KARL LAGERFELD MEURT A 85 ANS

Rien ne prédestinait Karl Otto Lagerfeld à devenir l’un des couturiers les plus talentueux de sa génération. Né en 1933 à Hambourg, ce fils d’un représentant de commerce d’une enseigne de lait concentré d’origine suédoise et d’une mère passionnée de lecture aura connu une jeunesse marquée par la guerre et de multiples déménagements, mais aussi par une éducation rigoureuse. Lui qui étonne par de grandes aptitudes en dessin tombera amoureux de  la couture le 13 décembre 1949, en assistant, grâce à sa mère, à son premier défilé, celui de Christian Dior.

Le jeune Karl Lagerfeld se mettra alors à dessiner ses premières créations. Un coup de pouce du destin quelques années plus tard le propulsera définitivement dans le monde de la mode, grâce à Jacques Mouclier qui voulait ouvrir le calendrier de la mode. Voici le couturier le plus emblématique de la mode qui disparait. Cette icône incontestée laissera un vide sans pareil et aujourd’hui, toute la mode lui rend hommage et, nous souhaitons toutes nos condoléances à Choupette.

VRILLAGE WESTWOOD

C’est le loquax de Viviane, le bavardage de la couture par son jeune gode Michel qui est transformé, pour la circonstance, en couturier loquace. Au mot loquace, nous apercevons la bouche aux lèvres rouges sanguinolentes autour d’un parterre de people qui attendent avec impatience le défilé d’Andreas, le tyrolien de ces dames, « l’autre y chien » qui remue la queue quand on lui parle de la douairière.

Si quelqu’un vous dit que pour réussir dans la couture il faut coucher, croyez-le ! Car, dans ce cas de figure, c’est exactement la vérité et c’est ce que nous voyons aujourd’hui à Londres pour le défilé de Viviane Westwood.

La million dollar mamie nous donne une leçon de savoir-vivre pour les générations futures. Écologiquement vôtre, la maison vient de se transformer en usine de recyclage de vieilles fringues au kilo que l’on revendra dans les boutiques d’Oxford Street, mais, même à Oxford, il n’y avait aucune intelligence.

NATASHA ZINKO LONDON 2019

Une mécanique couture, comme du même nom de l’escalier, que descendaient les mannequins, dans ce gouffre sans fin de la profession pas sans couturière mais sans couture. Un show dans un escalier où aucune marche ne sera franchie, je parle là de la marche du talent, mais qu’elle ne se désespère pas car les Anglais vont adorer le style copiage de Balenciaga, un bric-à-brac de n’importe quoi que les gens achètent pour pouvoir être différent ! Un escalier pour la petite fille d’Odessa, l’ukrainienne pensait que le descendre lui aurait donné l’inspiration

C’est comme s’il était possible de monter au deuxième étage sans passer par le rez-de-chaussée. Je sais que vous pensez à une échappatoire, la flagornerie pour fuir les étapes, mais dans la vie, il n’y a pas d’ascenseur ! On monte marche par marche avec ses propres pieds et aucune technologie ne peut nous remplacer. Dans la couture c’est pareil. Il n’y a pas de raccourci, on ne saute pas d’étape, on ne peut pas aller plus vite que la musique de la machine.

MARY KATRANTZOU LONDON 2019

Il y a d’abord l’air, qui comme un souffle court, pourrait d’une force déraciner la plus grande des tours de Canary Wharf. Il y a le feu jaune qui réchauffe le cœur, et, puis la terre solide et forte, et pour finir l’eau de source ou de mer, qu’importe, si elle est notre mère à tous «terre, air, feu et eau». Le thème du spectacle de la femme née dans la patrie de Périclès, nous montre une palette de couleurs arc-en-ciel avec une utilisation exubérante de volants et de plumes, : un clin d’œil à la couture des Anglo-sans-façon des années 70 et 80.

Bizarrement, les pièces les plus extravagantes de cette collection sont les plus commerciales, telles que les robes multicolores intensément perlées, noyées dans des motifs tourbillonnants de fleurs. À une époque où la production de masse fait de moins en moins place à un travail soigné, qui demande temps et abnégation, la créatrice prend le contre-pied et prouve bien que les clientes fortunées sont en quête de rareté.

