BALMAIN, LUNETTES NOIRES POUR NUIT NOIRE

« You Only Know My Name, Not My Story, » sur un T-shirt, comme le slogan de la collection, un gros B au sol et sur les poitrines une abréviation probable de bastringue, le vinyle en fête, style clubbing à la Hedi Sliman et style Black Panthères, c’était hier soir dans la Passy Fashion Week. La collection de l’enfant plagiaire de la Fashion a jeté son dévolu, cette saison, sur le plus noir des couturiers, celui qui a permis à Karl de perdre 40 kilos, j’ai nommé « Hedi Slim ». Mais, pour les Qataries, pas de problème, car ils n’y entendent rien à la mode. Le style sexy, qu’il propose, s’oppose au cérébral. Rousteing a réussi son coup : la mode ne parle que de lui mais, pour de mauvaises raisons. En tout cas, pas pour ses créations qui n’existent pas.

DIOR SUR UN TAPIS ROULANT

Un grand cube noir était dressé, pour l’occasion, sur le parvis du Trocadéro face à la Tour Eiffel. La plèbe se massait et patientait pour voir le dernier petit génie du Seigneur des Arnault, Kim Jones, qui présentait sa troisième collection. Parmi eux, certains fredonnaient en attendant patiemment « Me and Mrs Jones » de Billy Paul.

Plongé dans le noir, la lumière apparut peu à peu et dévoilait une collection qui défilait devant nous sur un tapis roulant avançant à 1 km/h comme la couture de Dior Homme, lente, très lente à se mettre en route. Alors que la «Musique» des Daft Punk faisait frémir les subwoofers, un premier coup d’œil qui se fait jour sur un costume gris doublé d’un gilet brodé à la main avec le motif hibou de Raymond Pettibon. Deux blogueuses de moche, excitées comme des puces, brandissaient leur Samsung pour Instagrammer l’instant en oubliant qu’elles étaient en train de se filmer ayant positionné leur téléphone à l’envers. Je me suis alors posé la question : est-ce qu’elle filme la collection de Dior ou est-ce qu’elle se filme à la collection de Dior ? Malheureusement, j’ai bien peur qu’elles étaient atteintes de cette maladie de notre temps : la Narcissitude.

VUITTON ROCKS MY WORLD

Une utopie nouvelle comme l’entrelacement d’une mode, aux contours idéales, qui correspond aux nouvelles valeurs de l’homme chez Vuitton, comme le faisait Rabelais avec l’Abbaye de Thélème.

Une couture imprégnée d’optimisme et d’humanisme, Virgil montre une société parfaite, celle où chacun est libre, mais suffisamment lié à autrui pour ne pas perdre de son humanité. Une page blanche pour Virgil ou l’Odyssée de l’homme Vuitton, qui montre l’importance de l’art dans une nouvelle vision, et comme Jules Verne ou Charles Fourier, il imagine des vêtements rationnels et géométriquement taillés pour le futur. Un New York Lower East Side reconstruit pour la circonstance et avec un hommage appuyé au Roi de la Pop, Michael Jackson. Certains mannequins marchaient sur des carreaux de lumières comme dans l’album « Billie Jean ».

Comme quand Sartre signait la préface d’une anthologie de « la nouvelle poésie nègre », il est l’Orphée noir de la couture, le Aimé Césaire d’une nouvelle image. Il entend remplacer la mode masculine par un « homme nouveau » dont on peut entrevoir ses valeurs, ses croyances et sa future culture.

UN CASQUE EN HIVER

De retour à Paris, l’architecte brutaliste – « fume c’est du Belge » – présente sa collection et, en bon Calvin de l’ouest Aaméricain, ce comptable architecte et, à l’occasion, dictateur artistique, reste la matérialisation biologique du designer de demain ; une savante mutation génétique de très peu de talent, un soupçon de rien, et beaucoup d’arrogance. Bienvenue dans le monde merveilleux de la Raf si monstre.

Comme La Fontaine, sa couture est affable, et sa mode recule car manquant d’examen couture. D’ailleurs, le seul examen qu’il a à son actif, ce sont ses analyses d’urine, qui représentent sa couture basique cystite.

Non seulement l’observation est superficielle et démodée. Sa cousure est commune et dépourvue de caractère, mais le « mètre » est descendu au fond de l’abîme, un chapeau Samshield sur la tête. Ma voisine, blogueuse de moche et jeune fossile, trouve la collection aussi terrible que l’ouragan Irma, là où il sévit plus rien ne repousse, il ne reste que des ruines ; un comble pour un architecte.

