BIN-BIN CONTRE GRAND CRU

Un serveur d’un restaurant, situé à Manchester, a commis une belle erreur en servant à un client une bouteille de vin d’une valeur de 4.500 livres (environ 5.000 euros) contre une commande d’un vin à 90€. C’est uniquement lorsque l’un des managers présent ce soir-là s’est écrié : ‘Oh, ce client boit une sacrée bouteille’ que le personnel a compris la bévue. Les clients, visiblement grisés par la qualité du breuvage, ont voulu, par la suite, commander une seconde bouteille, mais c’est avec un tact tout britannique que le directeur leur a suggéré d’en commander plutôt une autre, prenant soin de ne pas leur dire ce qui s’était passé.

Voilà la plus non surprenante des informations que l’on peut liker de cette missive, car, en effet, c’est à l’image de la jeune fille qui au seul nom de Rimbaud s’était esclaffée : « oui le meilleur rôle de Sylvester Stallone ». La culture est en berne et les humains de contrefaçon sont légion, des incultes sectaires qui se prennent pour des cadors alors qu’ils ne savent même pas faire une phrase sans faute de français…

AUGUSTE THE RUSH

C’est la mode des crêperies et elles foisonnent dans Paris. La bobocitude parisienne, qui passe ses vacances entre Cancale et Dinard, redécouvre les crêpes de leur enfance. Voilà « Chez Auguste », pas celui né à Rome le « Gaius Octavius Thurinus », mais celui qui est breton comme sa galette de sarrazin ; les voyages forment la jeunesse.

Nous sommes au  86 de la rue St-Martin à côté de St-Merry et, si avant de rentrer au restaurant, vous deviez visitez l’église, levez les yeux sur la clé de voûte du portail principal. Là où habituellement on trouve le Christ ou la Vierge, vous découvrirez une étrange et monstrueuse sculpture : une barbe et des seins, une tête avec des cornes et des ailes dans le dos : serait-ce la personnification du diable ou un signe alchimique ? Il n’y a rien d’étonnant car c’est dans ce quartier où vécurent les templiers et leurs secrets de richesse, mais surtout, un peu plus tard, Nicolas Flamel qui, selon la légende, aurait transformé le plomb en or avec Dame Pernelle qui était Bretonne…

UN MOMENT D’OPTIMISME

Il y a parfois des sources inépuisables de joie intérieure qui peuvent passer devant vous et qui rendent votre cœur joyeux et débordant d’optimisme. Toujours en recherche d’idées, je m’évertue à décrire cette société dans laquelle nous vivons et, pour cela, je m’étais installé face à la conciergerie en quête d’idées, sur un transat que la mairie met à ma disposition pour mes longues après-midi de réflexion et de flânerie, pour mon slam de Paris !

Je constate que par terre autour de ce transat foisonne une multiplicité de mégots laissés là par des humains ayant les neurones au chômage technique. Personnellement, je ne fume plus depuis le 1er janvier 2000, cadeau que j’avais fait, en son temps à ma femme, comme signe de mon amour éternel qui n’a pas duré.

Deux jeunes filles armées de bouteilles en plastique s’approchèrent doucement de moi en faisant des petits bons et ramassant au passage tous les détritus et mégots qui jonchaient les pavés du roi. Elles échangent à haute voix pour que j’entende : « Les gens sont terribles. Ils laissent leurs mégots partout en me regardant avec un œil réprobateur ». Sortant de ma rêverie, je leur interjette que ce n’est pas moi car j’ai arrêté de fumer il y a bientôt 20 années. Étonnées ! L’une d’elles me dit : « Alors là, cher Monsieur, pour nous : vous êtes le Phénix des hôtes de ces quais » citant Jean de La Fontaine…

ELIE SAAD CHINOISE-MENT VÔTRE

Au sens strict, on entend par chinoiseries un style européen de décoration dont l’origine s’inscrit dans une problématique d’échanges artistiques entre des civilisations très éloignées et fondamentalement différentes dans leur perception du monde. Le terme, lui-même, est apparu dans la langue française vers 1845, avec une connotation nettement péjorative qui a longtemps perturbé.

