LA MORBIDE ALBION

Un premier ministre cynique et une classe dirigeante incompétente complètement paniquée ; « Allez-vous faire foutre ! » lance l’acteur Hugh Grant dans un tweet ravageur. Une injure qui répondait à l’insulte bien plus grave faite par Boris Johnson à la démocratie anglaise. Et voilà le monde sidéré de découvrir qu’une institution aussi vénérable que le Palais de Westminster n’était pas forcément protégée contre les démagogues et les populistes. Même au Royaume-Uni, où les traditions sont si profondément ancrées, que l’on n’a jamais éprouvé le besoin de les graver dans une constitution.

Déni de démocratie, coup d’état dans l’état ? Les experts jugeront. Mais, l’inviolabilité supposée du fameux (check and balance ) élaborée par Locke (1632-1704) et Montesquieu (1689-1755), la théorie de la séparation des pouvoirs afin de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus…

MELCHIOR THIMISTER PASSED AWAY

Russe, Français, Belge, orthodoxe, catholique, un mélange peu orthodoxe mais une carte de l’Europe. Après un passage chez Karl Lagerfeld et dans la Maison Jean Patou, il travaille comme décorateur avant d’être nommé directeur artistique de la maison Balenciaga. Il mit à profit ces cinq ans et demi à ce poste pour redonner  un nouveau souffle, puis créa sa propre marque à Paris en 1997, sous laquelle il a depuis présenté des collections de Haute Couture et de prêt-à-porter.

En même temps, il prit la direction artistique de la marque Italienne Genny, et de 2005 à 2007 celle de Charles Jourdan. Il a aussi travaillé pour de nombreuses marques de prêt-à-porter en tant que consultant.

FAUCHON MADELEINE DE PROUST

À Paris, il y a un nouveau fleuron du luxe pour la marque Fauchon qui se décarcasse pour vous. C’est bien la moindre des choses compte-tenu du nom du propriétaire. Situé dans l’ex-fleuron du palais de cristal au cœur du triangle, face à la Madeleine, là où on ne peut s’arrêter sans évoquer ce lieu d’aisance le plus connu de Paris ouvert en 1905 et de pure style Art Nouveau qui rappelle les fastes de la Belle Epoque. Fermé en 2011, voici quand même un quartier qui renaît de ses cendres avec un hôtel où tous les superlatifs ne seront pas suffisants pour vous le décrire.

Un brunch, le jour de mon anniversaire, au grand café Fauchon, qui est dorénavant le meilleur de Paris en vérité, et le Seigneur des Arnault peut en prendre leçon pour son future « Cheval Blanc » car l’accueil et le service sont dignes des plus grands palaces de la capitale. Read more on …

SERGE MANSAU LA LAMPE D’HELIOS

Depuis longtemps, je rêvais d’avoir dans mon appartement une oeuvre du Maître Serge Mansau. Ce grand sculpteur, c’est un peu comme Picasso, on ne peut pas obtenir de lui une œuvre facilement. Car, même si l’artiste est très prolifique, il ne se découvre pas d’un fil, comme ces hommes tiges qui marchent l’échine courbée, ils ont le nez baissé, non pas pour vous fuir, mais pour tracer leur route. L’homme est sans concession, et si vous ne lui plaisez pas, inutile d’essayer de venir découvrir les œuvres qui regorgent dans sa grande maison de la région parisienne.

Bref, j’étais à Paris chez un fabricant de meubles du nord de l’Europe, « Idées A construire », promenade du dimanche bucolique pour dépenser quelques sous durement gagnés et continuer ma fièvre acheteuse. Quelle n’a pas été ma surprise quand je suis tombé sur la lampe « Ribbon », que j’avais vu en sculpture chez mon Maître préféré. Mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai dégainé ma carte bleue comme une arme de construction massive, et je l’ai achetée immédiatement. Elle trône aujourd’hui dans mon salon autour des œuvres et des flacons de parfums que j’ai déjà du Maître.

DANS QUELLE MORT VUITTON ?