UN THÉ A SAMARCANDE

Une nuance de rouge, à peine perceptible, se jouait dans le blanc et cru de la matière, juste au bord de la tasse, avec une ligne plus foncée en un point comme la ligne de démarcation entre les deux Corée. C’est l’endroit où s’était posé ses lèvres au bord de l’insondable légèreté de l’être, un lapsang souchong à peine visible au fond de cette porcelaine de Limoges, ornée de ce rouge à lèvres tellement féminin qui faisait de cette image un tableau de Paul Cézanne.

A bien regarder, on pouvait remarquer une nuance de terre ocre, une subtilité fugitive mélange de ton incrusté dans les fines craquelures de cette antiquité qui sert de réceptacle à ce breuvage de l’empire du milieu.

INSTITUT FRANÇAIS DE LA GOMME

Comment faire de l’argent sans aucune compétence et en apprenant à pousser sur les leviers des institutions financières de l’Europe et de son propre pays pour pouvoir monter sa maison de couture, et ainsi devenir un producteur-designer sans talent et sous perfusion. Si vous ne le saviez pas ! Voila le géant vert, qui comme un serpent échangera contre émolument un décatissage plus qu’un apprentissage. En effet, celui-ci produira des créateurs pas inintelligents mais sans intelligence, car la mode est ainsi, les vrais artistes nous laissent des traces depuis la grotte Chauvet, et l’IFM laissera comme seul héritage que de mauvais créateurs. C’est pour cela qu’il est étonnant venant d’hommes de « Néant Têtard » de ne pas avoir compris que la mode ce sont les autres, et que turpitudes et compromissions n’y changeront rien.

VUITTON BOURDONNE

C’est dans un dîner Parisien où les indiscrétions se font légion au fur et à mesure que ces dames usent et abusent du vin servi, qu’une petite phrase glisse pour finir par se faire news : « Nous moutons « Rothschild » un showroom dans une rue du premier arrondissement, dans une ancienne boutique Darty, là où autrefois les Bobos du quartier venaient acheter leur blender pour agrumes en folie qui détoxiquent à volonté l’alcool enfourné à grand renfort de caviar, qui, à la louche, comme tout le monde le sait, est toujours bien meilleur. »

« Il est intelligent entre guillemets ! » me dit ma voisine proche du Seigneur des Arnault pensant que cette remarque resterait en catimini (ma voisine adore les voitures italiennes !) dans ce beau dîner de « Burons », le jour de l’Epiphanie, entourés de rois nazes qui roulent des méninges comme roulerait le vélo à moteur de Sarkozy autour de Longchamp pour impressionner Michel Hélicoptère.

MOZAMBIQUE FASHION WEEK

Pas moins d’une dizaine de marques panafricaines étaient présentes, comme les zimbabwéennes Laverange de Thobekile Angie Zondo et House of Stone de Danayi Chapfika-Madonbo, la kenyane ZarAzra de Azra Walji ou la sud-africaine Floyd Avenue. Comme le souligne Vasco Rocha, le fondateur de la MFW et directeur général de la branche locale de l’agence publicitaire DDB, « nous avons toujours eu l’idée de faire venir des stylistes d’autres pays limitrophes, comme d’Afrique du Sud, d’Angola ou du Kenya, mais aussi de plus loin, comme d’Italie, du Japon et du Portugal, afin de favoriser l’émulation créative ».

CHANEL LE ROUGE ET LE NOIR

Rouge pour le sang versé et noir pour la pollution de la planète. Bienvenue dans la monde merveilleux de la parfumerie. Le parfum de tous les parfums, présenté sous sa forme la plus rare. Un « Extrait », qui dit-on est l’expression de la Haute Parfumerie, sublimé par un flacon monumental, qui, le temps d’une édition imitée, se pare de la couleur favorite de Gabrielle Chanel : le rouge.

Le flacon, tout en cristal de chez Baccarat, taillé comme un diamant, est traité selon un savoir-faire unique : le rouge à l’or. Une technique incomparable obtenue par la fusion progressive du cristal clair et de la poudre d’or 24 carats à une température exacte de 540 degrés, nous dit le service marketing. Bien évidemment, vous aurez compris que ce rouge n’est certainement pas à l’or, compte-tenu du prix prohibitif de l’once. Beaucoup moins glamour, ce rouge obtenu au cadmium sélénium ou au cuivre fera largement l’affaire pour une cliente encéphalogramme plat.