La protégée de Ralph Toledano est un savant mélange de culture, légèreté et de sophistication, Mary produit sûrement sa meilleure collection, en tout cas, la plus commerciale.

LONDON FASHION POST BREXIT

Pourquoi pas ! Cela n’est pas une idée incongrue de penser que la Fashion Week de Londres, qui a commencé ce vendredi, sera l’ultime Fashion Week pour la Grande-Bretagne. C’est lentement mais sûrement que les premiers rangs des défilés se videront comme se vide un jéroboam de Roederer dans les mains de russes en manque de Vodka au Nikki Beach.

Les défilés de La « Perfide All Blonde » présentent une grande majorité de talents créatifs directement injectés par l’Europe continentale. Alors que les invités de la prochaine Fashion Week convergent vers Londres pour assister aux défilés du 15 au 20 février, pense-t-il que cela sera la dernière fois de leur vie ?

MONSE WINTER 2019 NEW YORK

Lorsqu’ils arrivent au studio pour l’interview, Fernando Garcia et Laura Kim raconte le repas coréen que cette dernière avait cuisiné la veille, et qu’ils ont partagé dans son appartement de Manhattan. Une chose que la créatrice adore, mais l’emploi du temps surchargé des associés ne laisse pas vraiment place aux loisirs. Deux ans à peine après son lancement, Monse (c’est le prénom de la mère de Fernando, à prononcer « mon-say »), rencontre un succès auquel ils ne s’attendaient pas, sans oublier, excusez du peu, le fait qu’ils aient aussi été choisis comme directeurs artistiques de la marque Oscar de la Renta…

LE LUXE DICTATEUR DE NOS VIES

Cette uniformisation de notre société et du consommateur – même les fascistes allemands n’avaient pas réussi à l’imposer – c’est le nouveau pouvoir de la société de consommation qui réussit à construire parfaitement autour de nous un mur (c’est à la mode ) en détruisant le réel pour nous faire plonger dans un monde immatériel, cela nous mettra peut-être, à l’échelon de Dieu, comme un esprit en devenant immatériel.

C’est la nouvelle façon d’être humain, et la France produit ce nouveau schéma commandé par nos nouveaux leaders les grands capitaines d’industrie du luxe qui nous font croire que notre vie ne serait pas supportable sans Iphone ou sans sac Chanel.

MORT D’UN GÉANT

Svelte, les bras étendus comme des ailes déployées, il marchait dans l’air qui virevoltait autour de lui, lui donnant une élégance sans égale. Sa chevelure blanche faisait de lui l’homme sage le plus jeune de l’industrie de la parfumerie. Il était l’homme aux 650 flacons parmi les plus connus de la planète. Un créateur du rêve, un libertaire convaincu. A la première lecture de sa personnalité, on pouvait deviner que ce poète des temps modernes, amoureux de sa femme, comme un enfant, était un provocateur qui cachait une grande timidité. Sa vie, en dépit de quelques embûches, ne viendra jamais ternir son élan, son enthousiasme et sa créativité.

Les senteurs et les parfums tournaient dans l’air du soir comme une valse mélancolique autour de lui et dans un langoureux vertige où l’imaginaire et la sensualité n’ont eu de cesse que de croître, car sa seule volonté était de créer pour les générations futures.

KAIMIN PAREIL QUE MOCHE

Il est usuellement admis pour un grand couturier de démarrer avec une heure de retard, mais pour « KAIMIN », 30 minutes de retard, cela nous semble superfétatoire. C’est déjà trente minutes de trop ! Nous avions espéré que la première image du défilé serait quelque chose d’extraordinaire : une magie soudaine qui nous ferait oublier notre attente, mais… quelle déception ! Une marque qui collabore avec des artistes comme Bjork, Lady Gaga, Nicki Minaj, Katy Perry et bien d’autres, sorte de melting-pot de créateurs qu’ils ne sont pas.

Ce n’est pas de la couture. C’est véritablement une mascarade et toujours la même au demeurant. Quelle femme va vouloir être habillée de la sorte ? Nous ne parlons pas ici de Haute Couture, mais bien, de prêt-à-porter. Ce qui veut dire, une collection qui sera mise prochainement en boutique, ou pas !

