ROLLAND SLAVE DE MONGOLIE

Nous arrivâmes sur le boulevard Haussmann, une artère faite d’immeubles parfaitement alignés qui se dressent comme un rempart, mais subitement tout change car à l’arrière de celui-ci, nous pénétrons dans les arcanes du pouvoir, sur la droite, la voyez-vous cette rampe remplie de pavés qui s’échappent de la rue avec tant de grâce ? C’était là où, autrefois, les carrosses arrivaient pour franchir cette porte discrète ornée de deux aigles de bronze, là où l’empereur aurait dû accueillir ses invités en toute discrétion. « De quel style est le nouvel opéra ? » demanda, en son temps, l’Impératrice Eugénie. L’architecte Charles Garnier lui répondit : « C’est du Napoléon III, Madame. »

Nous voici donc devant l’Opéra Garnier pour la présentation de Stéphane Rolland, et dans la brume du désert des Tartares à la limite de l’Oural, là où le désert de Gobie commence et où la frontière de la Chine est si proche, c’est sur un air de Jessye Norman, que le créateur à la barbe bien taillée et au cheveu de d’Artagnan charge l’histoire d’une collection Haute Couture, et, comme un signe, il sort de son sillage pour prendre son envol, l’amour de la couture transcende toutes les frontières, qu’elles soient géographiques, sociales ou politiques car il parle au cœur de chacun, et Rolland nous parle au cœur.

UN FICHIER JPG CORROMPU

Pour le recyclage, Jean-Paul s’y connaît ! Il a recyclé les idées des autres toute sa vie, et concernant les trompe-l’œil, déjà à l’époque, il avait plagié Vasarely, tellement magique. Devant des Bimbos incultent, il s’en attribue les dessins, mais au « Front Row » de ces donzelles qui va comprendre que c’est l’artiste de génie Victor Vasarely dont il s’agit ! Des trompe-l’œil sur la fourrure pour mieux la promouvoir, trompe-l’œil est le mot juste d’une collection qui trompe non seulement la vue mais également, les gogos archi friqués qui viennent pour le show.

Maudit soit le « Couseur », dont la preuve sortant de son aiguille, tenaille la mode sans rime malgré Minerve. De ses lourds Nogent, martelant le bon sens, il a fait de la couture une prose en douze pieds alors qu’il faudrait compter en « verres ».  J’ai assez de courage pour regarder au-dessous de moi, et cela me donne une mauvaise envie de décrire les modèles comme ils sont : des vêtements de « Couture être » affamés qui déforment le métier en fripier plagiaire et tartuffe achevé.

SORBIER CHEVALIER DES ARTS

Amis des balades en poésie, voici le jardin secret de Franck Sorbier … C’est la première note magique jouée sur la corde d’argent d’un cœur en été, la caresse des yeux de la Fashion Week toute entière, un message qui livre les secrets ineffables et exaltants de la semaine. Voici donc l’âme qui élève aux limites de l’être dans lesquels seul le fond peut paraître aux gens éclairés, et là où les humains de contrefaçon sont expédiés manu militari en terre Adeline pour y faire retraite.

Une lumière précieuse, comme une note magique d’un sac où les secrets de femmes foisonnent, dans un désordre organisé. Une princesse douce comme de l’Hermine de Clermont et du tonnerre de surcroît, au cœur avoué de caresses qui courbe de ses yeux une salle sous le charme de ses deux Braques de Weimar d’un gris sublime. Une rivière de danseuses, donnant l’émotion et dans l’orée parfumée de leur sourire radieux, touche les âmes et parle avec les yeux…

ZIAD, UN COUTURIER A SUIVRE

Ce jeune fils spirituel d’Elie Saab en mieux, voit sa couture définie en trois mots : féminine, élégante et gracieuse. La mousseline de soie et les broderies y sont légion. Ce libanais, qui découpait déjà des robes quand il était enfant, habillait soigneusement les poupées de sa petite soeur. Ziad, l’homme, qui aimait les femmes, a compris depuis longtemps que celles-ci étaient l’avenir de l’homme.