LE LAC DES FRIPES DE CHANEL

Sur un air de Bel Canto, la maison Chanel vient de rompre son contrat avec l’Opéra de Paris. Deux millions d’euros pas an de Chanel, toujours à la « pointe », qui revoit sa position pour la restauration de Garnier, car les danseuses refusent, malgré les cadeaux généreux de la maison, de porter les vêtements de notre Kaiser préféré.

« Pas assez chic ma fille » disait-on dans les couloirs du Palais et, ici, c’est les petits rats qui quittent le navire, et demandent de choisir : les seules robes que veulent porter les ballerines sont celles de Franck Sorbier. Normal, car celles-ci, depuis bien longtemps, présentent ses collections et les douces aux jambes de fer ne veulent rien savoir : une Sorbier ou rien d’autre, car nous le valons bien. Il est vrai que nous ne sommes pas ici au claque (théâtre) traduction pour les béotiens.

LA MÂLE DEFFEENNE

Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être, car, à l’intérieur de cet écrin, tu peux tout savoir et apprendre sur les broderies et les plumassiers, avec le plaisir, de surcroît, de choisir un cadeau. Juste au coin de ma rue, une boutique comme un pas vers le ciel, comme une impression assez grande pour vous tenir affamé d’affection. Un outil à remplir sa hotte de Noël, dans un lieu qui vient calmer votre esprit, car son confort de découvrir et de chercher rend celle-ci toute particulière. Le secret de l’âme se révèle par la pointe de la plume, n’est-ce pas ?

Cela n’est pas le hub de Milan de la station de métro Cadorna Effeenne et, pourtant, le créateur est Italien. Je parle de cette petite échoppe 22 rue St Paul, l’antre de Nico Thibault Francioni & de François Mahé.  Parfois, il faut rêver les yeux ouverts pour oublier la réalité et se donner un moment de liberté. Alors, entrons dans leur rêve, sans vergogne et sans inhibition.

ENZYME QUI DÉVORERA LA PARFUMERIE

Voilà une nouvelle qui devrait réjouir les parfumeurs, grands consommateurs de plastique, qui financent beaucoup d’études pour leur recyclage. Et quand un  accident de laboratoire devient une enzyme mutante qui dévore le plastique, il faut peut-être entrevoir un monde meilleur ? C’est en étudiant la bactérie Ideonella sakaiensis, qui se nourrit exclusivement de polytéréphtalate d’éthylène, (bouchon de « Dior J’adore » par exemple), que des chercheurs américains et britanniques ont conçu par hasard une enzyme qui dévore ce plastique notamment celui utilisé pour fabriquer des bouteilles d’eau et de sodas les mêmes qui normalement restent dans la nature pour des centaines d’années et qui finissent par faire un continent de plastique.

UN PROCHE ORIENT-EXPRESS

Vendredi, LVMH annonçait l’achat de l’opérateur de voyages de luxe Belmond Ltd., propriétaire de l’Orient-Express, ainsi que des hôtels Copacabana Palace à Rio de Janeiro, pour un montant de 2,6 milliards de dollars.

Fondé, il y a plus de 40 ans, à la suite de l’acquisition de l’hôtel Cipriani à Venise, Belmond est présent dans 24 pays avec un portefeuille de 46 hôtels de luxe, de restaurants, de trains et de croisières fluviales. Ses revenus ont été de 572 millions de dollars. «Belmond offre des expériences uniques aux voyageurs avisés et possède plusieurs actifs exceptionnels dans les destinations les plus recherchées», a déclaré le Seigneur des Arnault.

AU SERVICE DE SA MAJESTÉ

L’ancien patron des espions Français a été de nouveau mis en examen, car l’ex-directeur des services, Bernard « Catimini », vient d’être mis en examen pour « abus de confiance ». Il est accusé d’avoir mobilisé les moyens de l’État fin 2008, en dehors de tout cadre judiciaire dans une affaire privée au profit du Seigneur, patron d’un groupe de luxe Français. Vraiment, on peut se demander dans quel monde Vuitton !

Un secret bien gardé par la presse Française qui a peur de la fureur du Seigneur et qui cultive le secret visiblement comme les Polichinelles.