Il était le descendant direct du célèbre maroquinier du luxe. Patrick-Louis Vuitton, cinquième du nom depuis son ancêtre Louis, s’est éteint, mardi, à 68 ans (bien jeune pour mourir). Costume trois-pièces, moustache élégante, l’homme travaillait encore chez le célèbre malletier du groupe du Seigneur des Arnault. « Monsieur Patrick », comme on aimait à l’appeler dans la maison, avait grandi à Asnières-sur Seine, dans la demeure qui bordait les ateliers historiques créés en 1859.

Il avait rejoint la maison Vuitton en 1973 en tant qu’artisan menuisier. Il avait d’abord eu à faire ses preuves avant d’en gravir les échelons, pour reprendre les rênes de l’atelier d’Asnières, berceau de l’entreprise.

LA MODE OUTIL DE DÉMOCRATIE

Dubaï, nouveau phare d’Alexandrie, s’est positionnée, dès le début, comme la capitale du luxe car l’indice des dépenses des produits du Seigneur des Arnault, dans cette région, est très élevé. Cependant, le concept de luxe change constamment et, le luxe signifie être confortable dans ses propres chaussures, mais Dubaï, c’est aussi un lieu où une femme peut être indépendante.

Au milieu des troubles sociaux politiques au Liban, la Fashion Week s’est clôturée en brandissant le drapeau Libanais prôné par un groupe de mannequins. Du jamais vu ! La créatrice palestinienne Reema Al Banna a fait sa première apparition à Dubaï avec sa marque Reemami, un message qui se veut politique.

La durabilité était également primordiale lors de cet événement de quatre jours. Farah Wali, une créatrice de 24 ans, née à Dubaï, élevée au Caire et basée à Florence, est aussi la première et la plus jeune femme égyptienne à gagner un concours de la mode au Moyen-Orient en 2018. Elle présentait un éventail d’imprimés écologiques et des tricots fait main,magnifiquement fabriqués en Toscane.

LA VOILE HYDRARGYRE

Dans la brise du matin, je regarde cette femme qui va disparaître à l’horizon, un sac sur son épaule qui porte cette charge que certaines femmes s’imposent. Navigante solitaire au gré du vent et dérivant dans la brume, déchirée par une plainte qui ranime parfois l’amertume, j’ai vu l’éclat d’un phare surgir d’un nuage épais, elle sortait d’une boutique dans Dinard pour un petit moment d’éternité.

Par hasard, accostée chez un artisan qui utilise les métiers d’art, là où l’abnégation fait loi, il y a une petite boutique, qui a, un je ne sais quoi, qui donne envie d’acheter, car la résilience, qui y règne provoque en vous l’ivresse d’un calice de gentillesse. Un  sac de toile à bateau ou un trésor de bonheur en échange d’un monde ou d’une idée tellement simple que les marques de luxe, elles-mêmes, regrettent de ne pas l’avoir eue…

ALESSANDRO MICHELE MONO GENRE

Dans la longue histoire du genre animal, ce sont ceux qui ont appris à collaborer et à improviser efficacement qui l’ont emporté, et remerciez Alessandro Michele pour faire bouger les lignes, l’un des plus grands directeurs créatifs de 47 ans pour la maison Gucci nous affirme François-Henri Finaud.

Le changement de la mode masculine a commencé par Michele et cette évolution sismique prédit une décennie de révolte luxueuse. La liste des hommes, qui affluent chez Michele pour des costumes, des mocassins, des babioles et des foulards, semble infinie. En fait, on y trouve des noms aussi divers que Roger Federer, star Suisse du tennis, et Dapper Dan, designer de Harlem et légende du hip-hop. Qui plus est, beaucoup de ces hommes sont tout aussi susceptibles de porter une robe Gucci qu’un mocassin de la maison du Prince de Venise.

LA PORSCHE RICHE DU LUXE PREMIUM

Le constructeur automobile de luxe Porsche s’est hissé au premier rang de la liste des marques de luxe premium devant Louis Vuitton et Cartier qui se positionnent au deuxième rang. Mais je n’ai jamais essayé, il faut le dire, de prendre l’autoroute à 300 Km/h avec un sac Speedy (malgré le nom) ou une Santos.