La perception même de la Chine s’était inscrite autrefois dans une fausse image de l’Asie, résultant probablement de la méconnaissance qu’on avait de cette région du monde et longtemps caractérisée par son isolement et sa fermeture à l’étranger. La Chine, ancienne espace géographique et culturel inconnu pendant longtemps, n’avait été parcourue que par quelques rares voyageurs, provocant des  fantasmes à son sujet les plus fous, que peu de gens pouvaient les contredire.

Mais, voici le Elie « Damour » bercé par une grande blonde à la peau trempée dans un bac de kaolin donnant une porcelaine fine, mélangeant un fleuve de couleur topaze, avec des yeux retroussés vers les tempes.

LE CIRQUE DES POÈTES ABACUS

Un spectacle qui détonne, mêlant cirque et danse, comique et dramaturgie, un  coup de poing qui, par le mélange des genres, nous entraîne dans un voyage de la vie dans toute sa complexité et sa beauté. Raphaëlle Boitel, danseuse circassienne, – « traduisez du Caucase » – chorégraphe et metteur en scène, rend un hommage profondément touchant et poignant au cirque, et plus particulièrement à Annie Fratellini, première femme clown avec qui elle a eu la chance de travailler. Miroir profond et sombre, où des anges charmants chargés de mystère, apparaissent dans des murmures d’un rayon de lumière transporté par un public médusé. Le cirque rejoint ici le merveilleux, un mirage qui vous plonge dans un rêve. Des tableaux qui nous plongent, grâce à des jeux de lumière qui ne sont pas sans rappeler les clairs-obscurs du Caravage, dans les profonds contrastes de notre vie intérieure.

EYMERIC FRANCOIS BARBE A PAPA

Elle s’appelait alors « rue de l’Enfer », nom probablement dû à sa proximité avec la « rue de Paradis ». C’est ici que nous arrivons pour la collection d’Eymeric François. Cette rue s’appelle dorénavant la « rue Bleue ». L’histoire raconte que son nom provient d’une manufacture de boules de cristal du même nom, fondée bien avant que Jacques Mouclier ait des bureaux non loin de là quand il présidait la Fédération de la Cristallerie. La rue de la chaleur et de la fureur de coudre est peut-être aussi celle des furies que propose Eymeric par ses mannequins, rêve d’un hétéro comme ces divinités romaines non soumises à Zeus qui tourmentaient les hommes pour les faire expier, un songe, en tous cas, pour moi…

Un flot interminable au pied de l’immeuble, je rencontre Xavier Chaumette, le noble prince et historien de la mode qui dans son infinie gentillesse m’adresse la parole en me faisant croire que l’instruit c’est moi alors que la culture toute entière du métier c’est lui. Comme une montagne tombant à jamais dans des mers sans nul rivage, il attend patiemment de voir la collection de ce talentueux couturier. Je prépare mes crayons car j’aspire aux cieux qui débordent des eaux calmes et glacées d’un verre de thé qui viendra me transformer en un Rimbaud, le même que certaines Bimbos, derrière moi, lisent « Rambo », le prince des poètes militaro-américains ! …

QUAI DE SCÈNE DE MÉNAGE

Voici l’histoire des quais de Seine que l’on a « piétonnisé » pour en faire le soir à la fraîche une buvette géante, et un parking à bobos pour pique-nique du vendredi soir pour, au petit matin, les rendre au camion Derichebourg. Un chemin de Seine transformé en poubelles par des jeunes « Gringa Lait » comme des clous, et là, où je cherchais de l’or, je n’ai trouvé que des ordures. Ces crapauds de pissotières, au moment de plier bagage, synthèse de la connerie et pas éduqués, laissent sur les quais aux agents de nettoyage un spectacle désolant de bouteilles vides, sacs en papier, sachets de chips, verres… La plage s’est transformée en une montagne, mais de déchets !