ANAMORPHOSE DE PORCELAINE

Une collection de tasses qui revisite les anciennes techniques d’animation. Plus ou moins inspirées par la technique du phénakistiscope, un jouet optique inventé par Joseph Plateau en 1832 donnant l’illusion du mouvement attribué à la persistance rétinienne, une tasse en porcelaine qui utilise ce genre d’illusion.

Effectivement, au dix-neuvième siècle, le Bruxellois Joseph Plateau fait faire un pas décisif à la représentation animée, sur la base de ses recherches en optique. Stroboscopie, formation et déformation des images, colorimétrie et photométrie le passionnent. Il découvre la synthèse du mouvement et invente le Fantascope  ou Phénakistiscope  en 1834. Le peintre Jean-Baptiste Madou l’assiste et sera le premier dessinateur de bandes animées.

VIRGILE L’ILIADE ET LE TISSÉ

Virgil Abloh est d’abord un génie, mais un génie civil par son diplôme passé à l’Université du Wisconsin. Comme Raf Simons, il étudie aussi l’architecture à l’Illinois « Institute of Technology », sachant probablement que le Seigneur des Arnault aime les architectes. Mais, son éducation a commencé bien avant par sa culture Hip Hop qui va façonner les 10 ou 15 première années de sa vie d’homme.

Son approche consiste davantage à combiner ce type d’enseignement supérieur d’ingénierie a un domaine figuratif comme l’architecture. Un tiers de son éducation est de comprendre le monde de la culture d’abord, comme une boîte de pandore, j’ai choisi la mode parce que je croyais que c’était une industrie qui reliait toutes ces disciplines et certainement aussi par intuition. Le monde de la mode évolue et son industrie, à mon sens, a été prise au dépourvu en pensant que les tendances et les indicateurs existants n’avaient aucune variable d’ajustement.

FEMME DE MÉNAGE HAUTE COUTURE

Parfois, un créateur peut en cacher un autre ! C’est dans les ateliers d’une maison de couture là où, la nuit, certaines techniciennes de surface officient comme des ombres contre-appui de la lumière. Une d’entre elles, fascinée par la Haute Couture, vient inlassablement réaliser sa tâche pour un salaire de misère au milieu des robes des clientes les plus riches de la planète. Elle vient de sa banlieue lointaine pour atteindre le très chic quartier qui voit déambuler le jour les femmes les plus chics du monde.

Cette petite main du ménage, cette inconnue, est en admiration devant ces soies et ces tissus étalés sur les tables de travail. Sa passion, la couture, elle en rêve chaque nuit. Un soir, là où la nuit se fait plus profonde et plus noire que jamais, un rouleau d’organza laissé sur une table par erreur et quelques dessins du créateur de la maison, elle sentit monter en elle l’irrépressible envie de créer

GOOD GIRL FOR BAD GIRLS

Donner à une fille des chaussures à talent et elle pourra conquérir le monde. Voici l’inspiration de « GOOD GIRL » ! Le résultat d’un flacon en forme de stiletto Louboutin une association sur le fil du rasoir pour du parfum, surtout si la belle a les pieds aussi odorants qu’un cadavre de faisan à la deuxième semaine de maturation. Ironiquement baptisé « Good Girl » s’accompagne du message « It’s so good to be bad! »

Avec une tubéreuse de la fève du tonka grillée et un léger souffle floral de jasmin qui donnent des notes qui vous emportent dans le fin fond d’une poulaine, c’est pas le pied. Couples sado-maso, bienvenue dans la fragrance du panard que l’on peut lécher à foison sans jamais se lasser de l’odeur.

UNE LOGORRHÉE DE LOGOS

Le logo revient en force et les femmes panneaux publicitaires ambulantes qui arpentent l’avenue Montaigne, sont légions. La tendance est pour faire la « Nike » aux années 90. C’est le logo « oversized » ; « plus c’est gros, plus c’est bon » me dit la demi-nymphe de la télé réalisée, qui m’accompagne au show de St Lolo. Vous voyez tout de suite les attributs qu’elles portent, et, je vous le dis, pour cela, il faut des cuisses d’enfer, même Lucifer ne s’y serait pas laissé enflammé.