Porsche ayant augmenté sa valeur de 54 % pour atteindre le chiffre record de 29,3 milliards de dollars US, les groupes Français devraient se poser la question : « comment une marque de plus de 70 ans reste avec une réputation aussi inébranlable et inattaquable ? » Et en lançant le Taycan, la première voiture de la maison entièrement électrique, l’usine de Stuttgart démontre son engagement en faveur de l’innovation et du développement durable, dans une société toujours plus soucieuse de son empreinte sur l’environnement.

McCARTNEY YELLOW BRAINSTORMING

La Stella May Day a maintenant une responsabilité officielle au-delà de sa marque en tant que conseillère spéciale du développement durable chez LVMH – Moët Hennessy Louis Vuitton, le Seigneur des Arnault lui demande « « Help! » Help, I need somebody Help ».

La mode, c’est le changement, et autrefois, cette observation se référait aux vicissitudes vestimentaires allant de la palette des couleurs de vos collants, aux tissus de vos tailleurs. Cependant de nos jours, ce changement englobe beaucoup plus, et pour la grande prêtresse de la mode éthique, Stella Mac Quarter, reconnue pour son rejet passionné de tout ce qui vient de l’animal y compris son mari. D Grumler, d’ailleurs, vous dirait que les ordures c’est glamour, prêchant pour une paroisse qu’il connait bien.

« Le fait que le Seigneur s’adresse à moi en tant que femme de l’industrie de la mode pour obtenir des conseils et des solutions, c’est pour moi, un grand honneur et je pense que c’est un moment historique « ob-la-di, ob-la-da ». Stella est ici pour « fournir des solutions, » et s’est associée à LVMH en début d’année, après avoir racheté l’année dernière à Kering sa maison sur « Abbey Road. » La voilà maintenant propulsée au « firme maman » et papa bien sûr du luxe Français.

LA MODE ET LE LUXE EN L’AN 2145

Quelle sera la physionomie de la mode en 2145 ? Dans 128 ans, les organismes professionnels auront tous disparu. Seuls resteront les écoles qui auront été transformées en machines pour chiens savants qui ne savent plus rien. La capitale sera vide de véhicule à énergie fossile, et d’ailleurs le seul fossile que nous pourrons rencontrer sera la Vicomtesse de la Cystite Reynale, accrochée à son privilège de pouvoir rester au bar du Ritz à écluser son whisky qui, d’ailleurs, s’appellera le Ritz Arena.

En 2145, seul D Grumler, avec l’argent amassé de la Chambre Stomacal et de Mugler aura réussi à se faire réaliser une fécondation in vitro à un eunuque pour renaître de la cuisse de Lucifer et enfin continuer ses basses œuvres pour l’éternité à un échelon comique. Un damné est par essence immortel, il peut au moins être tranquille de ce côté-là.

LA ELBAZ DU BUSINESS

Retour en grasse pour Alber Elbaz, avec l’idée pour Richemont de marquer son intention de renforcer sa position dans la mode,  et pour la circonstance une joint-venture dénommée AZfashion. Tout un programme, pour un projet inédit visant à trouver quelque chose qui véritablement m’a échappé ! Richemont a récemment acheté le bijoutier Italien Buccellati à ses propriétaires chinois, et il y a environ 12 mois, le groupe crée une joint-venture avec Alibaba pour pousser Net-a-porter. Où est la cohérence entre le supra-luxe et net-à-porter, qui rime avec prêt-à-porter, un écran de fumée peut-être.

Le groupe de « Vacheron consanguin » décrit AZfashion comme « une start-up innovante et dynamique destinée à transformer les rêves en réalité ».  Johann Rupert doit avoir commencé à fumer la moquette, et il paraît qu’en entendant Alber décrire sa vision de la mode et les projets qu’elle lui inspire, le viel homme à la Chrysler de plus de 20 ans d’âge et qui vit toujours chez ses parents, a été charmé.

