LA MODE A LA BOTTE DES MONDAINES

On le sait désormais. La mode aime la possibilité de renaître tels le phœnix de ses cendres. A la seule différence, c’est que ces bimbos ne représentent pas la mode. Malgré quelques millions de followers au compteur sur leur Instagram respectif, Paris Hilton, femme d’affaires aguerrie, peine désormais à s’imposer comme icône branchée. Plus souvent moquée qu’admirée, la filiforme blonde fait pâle figure à côté du clan Kardashian-Jenner qui accumule des looks « streetwear » minimalistes et dollars. Mais, c’est surtout la mère Karda, en chef de bande, qui a su faire cracher au bassinet les marques de mode…

LA PIPE DE KARL

Une bouffarde pour la mode, pour un écran de fumé afin de cacher la misère de la création des accessoires. Après la fusée qui fume, voilà la pipe à Papa, un  retour aux sources pour le Kaiser. Quand Magritte peignait une pipe en inscrivant : « Ceci n’est pas une pipe. » A contrario, Karl Lagerfeld nous montre une pipe et nous dit : « ceci est une pipe ». Accessoire de luxe du groupe Chanel, vous avez dit ?  Prochainement, un cellulaire invisible pour les conversations transparentes des Baronnesses et Vuittontesses, en espérant que cela puisse leur donner quelques cellules…

CÉLINE COMME UN SAC

Quand les anciennes clientes deviennent des concurrentes ! La Diva de la pop commence une nouvelle vie après le trépas de son René. Qui la blâmerait ! La Céline Diva de son état a décidé de lancer une collection de sacs et d’accessoires. Après un premier lancement en Amérique du Nord largement mitigé, la marque cherche à se développer en Asie. Il est vrai que l’on peut tout vendre aux nouveaux riches chinois incultes et surtout n’importe quoi et à n’importe quel prix. Alors, pourquoi pas Celine’s Bag.

La société du groupe Bugatti, co-propriétaire de la collection Céline Dion, a déclaré qu’avec des ventes dépassant les 10 millions de dollars après seulement trois collections, elle restait confiante.

KERING LE TRÉSOR DE RÂ

Le conglomérat français, dont Bottega Veneta, Boucheron et Alexander McQueen, a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 15,5 milliards d’euros, en hausse de 27,2% . Le chiffre d’affaires généré par les activités de luxe de Kering a franchi pour la première fois la barre des 10 milliards d’euros et la part de Gucci est de 6 milliards d’euros sur la même période.

Année phénoménale en 2017 pour François-Henri Pinault, 3 milliards d’euros de revenus supplémentaires en une seule année, et quand le prince de Venise sera présent dans les Halles avec son musée au coeur de Paris et à la nouvelle poste du Louvre, il est probable qu’il finisse par dammer le pion à son concurrent, le Seigneur des Arnault…

RETOUR DE LA PANTHÈRE

La montre Panthère de Cartier lancée en 1983 et interrompue en 1996 aurait pu être oubliée dans les tiroirs du temps. Pourtant, Cartier a décidé de nouveau de miser sur elle et de la relancer en 2017. Le désir du PDG, Cyrille Vigneron, est de recentrer l’offre horlogère de la marque sur la clientèle féminine, mais, l’ancien de Vuitton, avec son intuition légendaire, le pousse également à penser que cette montre correspond parfaitement à notre époque.

Élémentaire, mon cher Watson, car ce dernier, en effet, demande à Richmont 25 millions de dollars pour avoir utilisé une de ses photographies sans sa permission dans une publicité de Cartier.

LANVIN LA DAME DE RANCUNE

La « dame Jeanne », en grande difficulté, est courtisée par les géants du secteur, LVMH et Kering pour ne pas les nommer. Ils ont exprimé leur intérêt pour faire une offre sur la Maison. Toutefois, le leitmotiv de madame est : « mieux vaut penser le changement que changer de pansement ». C’est une vision plus tragique que stratégique. En fait, c’est le fond Mayhoola qui paraît être la « proposition la plus sérieuse » bien qu’aucun accord n’ait encore été signé. Les ventes de Lanvin ont baissé de plus de moitié, ces trois dernières années, pour tomber à moins de 100 millions de chiffre d’affaires.