La maîtrise du couturier, à la fois dans sa technique et dans sa justesse, a donné, hier matin, au pavillon Cambon, non loin de la maison Chanel, toute la splendeur de l’Orient que même Coco n’avait pas saisi. Magie de l’Orient et mélange des parfums de miel et d’encens, j’aime les mots chantants et cette écriture calligraphique qui stigmatise à elle-seule tout un peuple. J’aimes les felouques et leur voile dressée comme des robes de Haute Couture et qui résume cette atmosphère si particulière des portes de l’Empire Ottoman. Quand Chateaubriand racontait son itinéraire de Paris à Jérusalem ou Lamartine son voyage en Orient, Delacroix peignait la fiancée D’Abydos.

NOMADE ALLEEM YUSUF

Aventure de son enfance parmi les dorures luxuriantes et pourpres des bazars de son Pakistan natal, des plumes d’autruche en guise de Jasminum, des cristaux de Swarovski pour les symboles de son pays, et une crête d’étoiles au-dessus d’un bouclier emblème de son drapeau. Pour cet australien d’adoption, ses valeurs restent le Pakistan et son slogan : « unité, foi et discipline ». Celui-ci s’est retourné sur ses maîtres de la Haute Couture, et, tout d’abord, sur celui de Granville.

De fait, si ce dernier semble se confronter plus volontiers aux œuvres de la mode d’antan, il paraît néanmoins subsister chez lui un sentiment profondément ambivalent à son égard. Représentation propre à une époque et à un milieu social donné, mais la Haute Couture demeure, dans le même temps, très largement son référentiel, et en y introduisant une goutte de modernité, il passe un chemin qui, comme à Compostelle, lui donnera la voie vers la sagesse couture assurément.

JOSSE LA FEMME DES SABLES

En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable après cette chaleur si intense et nous nous sommes rendus à l’hôtel le Marois, plus connu sous le nom France Amérique. En 1863, le comte Le Marois, fils du général du même nom, aide de camp de Napoléon Ier, fait construire cet hôtel particulier par l’architecte Henri Parent à l’emplacement, dit-on, d’une maison habitée par la courtisane Marie Duplessis, modèle de La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas. Sous ces pierres, le parfum de la beauté y rode encore.

Et pour les nymphes éclairantes et chaudes de Christophe Josse, le lieu s’y prêtait parfaitement, avec leurs robes nacrées, comme le sable beige et l’azur des déserts, comme la houle des mers qui se développe avec indifférence. Voici une robe de berger en mohair, ornée de minéraux brillants et symboliques de l’ange qui se mêle aux femmes du nord et à celles du sud dans un délicieux canevas de soie.

MILLENNIALS UN MONDE D’INCOMPRÉHENSION

La génération du millénaire reste pour le luxe un monde d’incompréhension. Cette génération différente de la Y où deux sur dix âgés de 18 à 30 ans ne possèdent pas de carte de crédit mais seulement des cartes de débit. C’est important parce que les Millennials dépensent leur argent différemment et d’ici 2025, ils détiendront la moitié de tous les revenus disponibles de la population active dans le monde entier. C’est fascinant de voir à quel point la génération du millénaire résonne, une génération qui échappe aux catégories préétablies, et les marques de produits de beauté entretiennent des liens très profonds avec ces nouveaux consommateurs, ils les comprennent plus que les autres secteurs d’activité, et il faut noter que la montée en puissance de nouvelles marques au cours des dernières années a renversé le commerce de détail.

Beaucoup d’autres industries de la vente de détail se tournent vers la beauté pour apprendre à gérer ces nouvelles populations. Soixante-seize pour cent ont déclaré découvrir de nouvelles marques et produits de beauté sur les médias sociaux, tandis qu’en quatrième position la recommandation venait d’un ami, un phénomène de bouche à oreille viral qui s’impose. Dans le même temps, 72% achètent des produits directement à partir des plateformes des médias sociaux…

JACQUEMUS PORTE DES LAVANDIÈRES

À une heure de route au nord d’Aix-en-Provence, au milieu des champs de lavande dans le magnifique paysage des Alpilles c’était comme une invitation dans un tableau de Bonnard, une invitation, qui se présentait sous la forme d’une petite bouteille d’écran solaire avec ces mots «Le coup de soleil» ou «The Sunstroke» ; une perspective qui s’est avérée exacte devant la vague de chaleur et quand, au soleil, qui nous tournait le dos nous mettant ainsi face à son ombre.