MANISH LE NOEUD DE SATAN

Il suffit de peu pour le reconnaître ; des cornes et des sabots fourchus, une queue acérée et une petite barbichette avec un oeil sardonique. Non, je ne parle pas de D Grumler. Pourtant instrument d’obéissance au pouvoir de l’Eglise et de l’Etat, c’est selon, il symbolise l’autorité centralisée dans un monde partagé entre dominants et dominés. Voilà bien une collection dans toute sa symbolique entre Satan et Méphistophélès, nous voilà au sein de la mode avec un couturier qui pense que la couture n’est pas un art, mais qu’il faut quand même un artiste pour la réaliser.

Ouvrir son art et ses œuvres à toutes les disciplines et tous les publics était l’une des volontés de Manish cette saison. Il choisit des grands nœuds pour que nous soyons émus, mais aussi la proximité pour la tendresse qu’il veut donner au monde. Je suis capable d’avoir des yeux les plus vides et les plus stridents à la fois, pour regarder ce monde avec un œil qui élimine les conventions. Passant outre les défilés conventionnels du podium et des « front rows », il investit la galerie des glaces du Passage Jouffroy, là où vous pouvez découvrir une magnifique brasserie du milieu du XIXe siècle devenue l’un des passages couverts les plus fréquentés de Paris. La légende raconte qu’autrefois une fontaine d’eau claire existait et était considérée comme sacrée « oh la vache »! On en fit même un dicton : « jeune fille qui a bu l’eau de la fontaine restera fidèle à son mari.  Tout un programme.

BREAKFAST AT TRUMP’S TWISTER

Des diamants sur canapé, et quelque jours auparavant, nous nous étions posés la question de savoir comment le Seigneur puisse supporter la fréquentation de cet inculte de Donald Trump ! Lui qui dit de François Pinault, que le seul diplôme qu’il a, à son actif, est son permis de conduire, on peut donc s’imaginer ce qu’il doit dire de Trump dans les salons feutrés de l’avenue Montaigne.

Rencontrer Donald et pourquoi pas Mickey pendant que vous y êtes ! C’est une torture pour le maître du luxe, mais pourquoi pas un « Breakfast at Tiffany’s ». Il fallait une bonne raison pour que le Seigneur puisse supporter cette intelligence mycosée de Donald. Aujourd’hui, nous avons la raison, le prince veut mettre la main sur le joaillier Tiffany, dont le vaisseau amiral jouxte la Trump Tower sur la 5e Avenue. Voici donc ce mélomane à l’intelligence suprême, supportant les billevesées de ce mono-neuronal du pays le plus puissant de la planète, dans une usine du groupe au fin fond du Texas. Même le personnage de Disney aurait fait une demande au gouvernement américain pour changer de nom…

LA PAÏVA VENUS CRAPULEUSE

Situé sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris, ce splendide hôtel particulier fût construit entre 1856 et 1865 pour Thérèse Lachman, alias la marquise de Païva. Courtisane invétérée, la marquise assoiffée de luxe y prenait des bains de champagne et accueillait dans ses salons de nombreux hôtes de marque comme les frères Goncourt, Théophile Gaultier, Léon Gambetta, Ernest Renan ou encore Hippolyte Taine…

On les appelait les cocottes, les courtisanes, les poseuses, les gueuses, les pierreuses, les trotteuses, les grandes horizontales, les asphalteuses, les bitumeuses, les boulonneuses, les gommeuses, les soupeuses, les Venus crapuleuses, mais surtout les putains. Putain tire son origine du putois pour sa mauvaise odeur.

DIOR LA DANSE DES CANARDS

Voici une présentation à Shanghai qui va faire polémique, et malgré que, comme d’habitude, la styliste maison se transforme en pasticheuse de Franck Sorbier, la « Furie » a invité à se faire payer le danseur classique, Sébastien Bertaud, pour chorégraphier la fin de son défilé. Pour une « indécente » de lit, un détail qui pourrait sembler banal, et les béotiens de la mode qui sont légion, d’ailleurs, n’ont rien remarqué.