Quelle dichotomie de voir la conciergerie devenir peu à peu les poubelles de l’histoire de la Reine « Magot » ! Voici les voitures de la capitale toujours plus nombreuses, et ces espaces de vie alcoolisées deviennent peu à peu des zones de non-droit, et dans quelques années on viendra nous dire que les jeunes et l’alcool sont un problème de santé publique. Entre ces jeunes puceaux dans un coma éthylique qui dorment dans leur vomi, et d’autres qui se battent gonflé d’alcool et de testostérone en abondance pour une belle anorexique que l’alcool a rendu canon, alors qu’elle n’était que pute de chantier.

ROLLAND SLAVE DE MONGOLIE

Nous arrivâmes sur le boulevard Haussmann, une artère faite d’immeubles parfaitement alignés qui se dressent comme un rempart, mais subitement tout change car à l’arrière de celui-ci, nous pénétrons dans les arcanes du pouvoir, sur la droite, la voyez-vous cette rampe remplie de pavés qui s’échappent de la rue avec tant de grâce ? C’était là où, autrefois, les carrosses arrivaient pour franchir cette porte discrète ornée de deux aigles de bronze, là où l’empereur aurait dû accueillir ses invités en toute discrétion. « De quel style est le nouvel opéra ? » demanda, en son temps, l’Impératrice Eugénie. L’architecte Charles Garnier lui répondit : « C’est du Napoléon III, Madame. »

Nous voici donc devant l’Opéra Garnier pour la présentation de Stéphane Rolland, et dans la brume du désert des Tartares à la limite de l’Oural, là où le désert de Gobie commence et où la frontière de la Chine est si proche, c’est sur un air de Jessye Norman, que le créateur à la barbe bien taillée et au cheveu de d’Artagnan charge l’histoire d’une collection Haute Couture, et, comme un signe, il sort de son sillage pour prendre son envol, l’amour de la couture transcende toutes les frontières, qu’elles soient géographiques, sociales ou politiques car il parle au cœur de chacun, et Rolland nous parle au cœur.

UN ODORAT POUR COMPRENDRE

La partie du cerveau responsable du sens de l’odorat est le système limbique, et, oui, « cela n’est pas un peu court jeune homme ! ». C’est ce Cyrano ou cet appendice qui est responsable de la cognition olfactive mais également l’administrateur de notre capacité à ressentir et à nous souvenir. A 13 semaines, un fœtus a un sens de l’odorat pleinement développé et c’est là où ses préférences gustatives commencent à se former. Une fois né, notre monde entier est une odeur, c’est notre sens prédominant jusqu’à nos 10 ans. Notre seul autre sens plein, qui se développe à grande vitesse à ce stade de l’évolution, est celui de l’émotion.

A chaque fois que quelqu’un expérimente une sensation ou une odeur, celle-ci est stockée dans la mémoire. Les préférences olfactives sont basées d’abord sur notre culture et le milieu de vie de chacun. Chaque odeur est un ingrédient qui, au cours de notre première décennie de vie, est un ensemble que nous partageons avec toute l’humanité. C’est la seule chose que nous avons en commun sur l’ensemble de la planète, que l’on soit jaune, blanc, noir ou rouge… ?

LES FILLES D’AUJOURD’HUI

C’était l’heure où l’âme qui, sous le poids du corps, oublie l’air pleine de frisson, quand l’aube apparaît et où la nuit, qui s’en va, s’enfuie derrière la femme aimée. Là où le chant du coq, au loin, déchire l’air du petit matin. Je remonte le trottoir avec mon cabas pour faire la corvée des courses du samedi matin. Face à moi, à la croisée des chemins, deux jeunes filles de 20 ans, l’une cheveux gras et seins lourds qui n’a jamais connu de bonnet probablement, et don la gravité de Newton finissaient par courber la donzelle vers le sol, un jean troué aux genoux et coupé sous la raie des fesses lui faisait office de pantalon, un maquillage tellement light qu’il est inexistant laissant apparaître des petits boutons d’acné sur l’ensemble de son visage.