La Maison de mode française peine à se réinventer malgré les efforts des deux designers successifs, dont l’excellente Bouchra Jarrar adoubée par Monsieur Didier Grumler, sa protégée.

L’ART HAUTE CULTURE DE MODE

On pouvait s’étonner des longues files d’attente se déployant rue de Rivoli aux abords des Arts Décoratifs. Une exposition qui s’est achevée le 7 janvier en battant des records de fréquentation avec plus de 700 000 visiteurs. « Christian Dior, couturier du rêve », plus que Hockney ou Matisse au musée Beaubourg, mais moins que la collection Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton avec 1,2 million de visiteurs. Tout cela retombe de toute façon sur les marques du Seigneur des Arnault. Exposition qui flirte avec le record établi en 1967 par Toutankhamon. Le sphinx a battu son ancêtre, record absolu pour une exposition consacrée à une maison de mode et, pour remercier Sydney Toledano, PDG de Christian Dior Couture, le Seigneur l’écarte de Dior de peur …

JULIEN FOURNIÉ ARISTO-FEMME

Moi, par contre,  je suis toujours concentré dans ces moments car je connais l’enjeu : des milliers d’heures de travail pour une trentaine de minutes de présentation. Cela mérite une certaine tenue et, parfois, quelques mots bien sentis par des journaleux qui détruisent la construction de plusieurs mois de besogne éreintante, juste parce qu’ils n’ont pas su écouter le souffle magique de ce coutumier du beau . Mon père avait raison : « un grand pouvoir engendre toujours une grande responsabilité ».

Julien Fournié a cette faculté de désintéressement qui lui permet d’accéder à l’universel, démonstration de savoir-faire et de créativité Haute Couture, des silhouettes ayant nécessité des milliers d’heures d’élaboration.

Les plus belles matières et broderies, mais aussi un soin tout particulier aux détails, jamais laissés au hasard.

INFLUENCEUSE SUIVEUSE DE MODE

Si, aujourd’hui, à 13 ans, tu n’as pas ta chaîne Youtube représentant 10 kilos d’abonnés, tu as raté ton adolescence. Parfois, mes parents me disent qu’ils vont me priver d’argent de poche, mais en deux vidéos, j’ai amassé plus d’argent que mon père en 20 ans. Mon père quand il réussit à envoyer une photo en mms, il pense qu’il a hacké le réseau de la NSA tellement il est fier comme le père de Marcel Pagnol et ses bartavelles.

A mon âge, ma mère jouait à faire du tricot, moi dans ma chambre, transformée en studio d’enregistrement,  je like, je follow,…

HYUN MI NIELSEN

Alors que les femmes présentes étaient, neurones au chômage technique, plus catins que satins très entendues et peu attendues, Hyun Mi Nielsen voulait se démarquer des choses induites des réflexes de la mode. Considérant que le passé nous amène à envisager l’avenir, le créateur fait le point sur les déchets de notre société et son recyclage va au-delà. C’est avec légèreté qu’elle donne à cette profession une nouvelle vision sur l’environnement : « Maître » à profit de nouvelles techniques de récupération pour sa collection. Voilà un objectif bien honorable.

« Il ne s’agit pas seulement de recycler en couture, c’est aussi la vision d’une nouvelle vie qui s’offre à nous.

GUO PEI PAS DE MINE

Ceux qui ont fait ce choix doivent se mordre certainement les doigts d’une créatrice qui rafistole le romantisme avec les fils du téléphone, dans un style plus dynamo que dynamique. Elysium ou la demeure des bienheureux, un paradis pour le bonheur qui avait attiré notre appétence. Voilà la deuxième Chinoise, la plus connue de Paname, amie de Madame ‘Show’ de « Jeanne Bovin ». Guo Pei ou sa propre version du miracle de la vie, un arbre pour une histoire de Diogène « lupanardesque ». Comme le film « Avatar »  un paradis ‘faute couture’, fantastique roman de « Cou-Gare », plein de fleurs colorées et de sirènes cherchant les fées à la « Chambre stomacale ».