Les tiges parme s’étendent, s’étirent, ondulent et recouvrent le champ d’un mauve velouté. Elles émerveillent les yeux et colorent les âmes, là où dansent les abeilles dans un nuage bourdonnant. La lavande, doucement, flotte dans l’air.

Un show qui débute par un tailleur-pantalon blanc sur-dimensionné recouvert d’une robe en dentelle couleur pêche. Des motifs imprimés, brodés ou dessinés au laser sur de grandes chemises à manches courtes portées par des dròlla et des dròlle en langue occitane.

KARL AU GRAND PALAIS

Pas un jour ne commence ni n’expire de la Fashion Week sans penser au Catogan. Celui qui paraissait arrogant, et, dont peu à peu, l’ombre en fuite furtive ondule et tressaille au Grand Palais pour un voyage dans nos pensées. Dans ces ondes inexprimables, l’émoi de Karl et du grand Jacques flotte encore dans les coursives de la Mode. Ses cheveux blancs noués en catogan s’irisent en cascade sensuelle, et avec une langueur spirituelle qui ne cesse de nous hanter.

Une transe contemplative sous la coupole pour qu’un souvenir ébranle nos cœurs et finisse par ne plus m’inspirer. Aujourd’hui même, je vois vos modèles sous les traits de créatures ailées, et d’un sommeil qui sera centenaire, pour finir par être un tout en « Karl Mont ».

VERSACE DONATELLA SKAÏ

Léopard et cuir, le brillant ou l’éclat des modèles luisant et scintillant du skaï comme des balises sur une route sombre. Audacieux et criard, le spectacle est une vision tout à fait fidèle aux racines de la marque. Costume deux tons comme les hommes d’aujourd’hui et des imperméables prémices au changement climatique moitié léopard pour se confondre dans la jungle urbaine et moitié Vanilla skaï pour affronter les pluies diluviennes : hommage certainement à la ville de Miami où la plus acide des toxines botuliques de la mode renoue avec les classiques de la maison.

Couleurs flashy et coupes excentriques, c’est à peu près ce qui peut résumer le style, car la mode aime toujours puiser l’inspiration dans sa propre histoire et en replongeant dans les années 90, Donatella veut penser le changement à défaut de changer le pansement. Il n’y avait rien de subtil pourtant dans cette collection, qu’il s’agisse de la signature de Gianni Versace imprimée sur des cravates et les logos géants sur des tee-shirts très colorés que le cygne nous en fit un.

UN FILTRE A INTELLIGENCE

« Welcome to Les Bains », annonce-t-il sur leur site internet. Malheureusement, vous n’êtes pas les bienvenus dans l’antre de Proust et de Manet !!! Nous avions un peu d’avance sur notre soirée, il était 19h45 juste le temps de prendre une coupe de champagne aux Bains tout proche. Etablissement que nous avons fréquenté jeune du temps de David et de sa femme. Mais là, nous avons appris que pour boire une coupe de champagne au bar, il fallait réserver ! Probable parce-que dans le doute « Absinthe-toi » ! Oui, vous avez bien lu : une réservation pour prendre un verre au bar !

Pour nous, ce fut la douche écossaise et aux Bains, en plus, un comble ! Essayant de négocier avec ce « maître râleur » avec des neurones au chômage technique.

100 MILLIARDS D’EUROS POUR CHANEL

Les perspectives d’acquisition continuent de tourbillonner autour de Chanel, motivées par une rumeur persistante entre les dirigeants du Cheval Blanc . Chanel ne vaudrait que 50 milliards d’euros, mais serait plus près de 100 milliards d’euros, et à ce prix un seul groupe financier peut faire une offre au « Frères Champs de course ». Dans le groupe du Seigneur, le chiffre de 50 milliards d’euros flotte depuis un an, et certains pensent qu’il pourrait tourner autour de 100 milliards d’euros.