L’image des groupes est souvent liée aux employés qui le constituent, et après la Chine circoncise de Taïwan, il y a quelque jours, voilà les danseuses financées par Chanel qui défilent pour Dior à Shanghaï. Nous pouvons constater que la maison ne manque pas d’esprit de sécheresse supérieure, des intelligences de surface n’ayant ni passion, ni réflexion, des supposés talents d’un groupe de dessinateurs à l’emporte-pièce. Le problème avec la danse, c’est qu’il faut mieux y aller sur la pointe des pieds, et pour que cela passe inaperçu, pourquoi remettre à deux mains ce que l’on peut faire avec ses pieds. On trouvera toujours dans la maison un bon argument à présenter au Seigneur une réflexion de « Millepied » pour de la danse, cela fait sens.

BREXIT AND LUXE WHAT ELSE!

Le luxe et la mode seront-ils les secteurs les plus menacés par le Brexit ? Les fabricants pour les marques de produits de luxe et les entreprises du secteur de l’habillement seront fortement menacés si aucun accord n’est conclu avec l’Union Européenne avant le départ de la Grande-Bretagne du marché unique. Quel est vraiment cette menace ? Dans le secteur du luxe, les britanniques ont 55 % de leurs sociétés qui ont une activité d’exportation : la mise en route de tarifs douaniers et de formalités administratives pourrait constituer un problème. Et pour les créateurs de vêtements, le nombre de ceux qui exportent est encore plus élevé, à peu près (63 %).

GUEULE DE BOIS EN HÉBREU

Bref, la carte et ses intitulés du menu gravés sur la stèle de Mérenptah ou « les tables de la swag », et qui laissent place au mystère, pour un voyage avec des saveurs qui étonnent, et décontenancent inexplicablement. « Glace à l’orange et au za’atar » avec un « saumon gravelax » passé dans de la vodka et les épices exclusivement de Sion ou un œuf mariné au thé noir accordé avec du tahiné « sésame ouvre toi ! » « Célèbre en Israël » me dit la Gogo danseuse qui m’accompagne, le Saumon il est « Grace Lax » (comprenez de L.A.X. croyant qu’il était produit sur les pistes de l’aéroport de Los Angeles, connu comme le houblon! Une Jolie sélection de vins qui sort des frontières et concernant les frontières, ils s’y connaissent pour faire bouger les lignes, mais chacun sait qu’avec la bitumeuse qui m’accompagne « l’alcôve tue lentement ».

LA SOLITUDE NID DES PENSÉES

Des amitiés qui ne sont que des zéros et des uns. L’addition de ces deux chiffres crée une solitude numérique, une invention purement humaine, mais pourtant diabolique. Une vie sur Instagram, totalement réinterprétée, pour montrer aux autres que l’on est pas désespérément seul dans ces grandes mégalopoles et que notre vie est un rêve. J’imagine Emma Bovary qui aurait aimé sans limite le site Tinder ou tout autre site de rencontres pour une « Fast Love » à n’en plus finir et dénuée de toute humanité.

Mais, quand les gens essaient d’avoir toujours plus d’amis sur Facebook, ou de relations, je cherche toujours plus à m’enfoncer dans cette solitude qui me rend de plus en plus heureux. La fréquentation de moi-même est un petit plaisir égoïste coruscant. M’éloigner de ces humains de contrefaçon imbéciles, qui, chaque jour, foulent le pavé des rues de Paname comme si un paradis s’ouvrait devant moi. Pour effacer ma peine, je marche la nuit, je ne sais pourquoi, je respire mieux que partout ailleurs, ma pensée s’élargit et j’ai, par moment, une lueur dans l’esprit qui me fait croire, pendant une seconde, que je vais découvrir le divin secret des choses. Puis, cette fenêtre se referme subitement en regardant une passante botoxée à outrance qui me regarde comme un bonbon qu’elle aimerait sucer…

DIOR ET LE CRACHEUR DE PERLE

En effet, interrogé par un étudiant sur les raisons de la disparition de Taïwan sur la carte, le représentant de Dior a répondu : « Je pense que c’est peut-être parce que l’image a été mal coupée ou l’île de Taiwan est trop petite pour apparaître. Quand notion de géopolitique n’oblige pas – les jeunes sont ainsi – inculte et façonnent un univers à leur image, hermétique à la moiteur du cul, pour préférer la culture du moi.