Son amie, avec qui elle est en grande conversation bruyante, quant à elle, avait revêtu une casquette pour cacher ses pellicules, un pull-over qui couvrait mal son épaule où l’on pouvait apercevoir une pilosité mal contrôlée et un pantalon cours qui arborait des tâches blanches en son centre lui compressant sa Nymphe de Ternate. Bref, une vision de jeunes filles d’aujourd’hui qui, au passage, laissant dans leur sillage, une odeur pestilentielle, me gratifiait au passage d’un nuage de fumée qui sentait le remède contre l’amour.

JACQUELINE BOUVIER IN PARIS

Voici l’histoire d’une année passée à Paris qui a transformé une étudiante alors inconnue du grand public, Mlle Jacqueline Bouvier s’est vue sa vie transformée à jamais par son voyage dans la capitale Française. Je parle bien sûr, pour les Bimbos de la télé-réalité, de « Jacqueline Kennedy ». Avec son nom et son héritage, Française par son père, elle était déjà prédisposée à admirer la France, mais son année universitaire de 1949 à 1950 a cimenté sa passion, lui permettant ainsi d’absorber la langue et le pays de Louis XIV, où comment les Français ont dirigé le monde en sous-main par la Première dame la plus célèbre des États-Unis.

Dans une famille d’accueil aux rues étroites du quartier Latin, à l’angle de la rue Jean de Beauvais et de Latran là où s’élevait en 1552 la maison Grosse-Escriptoire de Guillaume le Bé. Habile fondeur de caractères romains, grecs, et hébraïques, il se trouva fort dépourvu quand il dut mettre en exergue typographiquement un texte cité, il inventa alors une ponctuation qui ouvrait judicieusement devant la citation et se refermait à la fin… Chacun bientôt baptisa « guillemets » ces signes conçus par Guillaume…

UN FICHIER JPG CORROMPU

Pour le recyclage, Jean-Paul s’y connaît ! Il a recyclé les idées des autres toute sa vie, et concernant les trompe-l’œil, déjà à l’époque, il avait plagié Vasarely, tellement magique. Devant des Bimbos incultent, il s’en attribue les dessins, mais au « Front Row » de ces donzelles qui va comprendre que c’est l’artiste de génie Victor Vasarely dont il s’agit ! Des trompe-l’œil sur la fourrure pour mieux la promouvoir, trompe-l’œil est le mot juste d’une collection qui trompe non seulement la vue mais également, les gogos archi friqués qui viennent pour le show.

Maudit soit le « Couseur », dont la preuve sortant de son aiguille, tenaille la mode sans rime malgré Minerve. De ses lourds Nogent, martelant le bon sens, il a fait de la couture une prose en douze pieds alors qu’il faudrait compter en « verres ».  J’ai assez de courage pour regarder au-dessous de moi, et cela me donne une mauvaise envie de décrire les modèles comme ils sont : des vêtements de « Couture être » affamés qui déforment le métier en fripier plagiaire et tartuffe achevé.

SORBIER CHEVALIER DES ARTS

Amis des balades en poésie, voici le jardin secret de Franck Sorbier … C’est la première note magique jouée sur la corde d’argent d’un cœur en été, la caresse des yeux de la Fashion Week toute entière, un message qui livre les secrets ineffables et exaltants de la semaine. Voici donc l’âme qui élève aux limites de l’être dans lesquels seul le fond peut paraître aux gens éclairés, et là où les humains de contrefaçon sont expédiés manu militari en terre Adeline pour y faire retraite.