Autrefois, mon maillot de corps estampillé du cavalier de Polo « Ralph Lauren » ou  du crocodile « Lacoste » était discret, et même, la virgule de « Nike » ne faisait pas la nique à Adidas. Toutefois, ces nouveaux codes viennent du logo extra large, je vous le donne en mille, des ados.

HERMÈS MET LA MUSIQUE EN SOI

Public assuré de princesses italiennes et de leur masseur, des femmes n’ayant pas eu d’enfant car Hermès ne faisait pas de couches culottes, un nombre d’invités certain transportant pour la circonstance, quelques mallettes d’euros de leur mari. J’ai été invité à la présentation de presse suivi de son cocktail VIP organisée le 25 octobre à la galerie Nadja Brykina, ce qui prouve qu’Hermès invite vraiment n’importe qui !!!

J’ai mis mon Burberry de peur que les cons ne pleuvent sur cette soirée guindée de l’intelligentsia Zurichoise. Ce concept est inspiré du magasin Tower Records à NY City. Les écharpes de soie pour hommes sont là pour illustrer des pochettes de disques, j’aurai pu aussi dire une jaquette de disque.

HAUTE COUTURE PERDUE

A ces printemps perdus que avons avons tant aimés, nous sommes là où l’on sent la création quitter cette ville et cette impossible renaissance d’une passion qui ne ressuscitera jamais. A ces saisons perdues comme ce beau violon d’Antonio Stradivari aux éclisses abîmées que l’on ne pourra plus écouter. A ces vieilles pierres des rues piétonnes de Paname, patinées par l’usure des fiacres qui les faisaient chanter au petit matin. A ces robes de princesses perdues dans les limbes de l’industrialisation de la pensée.

Ma belle muse de Haute Couture, toi qui était la sentinelle de mes rêves de liberté, et qui me protégeait de l’enfer des coupeurs de songes, qui essayent de me posséder dans un abri, en oxydant mon soleil et mes rêves de sublime. Mon Lagon illimitable et silencieux où chatoie l’incommensurable, et où se reflète l’immortalité du passé dans l’obscurité profonde des galaxies lointaines. Ces mots rêveurs s’impriment sur cette page pour devenir le vagabond de ma tristesse et l’ivresse du temps qui est passé à jamais.

CITÉ DU VIN

Ouverte sur le monde, face à l’océan Atlantique, il attire car il est fascinant, c’est le phare de l’oenotourisme bordelais ou le totem de Bordeaux. La cité du Vin n’en finit plus de séduire les visiteurs, et en 2017 ils n’étaient pas moins de 450 000 à pousser la porte de cette architecture unique, qui dévoile toutes les richesses et la diversité viticole Française. C’est à Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, de l’agence parisienne XTU, qu’on a confié le dessin de ce cep noueux de la vigne.

RICK OF DARKNESS

Rick Owens, connu par ses fans sous le nom de « Lord of Darkness » – tout un programme – comme cet étrange défilé : l’univers d’un homme qui n’aime certainement pas les femmes. C’est l’homme adoubé par Anna Wintour, sa muse, qui ne vient même plus à son show, trop contente de l’avoir refilé aux Français de la Fashion Week de Paris. Le prêt-à-porter de Rick est celui qui n’est pas vendable en boutique, mais, nulle part ailleurs, peu importe, il y aura toujours une originale ou un expert branleur pour venir le faire vivre.

A cette vision, je meurs d’une mort lente et froide. J’attendais une mélodie me voilà en enfer, une couture aussi inutile qu’une chaude pisse dont on peut se débarrasser beaucoup plus facilement. Qu’il s’excuse auprès des vaches que l’on a dues tuer pour cette collection, élucubration que rien ne peut excuser d’homocider autant d’animaux.

CARAT MOI GEMME !

Le Carat est une unité qui mesure la masse pour la pesée des diamants avec la graine de caroubier et ses sœurs précieuses. Richemont mesurait déjà le temps qui bat dans l’ombre avec cette douceur, coup par coup, dans le boîtier de ma Baume & Mercier. Quand je suis arrivé rue Vieille-du-Temple, le lieu me sembla adéquat pour un diamant. Une éphémère boutique de Cartier m’ouvre la porte de sésame ainsi que celle de mon âme pour ré-écrire le conte des mille et une nuits. Je viens pour découvrir la dernière création de la marque et son flacon et c’est toujours avec une émotion non réprimée. Mon cœur battait selon les consonnes et les voyelles de ce nom, un « C » pour Cartier, un « A » pour Asmara et un « T » pour Tangara, le juste nom que connaissait mon Nez.

