BOBBY LA POINTE DU CHIEN

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La première fois, que j’ai entendu parlé de Bobby le chien, c’est en visitant le cimetière Greyfriars avec ma copine de l’époque, Claudine, bimbo de son état et grande suceuse d’idées devant l’éternel. Dans la ville d’Edimbourg, je regardais toujours intéressé cette contravention sous film plastique qui avait suscité pendant 24 heures beaucoup d’interrogation, mais après les six jours de pluie qui s’en suivirent, je compris enfin sa signification. Au détour d’une allée, je discutai avec un vieux monsieur, qui nous emmena alors sur la tombe de John Gray, le maître de Bobby. John Gray était un paysan venu à Edimbourg pour occuper un poste de policier. Il faisait partie des équipes de nuit et devait être accompagné d’un chien. C’est ainsi qu’il fit l’acquisition de Bobby, un gentil Skye terrier. Ils font la paire et tout le monde les connaît dans la ville. Après plusieurs années de travail en équipe, John Gray meurt et est enterré au cimetière du quartier.

La légende dit que Bobby marchait en tête du cortège le jour de l’enterrement et passa sa journée à veiller la tombe de son maître, n’acceptant pas d’être adopté ou d’être chassé. Au bout de 14 ans, le petit chien mourut à son tour et on lui érigea une petite statue à l’entrée du cimetière pour sa pugnacité. Aujourd’hui, il est impossible de passer à côté de son histoire. Tous les guides en parlent et l’histoire est racontée dès l’entrée du cimetière. Et comme les voies du tourisme sont impénétrables, une sorte de tradition s’est instaurée d’elle-même : les visiteurs frottent le nez de Bobby, il parait que cela porte chance, comme le pied de la statue de St Antoine de Padou pour retrouver un objet perdu. Cela abîme malheureusement la statue et l’usure se fait sentir chaque année. Et pour finir, un petit clin d’oeil, Walt Disney a sorti un film, en 1961, à la gloire de Bobby. Moralité de l’histoire : « on n’est jamais aussi peu trahi que par les chiens. » Leur vie est trop courte, et c’est vraiment leur seul défaut.

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