Le célèbre groupe de luxe privé, détenu par les très discrets frères Wertheimer, a alimenté la spéculation l’année dernière en publiant pour la première fois des chiffres financiers. « Nous réaffirmons fermement que Chanel n’est pas à vendre et nous n’avons aucun autre commentaire à propos de ces rumeurs non fondées », avait déclaré Chanel. Mais chacun sait que la somme colossale n’a pas pu être inventée et qu’il existe des négociations en interne pour une opération secrète.

GIVENCHY LE STREET VERGE

Clare Waight Keller visite la rue pour trouver sa collection pour Givenchy. Malheureusement, son univers de la rue se borne à l’avenue Montaigne ou à Oxford Street. Voulant canaliser le monde des citadins au cours de leur trajet quotidien, qu’elle perçoit comme une limousine avec chauffeur, bien sûr un « Hubert » mais de Givenchy. Cette anglaise, en faisant zig zag avec le Brexit qui traîne dans l’air, nous présente une collection supermarché, un magasin « Inno Vation »  qui se découvre de l’arrière.

Elle est éblouie par sa couture à en perdre un peu la tête, comme tous les nigauds qui courent le jupon et oublient la prudence, une britannique de l’an pire, pour cet aimable Hubert de Givenchy qui grand dieu doit se retourner dans sa ronde !

Le mélange qu’elle nomme « Streetwise » ressemble donc à des vestes en jean déchirées, à un blouson d’aviateur en peau de pêche qui semble être un symbole d’élégance à la française qui n’a plus cours. En inclinant son aiguille vers une tendance bourgeoise, elle disperse des rangées de boutons en or sur toutes les vestes comme une piste d’amarsissage.

GUCCI CRUISE 2020 ALLÉLUIA

À seulement trois kilomètres de la Cité du Vatican, un sacerdoce d’abord et un message ensuite, nous sommes mardi devant un public en contrition, dans un espace lourd de symbole, le hall du musée du Capitole de Rome. Des statues romaines en marbre et leurs dieux présidaient là où une robe blanche brodée d’un utérus à paillettes suscitait une frénésie médiatique. C’est la collection contre les anti-avortements et un accouchement difficile. La croisière de Gucci pour 2020 par le designer Alessandro Michele, qui a choisi de faire entendre sa voix au moyen de son arme la plus puissante : son aiguille et son fil et sa Bible bien sûr.

En période de très grande controverse en Italie actuellement, le Vicaire de la Fashion a réussi à faire entendre la voix de la profession au-delà du Tibre. Alors que le designer âgé de 47 ans mettait la touche finale à sa collection avant-gardiste, le pape François exprimait son opinion, et selon le New York Times, celui-ci aurait déclaré que l’avortement, même d’un fœtus malade, équivaut à embaucher un «tueur à gages». Mafia oblige !!!

Hommage à son éducation romaine, Michele drape des mannequins de voiles flottants qui rappellent les Vestales virginales, qui, à l’époque romaine, faisaient vœux de célibat pour honorer la déesse Vesta. L’ambiance est toute religieuse et c’est bien normal !

LADY TURQUOISE

Voici la grâce qui remplit une jeune fille de 16 ans qui cherche dans la capitale de la mode une robe de soirée désespérément. En se promenant dans les rues de Paname, arrivant de cette île continent si lointaine, l’Australie, la jeune fille invitée à la dernière du spectacle de « RuPaul », fameuse drag queen américaine, son modèle, se promène rue St Paul et rentre dans une boutique, douce comme un bijou, un cabinet de curiosités, un cocon qui l’attire irrémédiablement, pour rencontrer Nico, Designer de son état, le maître des lieux.

De sa petite voix douce, la jeune fille, qui est comme Desdémone, lui raconte son histoire. Pour une soirée, je cherche une robe avec un corset. Nico ne manquant pas de ressources, puisqu’il confectionne les robes lui-même, lui propose de l’habiller de pied en cap pour sa soirée (car au XIIIe siècle, le mot, issu du latin caput, signifiait tête ) Read more on

LIBRE COMME L’ART

Un univers dont les créations rayonnent dans l’âme, et qui honorent la modernité. Il fait tournoyer le futur de la mode, et son cœur de poète est un porte-voix visionnaire qui est la sentinelle des collines verdoyantes au-delà du banal. Comment ne pas envier une existence placée sous le signe de la création, l’alliance de l’accessoire et de la vêture, comme une religion ? Un Cauchois gaulois très loin d’être gauche et ancien élève de la Chambre Syndicale, mais du temps de Madame Sora. C’est vous dire pourquoi il est bon. Les connaisseurs apprécieront.