Cette intelligence mycosée, probablement diplômé de l’école Pascal Marant, a ensuite expliqué de façon plus que douteuse qu’il faisait une différence entre la Chine continentale, Hong Kong et la région de Taïwan, en soulignant que les marchés de Hong Kong et de Taïwan ne sont pas dans les régions dont il a la gestion. Mais demeurer ferme en l’erreur, c’est errer deux fois.

L’étudiant chinois qui, lui par contre, connait la géopolitique, ajouta : « Oui, je comprends que vous gérez la Chine continentale, mais votre carte indique la Chine globalement. Je crois toujours que vous devez inclure Taiwan sur votre carte. C’est comme si vous parliez de la maison Christian Dior et que vous ne mentionniez pas le Maître de Granville, le créateur de la maison. En tous cas, en voilà un, qui va se retrouver au courrier de la maison des erreurs 404 pôle emploi…

LA GUERRE DES POUFFES

Fabuleux petit monde du Blogging qui, au fil du temps, ne se bonifie pas, c’est le moins que l’on puisse dire! Avant de lancer mon magazine en ligne, j’avais un regard très candide sur la profession : je pensais que c’était une grande communauté qui sortait le soir dans les boîtes de nuit dans une ambiance de fête, et ne dit-on pas que Paris est une fête ? Mais, c’est comme partout, il y a des gens cools, bienveillants et d’autres qui le sont un peu moins. Entre les nouveaux chômeurs qui gravitent autour des shows, les demi-mondaines « Russe Koff » pouffiasses de moche, et les fausses brunes diffuseuses de conneries en spray, le milieu est tout à fait croquignolet.

HEMU SPRING SHANGHAI 2020

HEMU was founded in Shanghai, China in 2010, with Oriental element and humanity as the origin of design. It adheres to the belief of originality, zen and inheriting Oriental culture, and is committed to creating an excellent Chinese original designer brand. HEMU takes the vast Chinese culture as its design inspiration and adheres to a low-key and concise design attitude Read more on…

C + PLUS DE BANAL

Les ondes du désir et de la poésie étaient présents et contrebalançaient la vulgarité qui s’était assise à mes côtés, une Afida, erreur de la nature, faisait tâche dans la poésie ambiante, mais tous les dégoûts sont dans la nature. Parmi les oiseaux, il y a aussi des corbeaux et des poules.

Un plissé n’est pas joué. Une cape chemise pour un souffle de beauté, en ces temps de grisaille de la fashion week de l’Empire du Milieu, j’aurai envie de dire de « L’an Pire du Miteux ». Ce jeune nippon où le Samouraï de la couture fait la guerre au beau, essaye d’interpréter le cœur humain et use des sonorités d’un camion de 35 tonnes pour exprimer les sentiments les plus nuancés. Il souhaite évoquer des images qui devraient résonner puissamment dans notre imaginaire, mais qui résonnent seulement dans le désert de Gobi.

Dans sa forme la plus élevée, il suscite l’intuition profonde de la vie d’une vieille momie, et fait jaillir le désir d’un retour prochain dans la crypte. Le vent sur Shanghai fait flotter la soie plissée sur le corps du mannequin, comme une force invisible, soumise à la vision d’un cloporte.

ELEPHANT STARR

Les armes les plus puissantes de l’amour sont la douceur et l’esprit, et hier, vous nous avez montré de la douceur dans la vertu, car la vertu sans douceur n’équivaudrait qu’à un appât sans hameçon. Hameçonné, en effet, nous l’avons été, à l’image de la femme à côté de moi où je pus percevoir une larme perlée au coin de son visage. J’espère que vous m’en rendrez raison un jour d’avoir ému celle que j’aime éperdument. Vous êtes tous les deux à la fois douceur comme le miel du pays du cèdre, et pour que celui-ci nous submerge vous rajoutez un peu de raffinement et un monstre d’humanité, Joey « Starr » un nom qui décidément n’est pas usurpé.

