondrait probablement non, mais comme disait Sarah Bernhardt : « Rassurez-vous, cela viendra avec le talent ! »

Pour cette collection, voilà que le bon vieux costume de Slimane, non revisité, fait son retour de façon aussi inattendue que paranormale. C’est comme le disque des années 1970, c’est bien noir, cela brille beaucoup, cela a un trou au milieu, et sa grésille dans nos yeux.

UN FILTRE A INTELLIGENCE

« Welcome to Les Bains », annonce-t-il sur leur site internet. Malheureusement, vous n’êtes pas les bienvenus dans l’antre de Proust et de Manet !!! Nous avions un peu d’avance sur notre soirée, il était 19h45 juste le temps de prendre une coupe de champagne aux Bains tout proche. Etablissement que nous avons fréquenté jeune du temps de David et de sa femme. Mais là, nous avons appris que pour boire une coupe de champagne au bar, il fallait réserver ! Probable parce-que dans le doute « Absinthe-toi » ! Oui, vous avez bien lu : une réservation pour prendre un verre au bar !

Pour nous, ce fut la douche écossaise et aux Bains, en plus, un comble ! Essayant de négocier avec ce « maître râleur » avec des neurones au chômage technique.

DUA LIPA LIPASIQUE

Dua Lipa, chanteuse de son état, vient d’être nommée ambassadrice du prochain parfum féminin de YSL. Cette voix, qui attire sa génération, incarne les valeurs d’indépendance et de liberté, qui ont toujours fait partie de l’ADN de la maison du « mètre » d’Oran. Née à Londres, Lipa avec son album éponyme en 2017, sera l’artiste féminine la plus diffusée au monde. Après Riri, voilà Lupa moins trash que sa consœur mais l’écrase quand même  avec son titre « New Rules » qui a fait chanter les Millennials du monde entier en 2017.

Cette donzelle, nommée dans cinq catégories aux BRIT Awards 2018, affiche au compteur seulement 23 ans et, avec ses plus d’un milliard de visionnages sur YouTube pour la vidéo de son single, elle est devenue la plus jeune artiste féminine à atteindre cette popularité sur internet qui est vertigineuse.

MAX MARA EN LIGNE DE CACHEMIRE

Mon cœur s’engouffre dans les montagnes russes du chic, là où le divin moqueur, qui chante usuellement à Paris, chante aujourd’hui à Berlin. Un Max qui, au cœur d’une boîte à bijoux, dépose ici quelques robes et tailleurs chinés pour l’éternité pour ces dames. Comment parler de la beauté de ces robes « violées » aux années 70 et, en parcourant la forêt de livres sur la mode que je possède, je descends jusqu’aux portes de l’indescriptible là où les poètes couture offrent l’équivalent de Rimbaud, où les archipels sidéraux de Vigny vous emportent dans un  voyage entre Baudelaire et Hugo, dans un poème particulier celui de la mode et du « freaks of nature » dans toute son œuvre.

Parmi ces frimousses si douces, brillent des divinités en cachemire si fluide. Elles brûlent les yeux, et je regarde chaque jambe céleste au couleur vermeil. Elle flambe comme une torche d’Hyménée.

Des messieurs, plein de respect, semblent venus d’Autriche pour voir ce spectacle avec leur manteau hongrois, et au visible mousseline transparente laissant deux petits mamelons pointés, une clameur vient du  fond des abîmes, semblant dire : j’aime. Un point c’est tout.

LE WANG GANG NY 2020

Avec le succès des manteaux de cuir et de ses pantalons, l’activité du département couture, son domaine réservé, voit chaque jour l’activité croître comme le big Wang. Ce Maître de l’aiguille s’appelle Alexander Wang. Très influencé par l’art de son pays, il a le sens de l’harmonie des couleurs absolus comme le noir qui le « Soulage ». C’est une des choses les plus difficiles et les plus nécessaires de la vie que d’apprendre à dédaigner celle-ci. Le dédain protège et écrase, c’est une cuirasse et une massue à la fois qui m’assomme au fur et à mesure des passages. L’âme humaine de journaliste de mode que je suis n’est pas un cuir qui se tanne avec les shows, mais une membrane sensible, vibrante et délicate, et après chaque choc, elle reste meurtrie, marquée et hantée à jamais par ces majorettes sans bâton.