Un projet d’accessoires pour donner au monde un peu de poésie sur nos têtes et dans notre cœur afin de sortir de cette léthargie qui nous entoure et de ce monde ampoulé préoccupé à se regarder le nombril. Ce poète des temps modernes baigne dans la  lumière vive du sublime. Certains parleront d’un saltimbanque ou d’une bête hybride, mais cette bête est semblable aux demi-dieux d’Egypte. Je suis émerveillé, et ma plume en décrit les contours. Un article lyrique pour célébrer l’énorme flamme d’un créateur de l’envie et de l’émotion…

SULFURES POUR FRÉMIR DE PLAISIR

Les moins de vingt ans confondront certainement la luxure avec le sulfure mais qu’importe ! Il est comme un diamant brut qui avec un procédé de fabrication très ancien ces  baguettes de verre multicolores aux dessins complexes était déjà connue des Egyptiens sous la 18ème dynastie. Magie des arts du feu, celui qui désigne à la fois le bien et le mal, qui brille au paradis et brûle en enfer, cuisine pour notre plaisir, mais qui aussi peut déclencher l’Armageddon.

Autrefois réalisé sur des plaques de mosaïques qui furent plus tard enrichies de feuilles d’or pour les plus fortunés, Venise recueillit cet héritage et lui donna le nom  toujours utilisés : “Millefiori”(mille fleurs), voici une techniques qui trouvera son épanouissement à Murano puis passera de Venise en Bohème et de Bohème en Lorraine … More on click here

LES SENTINELLES DU PEUPLE FASHION

Existe-il encore des critiques de mode dans cette profession ? L’industrie du luxe et de la mode, qui cadre ses journalistes et ses influenceurs journaleux en les mettant sous perfusion d’argent, n’engendre que des courtisans et d’infatigables scribouilleurs qui vivent au crochet des marques. De faux talents métaphoriseurs de mots ampoulés, ne parlant jamais avec réflexion, des « Flop Fringant », pas vraiment dangereux, il est vrai, mais qui pensent que le mieux, c’est le bien d’autrui.

En tous cas, les marques se contentent de peu. Elles souhaitent faire appel à de bons valets, peu hostiles au banal et préfèrent cela à un « J’accuse » de Cola littéraire, louche et chef des odeurs qui pourraient lâcher une vérité lors d’un petit moment bien choisi.

GUCCI ROUGIT BRILLE ET TRAHIT

C’est la nouvelle campagne publicitaire de Gucci : un rouge à lèvres qui transforme la femme de docteur Jekyll en Mr. Vamp. A l’instar de la momie de Toutankhamon, qui a regroupé les archéologues du monde entier, il existe un vampire qui décime les couturiers et j’ai le regret de vous avouer qu’il s’agit d’Alessandro Michele. On pourra ainsi l’appeler mon « Saigneur » mais, il est vrai que les cimetières sont éclairés au néant. Un ampire pour vous installer, un mauvais goût sur la bouche, et nous nous ferons du mauvais sang pour la marque Gucci. Les services marketing des « Homoglobines » ont dû suer « sang et eau » pour désacraliser la beauté, et nous pouvons dire qu’ils ont certainement cela dans le sang.

AURORA ÉTONNEMENT VÔTRE

Voici l’inspiration murmurante sous l’écume des mots, un corps criblé ce matin de ma nuit de sèves, mémoire des sentiers de son aurore dont j’ai cassé le miroir du poème et fracturé l’image du vent hurlant aux brèches de l’étonnement. Rien ne me sauvera désormais de l’étonnement âpre d’un parfum de Honk kong si surprenant. Quel serait l’idéal pour décrire le bonheur ou l’élégance ? Frais et légèrement fruité, avec de subtiles agrumes flottant doucement en tête, des notes, qui touchent comme si sur le piano on frappe sur les blanches seulement, sont magnifiquement embrassées dans la douceur du lotus. Ce parfum ressemble à une robe soyeusement légère qui glisse gracieusement à l’opéra de Vienne, délicate et  presque fragile, et pourtant tellement équilibrée.