ELIE SAAB BLING BLINDE

« Paris est une Fête » c’est le titre de la présentation d’Elie Saab pour 2018 ; un défilé avec un peu plus de plumes que d’habitude. Espérons au final que nous ne les aurons pas dans le fondement. Des robes diaphanes et des bijoux inspirés de « l’Art déco », que le libanais ne connait pas personnellement, mais il en a souvent entendu parlé, les « Arrhes des Cons ». Une couture pour ceux qui cherchent leurs tenues pour les prochains « Wall of Fame » de la société du bling bling. Et, c’est avec une seule arme que le couturier crée, un balai qu’il porte, d’ailleurs, comme une épée et racle le ruisseau infatigablement. Toujours embêté devant une porte où il est écrit « il y a quelqu’un ». copain impénitent de la Baronne de la Cystite : « à vaincre sans baril, on triomphe sans boire ».

AZZAZERO ET DIX DE DERCHE

Finalement, le Seigneur des Arnault avait raison de se séparer de ce Rousteing de pacotille, un « versa » plus à scier pour un prêt-à-porter plus « zara tous strates ». Toute une philosophie ! Azzaro, sous la plume de Simoëns, est devenu « Azzabof » le belge de l’école de la « chanvre stomacale », une chambre noire, qui lui va si bien, pour celui qui avait des velléités de faire du cinéma, ceci explique peut-être cela

Néanmoins, aujourd’hui, il est devenu un spécialiste du dressing masculin entre le tailoring et le sportswear. C’est la tendance de notre ère. C’est pour cela que continuer à produire une collection féminine pour la marque, qui n’en ait plus une d’ailleurs, Azzaro vient une fois de plus de réaliser des modèles pour des catins de supermarchés.

LES SICAIRES DE LA MODE FRANÇAISE

En France, la plupart de la population française est déconnectée de la mode. La Fashion Week est devenue un sport de « télé-broadcasteurs » d’images à gogo. Jeudi soir, la Haute Couture n’a jamais semblé plus ridicule, plus déconnectée, plus hors de propos. C’est le râle de la mort que l’on entend, car les préoccupations sont plus commerciales que culturelles. Nous achetons plus par addiction et pression publicitaire que par émotion et plaisir pur. Nous ne croyons plus à la magie du vêtement ou à la satisfaction qu’un sac peu offrir. La cliente achète pour assouvir un manque, très bien recréé par les marques….

CHRISTOPHE JOSSE COUTURE

C’est le charme des départs, de nous basculer dans l’inconnu et de creuser au sein de la trame du temps une déchirure bénéfique. Si la poésie est indépendante, c’est à cause de son caractère d’universalité, et elle assure l’intériorité au poète qui ne doit jamais renoncer à jouer son rôle. « Welcome back », Monsieur Josse, et ras-le-bol des tenues de femmes à moitié nues, qui font de nos filles et de nos femmes des demi-mondaines, vulgaires, et calquées sur les égéries de la télé-réalité, qui restent des folles extra-ordinaires, et fatales, et qui nous font frôler l’abîme du néant…

FRANCK SORBIER ANNÉES FOLLES

Si j’avais à commencer ce défilé, j’aurais écrit : « menez une vie d’homme, mais restez une femme ». Bien dans la tendance, le poète, Maître de la mode, l’incontournable et incontourné, Franck Sorbier est toujours à l’écoute de notre temps, et c’est justement cela la mode et la Haute couture.

Dans son laboratoire, il a vu depuis ces derniers mois les « balancestonporc.com » grossir exponentiellement et, en homme sage, il nous rappelle notre propre histoire, là où, en 1920, les femmes découvrent le pouvoir de séduire mais aussi le pouvoir de leur propre corps. Une Isadora Duncan conduisant son cabriolet Morgan à toute vitesse et qui fonda non loin du lieu de la présentation à l’hôtel de Biron, rue de Varenne, son académie. Les Garçonnes que Madame Chanel habillera pour s’encanailler.