MARGUS LE SCEAU IMPÉRIAL DE BOGOTÁ

Si vous êtes avec Nicolas Le Floch, rue des Prouvaires, signifiant prêtre au moyen age, parce que les vicaires de Saint-Eustache l’habitaient au 12ème siècle et que vous rencontrez un chef qui parle japonais mais qui vient du Laos, vous êtes au restaurant le Margus. C’est un petit restaurant où la devanture n’est pas secrète mais discrète. Le décor intérieur soigné, type « Cuba libre », avait émoustillé les deux jeunes Bimbos qui m’accompagnaient. A la seule évocation de Cuba libre, les donzelles avaient imaginé le « cul libre » dans un after de Carthagène après ripaille…

JOSSE LE SEIGNEUR

C’est avec un peu d’appréhension que je me présente au portail. Chaque créateur a, en effet, le pouvoir fatal de vous jeter, par un sourire, face à l’ivresse ou le désespoir de votre propre inculture. Point la peine de connaître l’anthroponyme pour découvrir que le nom Josse est la forme populaire de l’origine bretonne Jodocus. Saint Josse, fils du roi breton Judicael, contemporain de Dagobert, est basé sur la racine celtique « jud » signifiant « combattant, chef et seigneur ». Sa forme anglaise est Joyce, un signe pour le Seigneur des Arnault et sa future marque du supra luxe, Jean Patou.

HERMES MANUFACTURE DES IGNOBLES

L’anagramme de « Gobelin » est ignoble ! Il est certain que les services marketing ne l’avaient pas vu. C’est un mauvais présage pour la collection d’Hermès qui se déroulait justement à la manufacture du même nom. Au milieu des meubles de style et du mobilier national, Hermès espère ne pas faire tapisserie durant cette Paris Fashion Week, une image subliminale afin de nous faire comprendre que la maison fait partie du patrimoine Français.

Loin, bien loin des créateurs du groupe LVMH et, surtout de Virgil Abloh, la nouvelle pépite de Vuitton, l’arménienne maison qui crée pour l’homme et qui devrait redessiner le marché de demain pousse une enclume avec un cure-dents, mais il est vrai que chez Hermès demain, c’était hier.

ROLLAND UN MYTHE INERME

De Balenciaga à Jean-Louis Scherrer, celui qui pense que le vêtement est un passeport, comme une sorte de laissez-passer dans l’intimité d’une personne et de sa culture, n’exprimait jusqu’alors que les boudoirs des palais du Moyen-Orient. Mais, cette saison, c’est une couture plus sage et plus en introspection que Stéphane Rolland nous propose. La femme du roman de Scott Fitzgerald, la féminité cachée sous une décontraction de circonstance. Source d’inspiration, cette nouvelle génération que le couturier regarde, le Gasbying fait son chemin. L’égoïsme romantique, avec une certaine élégance nonchalante, l’illusion des apparences et d’un certain snobisme qui n’est qu’un échappatoire au désenchantement.

Une couture fade comme ce parfum suave d’une génération perdue fascinée par l’extravagance oubliée, il sera le produit d’un esprit qui ne sait pas ce qu’il veut dans une génération inquiète. On s’étonne que ce garçon à la pensée tout aussi structurée que ses créations n’a pas capitalisé avant sur ce cheminement.

ADELINE ZILIOX PARIS 2019

J’avais repéré cette petite strasbourgeoise, dans un showroom à la Madeleine. Les voyages forment la jeunesse et inspirent les créateurs, mais c’est le poncif le plus éculé des dossiers de presse. Heureusement, le voyage de cette créatrice était dans sa tête; une amazone stéréotype féminin puisant son inspiration dans la mythologie grecque en nous remémorant la Montana-mia d’autrefois. C’est un sentiment de fraîcheur dans cette Fashion Week si bourgeoise, à souhait, où les stars Canadiennes laissent une larme entendue pour un show de son Valentin. Cependant, cette jeune fille ne manqua pas de « Spiritus » pour son défilé dont la fraîcheur n’avait rien à voir avec la météo du jour dans les rues de Paname.