Une lumière précieuse, comme une note magique d’un sac où les secrets de femmes foisonnent, dans un désordre organisé. Une princesse douce comme de l’Hermine de Clermont et du tonnerre de surcroît, au cœur avoué de caresses qui courbe de ses yeux une salle sous le charme de ses deux Braques de Weimar d’un gris sublime. Une rivière de danseuses, donnant l’émotion et dans l’orée parfumée de leur sourire radieux, touche les âmes et parle avec les yeux…

GUO PEI LE CORBEAU DU SI CHUAN

C’est comme un oiseau d’ébène qui induit la triste imagination d’un sourire chinois. Voici le grave et sévère décorum de la déconvenue, la vision lugubre du corbeau errant loin du rivage de l’Empire du Milieu… de la nuit. Une collection impériale au rivage plutonien, dans la prison de la cité du même nom, Guo Pei nous donne la Chine dans sa sinistre rétrovision d’un monde si isolé et si agoraphobe. Quel connaît mal le pays qui l’accueille !

La maison de la « Rugo » Pei retombe dans ses travers qui vous empêchent de voir une collection simple et sans débauche d’agents de troc. Voilà la cible et les oiseaux de Hitchcock qui annonce le malheur et qui fondent sur nous comme le ferait ces oiseaux déplumés qui avouent sans ambages leur déchéance.  Le paon à l’air de se plaindre, au milieu des rossignols qui chantent si bien dans la haute couture, mais la profession est ainsi, tranchante comme la lame d’un Katana qui se frotterait à une soie de Lesage.

Oiseau jaloux qui devrait se taire au lieu d’envier la voix du rossignol. Le corbeau sert pour le présage, tandis que la corneille alerte par une chronique sur une couture en errance des « Vamps Pire » du milieu.

ZIAD, UN COUTURIER A SUIVRE

Ce jeune fils spirituel d’Elie Saab en mieux, voit sa couture définie en trois mots : féminine, élégante et gracieuse. La mousseline de soie et les broderies y sont légion. Ce libanais, qui découpait déjà des robes quand il était enfant, habillait soigneusement les poupées de sa petite soeur. Ziad, l’homme, qui aimait les femmes, a compris depuis longtemps que celles-ci étaient l’avenir de l’homme.

La maîtrise du couturier, à la fois dans sa technique et dans sa justesse, a donné, hier matin, au pavillon Cambon, non loin de la maison Chanel, toute la splendeur de l’Orient que même Coco n’avait pas saisi. Magie de l’Orient et mélange des parfums de miel et d’encens, j’aime les mots chantants et cette écriture calligraphique qui stigmatise à elle-seule tout un peuple. J’aimes les felouques et leur voile dressée comme des robes de Haute Couture et qui résume cette atmosphère si particulière des portes de l’Empire Ottoman. Quand Chateaubriand racontait son itinéraire de Paris à Jérusalem ou Lamartine son voyage en Orient, Delacroix peignait la fiancée D’Abydos.

NOMADE ALLEEM YUSUF

Aventure de son enfance parmi les dorures luxuriantes et pourpres des bazars de son Pakistan natal, des plumes d’autruche en guise de Jasminum, des cristaux de Swarovski pour les symboles de son pays, et une crête d’étoiles au-dessus d’un bouclier emblème de son drapeau. Pour cet australien d’adoption, ses valeurs restent le Pakistan et son slogan : « unité, foi et discipline ». Celui-ci s’est retourné sur ses maîtres de la Haute Couture, et, tout d’abord, sur celui de Granville.

De fait, si ce dernier semble se confronter plus volontiers aux œuvres de la mode d’antan, il paraît néanmoins subsister chez lui un sentiment profondément ambivalent à son égard. Représentation propre à une époque et à un milieu social donné, mais la Haute Couture demeure, dans le même temps, très largement son référentiel, et en y introduisant une goutte de modernité, il passe un chemin qui, comme à Compostelle, lui donnera la voie vers la sagesse couture assurément.