Un « flicaillon » de la mode US ayant la « trente haine » juvénile, un blouson de cuir noir et une vieille capeline de la même couleur avec une tête de Chewbacca qui prône au Rockefeller Center comme une cathédrale avec sa cuirasse, forteresse, qui est à l’océan ce que Khéops est au désert ; l’idée d’une civilisation disparue depuis longtemps.

RESTREPO LA CITÉ DES COULEURS

Le sable se changeait en transparence et la couleur orangée du jus se confond entre le climat à la chaleur intense, les heures et les saisons se joignaient au cassis embaumant la bruyère et, les orangeraies étaient déjà couvertes de fruits dorés comme la cage en or d’Ophélie. Les muses attirées pas la fraîcheur de ce parfum bondissaient pour attirer dans leurs bras le Giacobello.

Mille insectes de feu, soudainement, naissaient dans l’air, ressemblant à des étoiles volantes. Des parfums inconnus enivraient tous nos sens, et, ébloui par ce brillant aspect, j’ai pensé qu’un miracle si beau ne pouvait être que l’ouvrage d’un prodige. Une splendeur, qui m’entoure, un trésor dont l’origine ne peut être que du Divin. Read more

LA PARSONS LOOSE

C’est la décadence des écoles de couture. Les hommes et les femmes sont devenus à force de l’habitude du peu, des iconoclastes. Ils difforment les jeunes esprits pour leur faire croire que la mode, c’est eux, alors que la mode, ce sont les autres. Ces « vêtementeux » confondent exception culturelle française et polichinelle en goguette pour carnaval. Voici l’histoire et la chronique des échecs de défilés médiocres qui apportent au fromage leur décadence et aussi l’inexorable décoration du sens non esthétique, de la mode Anglo-Boxon.

Le mieux aurait été de ne pas s’en vanter et de ne rien montrer, mais ils sont tellement sûrs de leur condition d’orgueilleux dévorés d’ambition, qu’ils claironnent à tout va « regarder comme nous créons le beau». Un « an pire » où tout va encore plus mal qu’ailleurs. Des élèves qui se prennent pour des « Saint-Laurent » alors que le seul « Saint-Laurent » que je vois ici, est le fleuve du même nom celui de la déconvenue et qui gèle chaque saison.

LA CÉLÉBRATION DU BUZZ

Faut-il remplir le rituel de l’extraordinaire pour être reconnu ? Faut-il se scarifier de toute part et se faire tatouer sur l’ensemble du corps des peintures tribales pour devenir intéressant ? Faut-il que je torture mon animal de compagnie favori pour faire le buzz sur Youtube ? Bienvenue dans le monde de l’Absurdie.

La quête de la notoriété est aujourd’hui une recherche vitale pour les nouvelles générations. Chaque personne est munie de son arme de communication, appelée Smartphone, qui n’est d’ailleurs pas du tout « smart », celui qui filme votre vie en direct et sans pudeur au détriment de notre vie privée. On trouve sur Facebook et Instagram des incontournables : les sextapes d’anonymes qui nous tartinent sur la toile de leurs ébats amoureux, en appelant ceux-ci le « Karma sutra » !

SULFURES POUR FRÉMIR DE PLAISIR

Les moins de vingt ans confondront certainement la luxure avec le sulfure mais qu’importe ! Il est comme un diamant brut qui avec un procédé de fabrication très ancien ces  baguettes de verre multicolores aux dessins complexes était déjà connue des Egyptiens sous la 18ème dynastie. Magie des arts du feu, celui qui désigne à la fois le bien et le mal, qui brille au paradis et brûle en enfer, cuisine pour notre plaisir, mais qui aussi peut déclencher l’Armageddon.