Un instant furtif entre la création et la mémoire est un jeu de technicité entièrement accompli, pour cette nouvelle entrante dans la Fashion Week de Paris. Pas d’embourgeoisement dans cette présentation de cette jeunesse urbaine endimanchée comme si elles avaient été déguisées en lieu et place de la rue où les centraliens siègent habituellement, un signe peut-être.

DIOR LA CROISIÈRE S’AMUSE

Après avoir présenté des collections croisières dans Santa Monica, puis dans les grandes écuries (d’Augias) de Chantilly, lieu imprégné d’histoire, un clin d’œil à la tradition de Monsieur Christian qui avait imaginé, en son temps, une robe inspirée par Chantilly pour l’hiver 1947-1948, cette fois, la maison du maître de Granville se rend à Marrakech pour sa prochaine collection croisière.

La marque prépare ses bagages, Vuitton bien-sûr, pour Marrakech. Pierre Berger doit se retourner dans sa tombe, car la présentation le 29 avril ne sera pas très éloignée de la Villa Majorelle, oasis dans la palmeraie l’Eden où reposent les cendres d’Yves Saint Laurent : la boucle est bouclée.

LA CARINE ATTIRÉE PAR LA COCO

Un nouveau partenariat est annoncé, en septembre, avec « Clarine » Roitfeld et Lagerfeld, ainsi Karl met Carine sur un « rail ». Une collaboration qui évoluera avec des projets qui seront annoncés plus tard cette année dans un flou artistique à la David Hamilton. Il faut dire qu’après les petites filles photographiées comme des Lolita hyper-sexualisées, le « blurring » Hamilton est de bon aloi, et maintenant, Karl est sûr qu’après lui le déluge. Ainsi les frères, Champs de courses, n’auront plus un chantage au « des missions millions » et après Karl, on rase gratis. L’année dernière, il avait déjà réalisé une collection capsule avec Sébastien Jondeau, son assistant personnel et garde du corps de longue date. Autrefois, on disait son Neveu et même si les mœurs changent, les masques restent.

Roitfeld et Lagerfeld auraient des goûts et un penchant pour le style graphique convergeant : « Elle sait ce qu’elle veut, dit Karl, quand elle a une vision, elle l’annonce « . La Clarine correspond à son image, à son univers et, par définition, au Kaiser. Celle-ci l’aurait qualifié de l’une des personnes les plus intelligentes, les plus inventives et innovantes jamais connues. Une flagornerie, pour une place chez Chanel, vaut bien une messe.

BALMAIN A PORTÉE DE NAIN

Un budget de Qataries pour une Haute Couture de « cata rien », Rousteing ou l’handicapé de l’aiguille, le tueur plagiaire de la mode reste sans inspiration quand il faut donner la quintessence de son métier. Il montre, enfin, son vrai visage, celui que nous avions décrit, il y a déjà quelques mois, le visage du zéro de la création. L’homme couture le plus démuni de la Fashion Week, c’est un lexicographe amateur comme un crachat laissé sur le « faux bourg », martelant de son marteau aiguille le bons sens et la solitude de sa page blanche. Après Sorbier on peut constaté que devant les moyens de celui-ci et de la maison du même nom, Rousteing avec ses moyens illimités n’arrivent même pas à décoller du sol de quelque millimètres, alors qu’un vrai créateur avec peu de moyen, peut réaliser une collection si merveilleuse et envoûtante.

FASHION TROTTINETTES

Certains ont opté pour un mode de transport particulier, oubliant toute notion de dignité et, même la Chambre Syndicale, ne pouvant contrôler Paris et sa circulation pendant les présentations de Haute Couture, préconise la trottinette. Ainsi, vous pouvez imaginer Céline Dion ou Anna Wintour sur cet engin de mort ou de mode, c’est selon ! Et pourtant, pour circuler en ville, moult moyens ont été conçus à travers les âges, et entre le métro et les bus,  les moyens dans Paname ne manquent pas, mais certains trouvent ça « sympa » de se déplacer en trottinette sur nos trottoirs. Pourquoi pas ? On peut se demander quel est le cheminement intellectuel de ce retour dans l’enfance ?