SCHIAPARELLI PARIS TEXAS

Pas la peine de se fatiguer à chercher qui est le créateur de Schiaparelli, car au premier mannequin on devine Thom Browne à la « maheutre », celui qui avait conquis l’architecte « Raf si monstre ». C’est au pied du pavillon « Sans Bon » là où Chanel officiait que nous venons voir l’homme de Dallas, mais la Bible ne fait pas le moine, et, par la chaleur actuelle, à vaincre sans baril, on triomphe toujours sans boire.

Voici le texan, le plus inconnu des couturiers, Daniel Roseberry qui se met en scène sur sa table de travail au milieu du « cat walk », avec dans ses mains non pas un crayon mais le couteau de Fulbert et la patère de Corybantes, ayant pour objectif de rendre Venus inféconde. Des mannequins maigres comme les clientes de l’Armée du Salut, le Torquemada du Texas et des maisons de couture, fils spirituel de Raf Simons et de Thom Browne qui se seraient accouplés pour féconder une haine sournoise à la beauté…

JOSSE LA FEMME DES SABLES

En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable après cette chaleur si intense et nous nous sommes rendus à l’hôtel le Marois, plus connu sous le nom France Amérique. En 1863, le comte Le Marois, fils du général du même nom, aide de camp de Napoléon Ier, fait construire cet hôtel particulier par l’architecte Henri Parent à l’emplacement, dit-on, d’une maison habitée par la courtisane Marie Duplessis, modèle de La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas. Sous ces pierres, le parfum de la beauté y rode encore.

Et pour les nymphes éclairantes et chaudes de Christophe Josse, le lieu s’y prêtait parfaitement, avec leurs robes nacrées, comme le sable beige et l’azur des déserts, comme la houle des mers qui se développe avec indifférence. Voici une robe de berger en mohair, ornée de minéraux brillants et symboliques de l’ange qui se mêle aux femmes du nord et à celles du sud dans un délicieux canevas de soie.

MILLENNIALS UN MONDE D’INCOMPRÉHENSION

La génération du millénaire reste pour le luxe un monde d’incompréhension. Cette génération différente de la Y où deux sur dix âgés de 18 à 30 ans ne possèdent pas de carte de crédit mais seulement des cartes de débit. C’est important parce que les Millennials dépensent leur argent différemment et d’ici 2025, ils détiendront la moitié de tous les revenus disponibles de la population active dans le monde entier. C’est fascinant de voir à quel point la génération du millénaire résonne, une génération qui échappe aux catégories préétablies, et les marques de produits de beauté entretiennent des liens très profonds avec ces nouveaux consommateurs, ils les comprennent plus que les autres secteurs d’activité, et il faut noter que la montée en puissance de nouvelles marques au cours des dernières années a renversé le commerce de détail.

Beaucoup d’autres industries de la vente de détail se tournent vers la beauté pour apprendre à gérer ces nouvelles populations. Soixante-seize pour cent ont déclaré découvrir de nouvelles marques et produits de beauté sur les médias sociaux, tandis qu’en quatrième position la recommandation venait d’un ami, un phénomène de bouche à oreille viral qui s’impose. Dans le même temps, 72% achètent des produits directement à partir des plateformes des médias sociaux…

ON AURA TOUT VU PAROS

« On Aura Tout Vu » s’installe à Paros dans la mer Égée. Île célèbre pour ses villages traditionnels et, dont la capitale de Parikia représente le centre de l’archipel des Cyclades, abrite la basilique de la Panagia Ekatontapiliani, église byzantine datant du IVe siècle après J.-C. ? C’est là que la maison de couture parisienne, réputée pour ses accessoires en cristal, à la fois chic et décalés, a choisi de s’installer dans un magasin baptisé « On Aura Tout Vu Paris Paros »…

JACQUEMUS PORTE DES LAVANDIÈRES

À une heure de route au nord d’Aix-en-Provence, au milieu des champs de lavande dans le magnifique paysage des Alpilles c’était comme une invitation dans un tableau de Bonnard, une invitation, qui se présentait sous la forme d’une petite bouteille d’écran solaire avec ces mots «Le coup de soleil» ou «The Sunstroke» ; une perspective qui s’est avérée exacte devant la vague de chaleur et quand, au soleil, qui nous tournait le dos nous mettant ainsi face à son ombre.