Le destin de John Merrick, le monstre Londonien dans le corps d’un géant, qui crevait l’écran de sa sensibilité déjà dans « Police », une bête sacrée qui interprète un monstre, mais de mansuétude. La pièce du dramaturge américain Bernard Pomerance, qui avait, dès sa création en 1977, installé le principe d’un acteur sans maquillage ni prothèse, nous raconte le mépris commun des conventions sociales, avec un clin d’œil à Whitechapel et Jack The Ripper qui se regarde dans la glace pour apercevoir le portait de Dorian Gray, joué par l’excellent Luc Bruyère. Read more on …

UN CHOO PEUT CACHER UN CHIC

Au sens strict, on entend par chinoiseries un style européen de décoration dont l’origine s’inscrit dans une problématique d’échanges artistiques entre des civilisations très éloignées et fondamentalement différentes dans leur perception du monde. Le terme, lui-même, est apparu dans la langue française vers 1845, avec une connotation nettement péjorative qui a longtemps perturbé.

BARAVIA FASHION DUBAI

“Le but ultime de Baravia Fashion n’est pas seulement d’être connu dans le domaine de la mode, mais de voir des visages qui sourient en toute satisfaction”. Je n’invente rien ! Voici le communiqué de peste. Mais, pour nous, c’est les larmes que nous avons senties couler le long de nos joues. Une chose est sûre, si vous ne voulez pas être connu dans la mode, cela sera le cas, et pour la satisfaction de vos clientes, donnez leur un petit canard de Chantal Connasse pour leur nymphe en feu, car elles sont tellement obsédées qu’à la fin elles sautent même les repas.

Maudit soit l’auteur de cette collection, une création qui cousait malgré minerve, et de son lourd marteau vers cette douce vilaine envie de “poétratre” affamée au point même d’aimer Elie Saab, le couturier Libanais qui a le nom d’une voiture Suédoise…

VUITTON UN ARC-EN-SIECLE

Mardi dernier, le spectacle était Cour Carré du Louvre là où, autrefois, la couture plantait ses tentes pour que les couturiers du monde entier viennent présenter leur collection. Cependant, après des années de controverse, ceux-ci mécontents du lieu avaient déserté cet espace du centre de Paris pour aller s’exploser un peu partout dans la capitale. Pour finalement, établir leur siège au Palais de Tokyo. Qui a pu avoir cette idée si saugrenue pour la couture Française ? Certainement pas Jacques Mouclier qui voulait regrouper l’ensemble de la profession au Louvre : une idée probablement trop en avance sur son temps.

GUCCI ELIXIR PHILOSOPHALE

Du latin elixir emprunté à l’arabe ibérique médiéval «pierre philosophale» et du grec ancien xêríon («poudre siccative à mettre sur les blessures») siccative est une substance qui joue un rôle de catalyseur en accélérant le séchage.

Voici donc l’Élixir de la maison Gucci, « mémoire d’une Odeur » pour slogan et qui réalise une nouvelle famille olfactive. Suis-je atteint d’anosmie, où le chimiste apocryphe nous donne une arôme dont le sillage est composé d’ingrédients inattendus : camomille romaine, jasmin corail, muscs et accords boisés, dans un flacon de la couleur originale du verre de la même couleur où autrefois à Pompéi les carafes se faisaient cépage de notre ivresse.

LE RETOUR DE MADAME BOVARY

Le supra-luxe arrive avec le retour de ces grandes courtoises supra-riches, des Emma Bovary disparues déjà depuis longtemps. Des femmes, tout signe extérieur de distinction dehors, reprennent le pavé de Paname, et les voilà de retour après des années d’exils de la planète style, la grande bourgeoise revient en force. Mais, pourquoi ?

Face à une offre toujours plus saturée, les marques ont compris qu’il était temps de se recentrer sur les valeurs et de redéfinir leurs fondamentaux. Or l’allure bourgeoise n’est pas dans l’aldéhyde et se prête parfaitement à une réinvention car elle pose la question du retour aux femmes de goût. Cela soulève, toutefois, surtout la notion d’héritage accentuée récemment par d’autres événements comme la disparition de Karl et la mémoire de Chanel ou bien, dans un autre registre, l’effet suscité par l’incendie de Notre-Dame avec la reconnaissance de son histoire immense connue du monde entier, en un mot le patrimoine Français, sans oublier Franck Sorbier, intemporel et postmoderne du dernier grand couturier.