DOCTEUR MAOUSSE

Un institut de beauté, que tout le monde connaît mais dont personne n’a l’adresse. Discret mais pas secret, ils sont les nouveaux gourous de la beauté et de la santé qui en toute illégalité pratique la médecine n’ayant pour seul bagage qu’un voyage à Katmandou.

Ceux-ci se livrent à toutes les expériences, et parfois, la crédulité des femmes me consterne ! Elles sont prêtes à avaler n’importe quoi pour retrouver leur splendeur passée. Électrodes sur la vulve, celle-ci s’exclame « Oh my gode » et, après avoir subi cette électro-stimulation, les électrodes humides, par la chaleur du corps malmené, sues à grosses gouttes, elle s’esclaffe : « vous êtes le seul mec qui me fait mouiller de la sorte ».

NODALETO CONTRE-PIED

Fallait-il discriminer les enfants d’un discriminant ? Le même, qui une fois votre père décédé, n’a même pas eu la courtoisie de répondre à votre courrier écrit avec soin de votre plume sergent major. Usuellement, je n’agresse pas les gens par un texte d’humain de contrefaçon, et les petites vengeances qui sont légion dans ce monde de la mode ne me concernent pas et ne viennent jamais entacher ma plume.

Alors, Madame Julia Toledano, fille de Monsieur Sydney Toledano, vous vous lancez dans le domaine de la chaussure de luxe ! Comme quoi, même avec un diplôme d’avocat, on peut choisir de devenir une créatrice d’accessoires, mais le seul rapport, que j’y vois, serait une mise à pied ou mieux un marchepied ou encore un « gay pied » peut-être.

VUITTON SENTEUR ET SANS REPROCHE

Voici l’Ascension de l’Annapurna du parfum ou l’art d’accommoder l’Everest. Le trio de Louis Vuitton qui arrive près de trois ans après sa plongée dans le monde merveilleux de la fleur artificielle, collaborant avec l’artiste Alex Israel basé à Los Angeles, celui-ci pour contenir ce jus « chimirique », crée non pas un flacon mais une bouteille ! Et c’est avec le Maître Jacques Cavallier, qui ne monte pas à cru mais à jus, qu’ils ont voulu stigmatiser la cité des anges dans un parfum pour un voyage avec « bagasse », voulant mettre le soleil de la Californie en flacon.

Voici une Eau de Cologne qui serait de Californie, ou plus on la hume et plus on ne peut la sentir. Dans des bouteilles qui, autrefois, servaient à la pharmacologie, Vuitton voulant probablement soigner notre dépression de ne pas pouvoir l’acheter. Vert pour le Cactus que l’on appelle aussi le gratte-cul, et jaune pour les traces que laissent les incontinents sur les trottoirs des bimbos de la Fashion Week, et le bleu enfin qui, d’après le créateur, doit donner de la vitamine, car si tu vas bien, tu « vuittonmines ».

COBSON FOREVER

Superbe et triomphante, elle vint un jour en grand apparat avec des airs d’Infante dans un flot de velours nacarat. Ses grosses perles de Venise qui roulaient comme des gouttes d’eau au bord de ses lobes, sa peau d’un grain laiteux de frais satin tranchait avec ses paupières battant des ailes sur ses globes d’argent brunis. Une nacre de l’infini qui lui donnait ce charme de pudeur. Voilà que doucement on la pose sur son lit, ce tombeau blanc et doux, pour que subitement la nuit tombe sur ce souvenir si exaltant.

Au revoir, petite sœur. Toi, qui aimait la vie à en mourir, voici que ton désir de l’Inconnu va être satisfait. Doucement, tu visiteras le jardin des anges et parmi les bois et les parfums, tu emportes, dans ton sommeil, la douceur suspendue d’une fleur par l’été qui tord le cou à l’ouragan.