Les tiges parme s’étendent, s’étirent, ondulent et recouvrent le champ d’un mauve velouté. Elles émerveillent les yeux et colorent les âmes, là où dansent les abeilles dans un nuage bourdonnant. La lavande, doucement, flotte dans l’air.

Un show qui débute par un tailleur-pantalon blanc sur-dimensionné recouvert d’une robe en dentelle couleur pêche. Des motifs imprimés, brodés ou dessinés au laser sur de grandes chemises à manches courtes portées par des dròlla et des dròlle en langue occitane.

KARL AU GRAND PALAIS

Pas un jour ne commence ni n’expire de la Fashion Week sans penser au Catogan. Celui qui paraissait arrogant, et, dont peu à peu, l’ombre en fuite furtive ondule et tressaille au Grand Palais pour un voyage dans nos pensées. Dans ces ondes inexprimables, l’émoi de Karl et du grand Jacques flotte encore dans les coursives de la Mode. Ses cheveux blancs noués en catogan s’irisent en cascade sensuelle, et avec une langueur spirituelle qui ne cesse de nous hanter.

Une transe contemplative sous la coupole pour qu’un souvenir ébranle nos cœurs et finisse par ne plus m’inspirer. Aujourd’hui même, je vois vos modèles sous les traits de créatures ailées, et d’un sommeil qui sera centenaire, pour finir par être un tout en « Karl Mont ».

RYNSHU TROIS COULEURS

Bleu comme les yeux de Mademoiselle Aya Ueto, blanc comme le sommet du Fujiyama, et enfin rouge comme les joues fruiteuses des geisha de Tokyo, nous sommes au pied du palais du même nom, et c’est toujours un plaisir d’être accueilli par 2ème bureau, qui nous protège de la foire d’empoigne des Bimbos de la télé-réalité qui ici ne sont pas force de loi.

Un japonais à Paris, depuis bientôt plus de 35 ans, où les zips du couturier, vient fermer les shows du dimanche dans une douceur moite, au bord de la Seine qui rafraîchit les convives. Depuis ses débuts dans la mode, Rynshu travaille sans assistant. Très actif, il écrit des scénarii, réalise des costumes de scène, et il assure la direction artistique de Masatomo Inc. ainsi que de Masatomo Dream Corporation.

YOJI YAMAMOTO SOLEIL SUIVANT

Des chouettes, du pays du Soleil Levant, brillantes comme le ferait un verre noir dépoli à l’acide. Il faut nettoyer parfois, souvent pour le plaisir de créer, et il faut caresser pour le plaisir de l’autre. Yoji où les larmes noires de la mode qu’il faut garder au fond de l’âme pour toute une saison. Dans mes yeux et dans le cœur, je conserve au fond de moi comme on garde un mystère dans le ciel, et puis dans l’écriture une tristesse de venir toujours voir la même rengaine.

Voici mes larmes bleues à l’encre de ma plume, des larmes de rance, celles des poètes au service de la mode, pour mettre le feu aux dernières consciences, pour montrer que la ritournelle des saisons les unes après les autres ne font pas le printemps, et ne font pas une saison en tout cas. Le Tanatos japonais avec son frère jumeau Hypnos ont réalisé une collection pour les amis implacables du genre humain dévoyé.