CHANEL LA CLOSERIE DES GAGAS

La barbe alors ! On pourrait s’esclaffer devant le nouvel appendice du Kaiser, c’est l’art des jardins à la française pour Chanel, autrement dit la recherche de la perfection formelle et, en même temps, comme diraient les marcheurs, la majesté théâtrale et le goût du spectacle, cela vous va si bien, Monsieur. Dans votre vision toute germanique, vous construisez la mode avec des satins de supermarché, des filles maigres comme un jour sans pain, mais ayant rassasié les Porsches de leurs conquêtes qui vous servent de faire valoir. Vous multipliez les seins que l’on ne saurait voir, bouts d’épaule masqués et jupons en coup de vent, qui vous donnent mal au cœur.

La Victoire de Samothrace vous dégoûte-t-elle ? L’élégante maigreur de l’Armée du Salut vous plaît-elle, à moins que cela ne soit le mot « armé » qui vous parle du Paris de vos ancêtres. En maniaque, vous flairez le facile comme un chien flaire la truffe du Périgord. Vous êtes le Torquemada des maisons de couture, le Vespasien des lupanars (comprenez la chambre des louves). Mais, il est vrai, qu’en tant que germain, vous parlez aussi le « catin ». Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche et le Grand Palais devient la vôtre. Espérons qu’elle ne sera pas votre « sépulcre-couture »…

DIOR LA MANCHE CHIURI

Un immense Dé recouvert d’un damier de miroirs et de carrés noirs dans les jardins du musée Rodin. Un décor tout en noir et blanc, comme un jeu « d’échec et bath » un damier plus dîmier pour la marque. Sous la structure, au beau milieu, en suspension, des cages d’oiseaux et des sculptures surréalistes. Ici, un nez géant qui respire le luxe et le parfum de la création. La Vicomtesse pensa voir le sien avant son opération, un tarin de tapin. Il y a aussi une main, celle de Dieu peut-être ? Plus loin, une oreille pour écouter les échos du musée Rodin et de la création inhérente au lieu.

L’imaginaire, c’est ce qui tend à devenir réel, nous dit Maria pas ses messages, et c’est le leitmotiv de la nouvelle reine de Rome à Paris. La louve avec le Seigneur des Arnault feront de Dior, sans aucun doute, une marque emblématique du 21ème siècle. Le déclin de la Haute Couture ira de pair avec l’affirmation de la culture latine, elle-même étant la synthèse de toutes les influences que l’Europe aura vues se croiser. Un monde merveilleux qui s’offre à nous. Enfin, Dior est de retour sur les grands échiquiers du monde de la mode et de la couture. Il était temps.

ON AURA TOUT VU

Que cette première journée de la Fashion Week de Paris fut longue et ennuyeuse ! Seuls deux shows sont venus nous sortir de la léthargie que nous avaient infligé le froid, la pluie et le manque de créativité. Ce n’est qu’en cette fin de journée que finalement, la flamme et la passion de ce métier jaillissent d’un seul coup grâce à « on aura tout vu ». On se demande comment des créateurs aussi doués peuvent-être en dehors du calendrier officiel de la Haute Couture ? Mais, arrêtons de nous poser trop de questions car il est difficile de demander à un Economiste de juger un métier d’art lorsqu’on est un spécialiste en analyse et grandes réflexions contemporaines.

Ce que nous avons vu ce soir c’est ce que nous devrions voir à chaque collection de Haute Couture : un savant mélange de robes faisant appel aux métiers d’art et un laboratoire de curiosités qui émule notre imaginaire. La preuve en est que quand Livia et Yassen créent, ils font appel à un créateur japonais de lunettes qui réalise une paire de lunette de soleil de toute beauté qui vient apporter à …

LES ECHOS DE PASCAL MARRANT

Il est lourd et obstinément enfoncé dans sa science, occupé à compter toutes les fibres qu’ils dissèquent, avec un tel encombrement d’outils et de préparation que lorsqu’il sort de sa chambre et revient à la lumière, il garde l’odeur du cénacle où il s’était endormi entre deux saisons. La vraie noblesse lui manque pour les choses délicates de la couture. Ses mains d’économiste sont maladroites. Devant des couturiers, il enlaidit le laid, mais triomphe quand il s’agit de peindre l’évidence.

Grand Dieu ! Heureusement, que le Seigneur des Arnault ne lit pas la prose des Echos de Pascal Marrant. Mais dans quel monde Vuitton !