Autrefois réalisé sur des plaques de mosaïques qui furent plus tard enrichies de feuilles d’or pour les plus fortunés, Venise recueillit cet héritage et lui donna le nom  toujours utilisés : “Millefiori”(mille fleurs), voici une techniques qui trouvera son épanouissement à Murano puis passera de Venise en Bohème et de Bohème en Lorraine … More on click here

LES SENTINELLES DU PEUPLE FASHION

Existe-il encore des critiques de mode dans cette profession ? L’industrie du luxe et de la mode, qui cadre ses journalistes et ses influenceurs journaleux en les mettant sous perfusion d’argent, n’engendre que des courtisans et d’infatigables scribouilleurs qui vivent au crochet des marques. De faux talents métaphoriseurs de mots ampoulés, ne parlant jamais avec réflexion, des « Flop Fringant », pas vraiment dangereux, il est vrai, mais qui pensent que le mieux, c’est le bien d’autrui.

En tous cas, les marques se contentent de peu. Elles souhaitent faire appel à de bons valets, peu hostiles au banal et préfèrent cela à un « J’accuse » de Cola littéraire, louche et chef des odeurs qui pourraient lâcher une vérité lors d’un petit moment bien choisi.

LE PROTOCOLE UNE IDÉE

La bienséance ou le savoir-vivre, l’étiquette ou plus communément appelé, le protocole, tous ces mots qui disparaissent de la langue française et qui disparaissent tout court pour laisser place à un monde où personne ne respecte personne. Nous voilà au paroxysme de notre société où nous rencontrons de plus en plus de sociopathes avec carte de visite. Crapuleux en amour et incestueux en rêve faute de pouvoir l’être, orgueilleux et vaniteux et en plus ombrageux, et vantards, les voilà les hommes et les femmes d’aujourd’hui, et personne n’échappe à cette caricature même pas moi. A les fréquenter, ils finissent par déteindre sur vous.Pourtant l’étiquette gouverne et restreint la manière dont les gens inter-réagissent. Elle sert à exprimer le respect dû à autrui, en vertu des normes sociales. Par exemple, de saluer et remercier ses amis de manière appropriée, chaleureusement et respectueusement reste un geste simple et pourtant inexistant… READ MORE

TOUR D’IVOIRE DANS NUIT TÉNÉBREUSE

RiRi est sur le point d’être le prochain monogramme pour remplacer l’abréviation de Luxure et Volage « LV ». Le groupe du Seigneur des Arnault, qui passe sous silence le prénom de Rihanna, qui signifie « femme du prophète » en arabe – mais nulle n’est prophète dans son pays, – ne change pas, il s’adapte. Une petite tour d’ivoire dans la nuit la plus ténébreuse, la nouvelle maison Fenty basée à Paris, et, « égo centrée » sur Rihanna, sera une première pour le conglomérat de luxe, avec cette fois, une célébrité qui sera également la première femme noire à diriger une marque du groupe, faisant ainsi basculer les stars hollywoodiennes aux oubliettes pour les remplacer par des chanteuses de « RNB ».

UN METRO NOMMÉ DÉSIR

Je me souviens encore de l’odeur sèche des poussières métalliques du métropolitain. En ce temps là, il ne sentait ni la miction, ni l’huile de McDo. Je revois les paillettes de silex sur les marches des escaliers, brillantes comme des étoiles les jours de pluie. Je me remémore le poinçonneur à la mine triste assis sur sa drôle de petite boîte et rêvant à des contrées lointaines, il faisait un petit trou dans le billet et ses confettis se cachant sous sa veste finissaient au lilas dans son appartement. S’il m’avait donné sa poinçonneuse, j’aurais bien fait des petits trous dans les marches des escaliers pour voir ce qui se cachait derrière les étoiles les jours de pluie.

L’attente du train sur le quai était souvent raccourcie par une barre de chocolat convoitée dans cette boîte en argent qui me rappelait le coffre aux secrets de ma sœur ; un distributeur automate que je voyais comme un robot imaginant à l’intérieur un homme de petite taille distribuant les friandises seulement aux enfants sages… Enfin, arrivant dans un grand bruit, comme l’armée de Gengis Khan qui déferlerait de ce trou noir du bout du quai, comme un dragon tout flamme dehors de couleurs vertes et rouges,  avec à sa tête un conducteur impassible qui ressemblait avec son béret à mon voisin de pallier… Read more on