UNE TRUFFE DANS LE MARAIS

Pendant des siècles, la truffe a été bannie de toutes les tables, et interdite durant tout le Moyen-Age. Un champignon noir, sous-terrain naissant avec la foudre, cela suffira à la Sainte Inquisition pour l’interdire. La truffe était « aussi noire que l’âme d’un damné » ! C’est François 1er qui la réintroduit à la cour, elle sera présente à tous les repas, et retrouve ainsi ses titres de noblesse. Elle devient le diamant noir et un produit de luxe sous Louis XIV, la Montespan la considérant même comme un aphrodisiaque et en faisait consommer Louis XV lorsque celui-ci mollissait.

MAGIQUE RICHARD RENÉ

Comme le souffle magique d’un rêve mosaïque issu de l’imagination de Richard René, cette saison, il porte, en lui, ce souffle divin “le spiritus” allié à la poésie du geste couture, la magie des points de feston imbriqués dans un miracle de l’élégance, comme un passeur, « un homme aux mille mains », un magicien qui lègue aux générations futures le rêve chimérique de demain.

Il méduse l’assistance avec ses jeux de tissus. Passant maître dans l’art de la couture, il s’est fait enchanteur et nous raconte une histoire, nous récite des poèmes de la pointe de son aiguille. Depuis l’antiquité, le noir est étroitement lié à la mélancolie, mais il est le moyen le plus remarquable pour souligner un champ de blanc, et le noir ainsi contrasté mêle la magie des mots de Jean Cocteau : “poussière d’étoiles lumineuses sur les jeux de lumière qui suscite l’élan divin de l’âme”

FASHION NEURONES AU CHÔMAGE

Invectivant une voiture qui roule à tombeau ouvert dans une zone piétonne limitée à 10km/h, le conducteur du véhicule me lance : « C’est la Mode Monsieur ! » pensant ainsi se dédouaner d’enfreindre l’ensemble des lois de la République.

Bloquer une station du métro de Paris pour un défilé d’une créatrice de mode méconnue du grand public ! Les défilés deviennent toujours plus démesurés et pour attirer les bloggeuses de moche et les modeuses connasses de peste qui ne savent pas, pour la plupart, écrire leur nom. Deux semaines, en amont, vous pouvez croiser quelques grandes russes osseuses de 16 ans avec leur « coke » sous le bras, pour des défilés de mode qui ont pu faire rêver autrefois.

C’était le début de la Fashion Week de Paris où l’on croise pas mal d’actrices ou d’acteurs voulant se donner une touche « Glam ».

GIVENCHY LA NONNE DE PARIS

Comme elle est lente et langoureuse la complainte de Hubert, ce gentleman couturier, et de sa muse Audrey qui démantibule dans les rues de New York, au petit matin, comme un ange traversant l’Olympe. C’est un cadeau que l’on offre à ceux que l’on a blessé, à ceux qui nous ont fait pleurer car c’est un signe de sagesse, car cela demande beaucoup de courage, et c’est le plus beau cadeau que l’on puisse faire pour retrouver la paix intérieure.

Souvent bloqué, caché, dans l’attente de ceux que l’on juge digne. Mais, hélas ! Je considère que la plupart de ces couturiers n’en sont pas dignes de ce précieux si rare : détruire l’image d’un couple qui a construit mon imaginaire avec « Breakfast at Tiffany’s ». Il a germé dans mon cœur, au fur et à mesure que les modèles défilaient devant moi, un fruit amer qui ronge mes souvenirs comme le ferait le Rio Grande sur les rives Del Passo.

HERMES LE MIROIR AUX ALOUETTES

Il y a de la margelle dans cette collection, un « long champ » pour taquiner Monsieur Arnault. La créatrice, dont personne ne peut prononcer le nom, s’invite dans le cercle très fermé des couturiers parisiens, et au-delà de la maison Margiela et de sa ‘Phoebe’ du public, Nadège Vanhee-Cybulski prouve que le monde de la mode est porteur de valeurs culturelles. La créatrice est née dans le berceau des mouvements artistiques majeurs qui ont eu une influence importante sur l’art européen, l’art mosan, la peinture flamande de la Renaissance, la peinture baroque, les architectures romane, gothique qui sont des éléments majeurs de l’histoire de l’Art, et donc de son histoire.