Je verse des larmes de voir des fonctionnaires de la mode continuer leur sale besogne d’évoquer que créer c’est facile, car même si la mode est un éternel recommencement, comme disent les « Grumleristes », je pense que la mode, c’est d’abord…

DIOR UN THÉ A LA ROSE NOIR

Hier, au moment où le soleil était sur le point de se coucher, juste où le cycle de celui-ci plongeait dans les étoiles, là où, à cet instant, le sable du désert devenait d’un rose indéfinissable, comme si une vague dans sa grande justesse apportait sa force pour nous jouer le New Look masculin pour la prochaine décennie, a un point tel que c’était comme si le Maître de Granville était de retour.

Voici  la splendeur d’une mer de sable rose, le début d’une mode qui va briller pour l’éternité, et qui brille parmi la constellation couture, je retiens mon souffle à tomber dans une transe aussi forte que le séisme de la Soufrière en furie. Kim Jones tient le monde entre ses mains, il le serre contre sa poitrine avec toute la richesse de l’humanité, et se promène d’une étoile à l’autre pour nous offrir un trésor qui provoque en moi une faim de lumière…

ALLËDJO PARIS FASHION WEEK

Dans les jardins des caresses, loin du Benin, il y a le doux refrain que chantent des cœurs ardents, avec leur voix d’archange aux langueurs sonores et gracieuses de baisers divins. Voilà une volupté sans pareille, comme une ivresse inénarrable le long du fleuve Niger dans la plaine côtière du sud qui vibre dans nos mémoires pour un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Voici l’homme de 32 ans, designer de son état qui nous invitait pour présenter sa « soie » douce comme un bouquet de strophes enfantines. Des chemises pour hommes mais aussi pour femmes, le signe des temps, qui nous fait entrevoir que si Roger Peyrefitte était encore vivant il déclamerait « quand l’Afrique s’éveillera! »…

RAF SIMONS PARIS

L’homme, qui n’aimait pas les femmes, continue sa villégiature en venant imposer son non-talent à Paris. Raf Simons ou l’homme au mille loupés, le calviniste de la mode vient de signer une nouvelle collection, comme un contrat de mode qui n’est autre qu’un communiqué de rien. Ce comptable architecte reste la matérialisation biologique du Designer de demain ; une savante mutation génétique de très peu de talents, un soupçon de rien, et beaucoup d’arrogance. Bienvenue dans le monde merveilleux du prince Raf Simonstre.

Il est comme La Fontaine : sa couture est affable, sa mode n’a pas progressé d’un millimètre, elle recule même, comme le seul examen qu’il a à son actif dans la mode, ce sont ses analyses d’urine.

Non seulement, l’observation est superficielle, les trucs démodés, la narration commune et dépourvue de caractère, et la note du réaliste est inexistante. Le « mètre » est descendu au fond de l’abîme couture. Le vieux fossile, à coté de moi, et qui aurait dû rester enfoui, trouve la collection aussi terrible que l’ouragan Irma, et me dit à mots couvés (normal pour une poule) …

PARCE QUE JE LE DELVAUX BIEN !

Delvaux a planté son drapeau rue Saint-Honoré en ouvrant un emplacement temporaire pour ce qui sera plupart un magasin permanent. Le décor thématique, qui s’inspire de René Magritte, est formé d’une série de portes en partie ouvertes, un ciel bleu vif parsemé de nuages, et des découpes flottantes d’hommes assortis et portant un chapeau melon. L’Affaire Thomas Crown avec Pierce Brosnan avait popularisé le maître auprès d’un public plus jeune dans le film de John Mc Tiernan.

La société a un partenariat de longue date avec la Fondation Magritte, artiste belge emblématique, et avec un sac à main portant l’inscription «Ceci n’est pas un Delvaux», qui se traduit par «Ceci en est un justement». La marque vole au-dessus d’un nid de surréalisme que cultivait l’artiste. A la vision de la pipe de Magritte, certaines bimbos de la télé-réalité se seraient esclaffées : « bien sûr, cela n’est pas une pipe ! » Magritte et la mode, quel rapport me direz-vous ? Parce que tout simplement le père de René Magritte était tailleur.