ATELIER BOIVIN L’EFFET PAPILLON

Nourri par la soie, sur l’aile du zéphyr pour orner le cou des dandys parisiens, et s’envoler comme un souffle sous les voûtes éternelles de nos Dames de Paris, voici le papillon qui, avec son destin enchanté, retrouve enfin le ciel du chic et de la volupté. Une cravate bien nouée, disait Oscar Wilde, est le premier pas sérieux dans la vie. Cependant, quelle ironie quand vous savez que la cravate a été inventée par une femme.

Les générations, d’aujourd’hui, que l’on dit maudites, viennent de redécouvrir les vertus de cet accessoire qui faisait de l’homme du 17ème siècle le plus chic de tous les temps. Ainsi, Louise, Duchesse de La Vallière et maîtresse de Louis XIV, portait, au temps de sa splendeur, une cravate à large nœud flottant celui-là même qui revient en odeur de sainteté. L’idylle de cette Duchesse, relaté en détail par Alexandre Dumas, fera d’elle la mondaine la plus emblématique de France.

LE TANK DE CARTIER

Un carré dans un rectangle, c’est la Tank par Louis Cartier, une chenille d’un char, comme un souvenir de la boucherie de 14/18. Une guerre qui a marqué toute cette génération et est restée à jamais dans leur tête. La Tank gardera toujours une forme inspirée de ce boîtier initial, géométrique, anglée, épurée avec des chiffres romains. Dans les années 20, l’influence asiatique et le goût pour l’exotisme marquèrent si fortement que les créations joaillières se retrouvent dans la Tank chinoise, dont le boîtier est architecturé comme le portique d’un temple chinois.

Puis, une nouvelle Tank naît, la même année, dans une vision plus fluide, la Tank Louis Cartier, plus rectangulaire, aux attaches adoucies. Un rectangle qui ne cessera de s’étirer accompagné d’une innovation majeure, le boîtier réversible. La Tank basculante apparaît en 1932.

DANS LES VAPEURS DE MARIE-JEANNE

La drogue de l’horloger, c’est le bonbon tic-tac, et pourtant, quand vous voyagez dans Paname, vous pouvez admettre que les vapeurs de Marijuana sont légion et vous entourent à chaque coin de rue. De la collection Vuitton homme à la collection de Virgil Abloh, « un poète », vous pouvez sentir les vapeurs de ce THC qui encombrent vos narines sans jamais vous faire rêver.Voici les cousins consanguins de Donald Trump, des attrapeurs de rêves qui n’attrapent rien, que seulement le sentiment d’être en haut de la montage, là où Paul-Emile Victor découvrait le Groenland, le point zéro.

LVMH RACHETE CHANEL

C’est la nouvelle de la semaine. Le groupe LVMH rachète la maison Chanel avec Coco Pharrell en prime. Un package de plusieurs milliards de dollars. La maison devenue le plus grand pourvoyeur d’Afro-Américains issus du rape et du vêtement chichon ne ménage pas son satisfecit. C’est le plus grand chambardement pour la maison de Coco. Les bouteilles de Perrier vont sauter, enfin, diraient certaines, il était temps.

On va pouvoir buller mais cette fois-ci elles seront de champagne.La maison prépare le grand remaniement et la Dame du Châtelet commence déjà à regarder les Cocos de Neuilly contre les Bobos du Marais.

LA CHARENTE ZEN

De la Charente, nous connaissons son pinot, son fleuve, ses plaines à perte de vue et les vraies Charentaises, mais, c’est bien ici, quoi qu’en disent les « Parigogos », qu’on connaît le vrai nom du pain au chocolat, la chocolatine. Ainsi la « charentaise de Charente-Périgord » obtient ses lettres de noblesse, une « indication géographique » si convoitée, un label délivré par l’INPI, devenant ainsi le huitième produit à en bénéficier.

Cette pantoufle, qui est apparue au XVIIème siècle, a une histoire directement liée à celle du sabot, car, dans les campagnes, autrefois, pour rendre cette « poulaine » du jurassique plus confortable, les cordonniers-savetiers enfournaient les rebuts de feutres utilisés pour les pèlerines fabriquées pour la Marine Royale et cela à la suite de la fortification de la ville de Rochefort par Colbert en « 1666 ». 666 – Que Diable !!!