Cet objet, qui était destiné aux enfants, autrefois, trouve dans Paris l’apogée de sa popularité et se déplacer avec ce moyen donne immédiatement l’air d’un crapaud sur une boîte d’allumettes, et cela, personne ne peut le nier.

GIAMBATISTA VALLI PARIS 2019

Le fez ou tarbouche comme couvre-chef masculin sur femelle, et en forme de cône tronqué, orné d’un gland noir fixé sur le dessus, mais le gland n’était pas là où on le pensait hier soir au musée Georges Pompidou.  Là où les limousines tapissaient le parvis du centre de Paris, une vision de l’Empire Ottoman du XIXème siècle ou peut-être une couture de Giambattista Valli.

Prenez un soupçon de culture, quelques anciens modèles, raccourcissez les jupes, changez les couleurs de préférence, prenez un maquilleur et un coiffeur différents à chaque fois. Ensuite, louez un endroit charismatique dans Paris, comme un musée pour faire croire que vous êtes vous-même rentré dans ce lieu de culture. Invitez les blogueuses de moche et aficionados ainsi que des people ex-mannequins inconnus, ou ex-chanteuses pour un soupe de chiffon au centre du Paris populaire, qui devient par magie « people’r ».

Mettez tous ces ingrédients dans ce hall, secouez et maltraitez les, ils sont un peu masos !!! Parlez leurs comme du bétail, qu’ils prennent conscience qu’ils sont privilégiés, et là, vous aurez toute la presse qui encensera votre piètre contribution à l’histoire de la mode Française.

PARIS RESTERA TOUJOURS PARIS

Dior a engagé une troupe de femmes acrobates pour la présentation ; l’univers préféré du Maître de Granville. Viktor & Rolf présente des robes toutes prêtes à l’emploi, avec des phrases telles que « Je veux un monde meilleur ». Ils pourraient être considérés comme les journalistes couturiers. Chanel a amené la Côte d’Azur dans un Paris enneigé, transformant ainsi le Grand Palais en tableau de vacances, avec villa à l’italienne, palmiers, piscine, et la défection de Karl hospitalisé pour une grande fatigue…

CHAKRA L’HOMME QUI AIME LES FEMMES

Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. Moi, je les aime toutes, car pour moi, rien n’est plus agréable à regarder qu’une femme, pourvu qu’elle soit habillée d’une robe ou d’une jupe qui bouge au rythme de sa marche. Chakra l’homme qui aiment les femmes. Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes ces femmes de plus que celles que je connais déjà… et, bien justement, ce qu’elles ont de plus, c’est qu’elles sont des femmes Chakra …

YANINA L’ACCROCHE COEUR

J’avais sorti ma fourrure du frigo pour aller à la présentation de Yanina Couture pensant bien que l’oligarchie russe tout entière de Paris serait présente pour les 25 ans de la maison. Yanina Couture fête effectivement ses 25 ans cette année et à la prochaine rentrée, dit-on sous le manteau, elle espère être au calendrier de la Chambre Syndicale de la Haute Couture. Après un long périple, elle finit par obtenir finalement le Graal tant convoité.

C’est une ambiance un peu particulière car toute la diaspora russe est présente comme si après la Révolution d’Octobre, tous les russes de Paris étaient présents. Les Russkoffs sont de sorties : renard, chinchilla, vison et hermine recouvraient le front row comme si les bêtes sauvages s’étaient données rendez-vous dans le fin fond de la steppe, il ne manquait plus que Léon Zitrone pour que le spectacle fut complet.

En Russie, pour attirer les mâles dominants, les femelles sont prêtes à tout, et Yanina Couture donne un show comme une parade nuptiale qui exhibe de longues robes ornées de plumes. C’est un message subliminal de la créatrice ; une ronde des muses qui passe et repasse devant nous comme un ballet attractif et gracieux.

ON AURA TOUT VU PARIS 2019


La salle était comble et nous attendions tous avec impatience, comme chaque saison, la présentation de la collection de Yassem et de Livia. Deux dragons postés à l’entrée du défilé protégeait la création des deux designers. Le dragon animal imaginaire et inventé pour servir les hommes afin d’expliquer les phénomènes naturels qu’ils ne comprenaient pas. Maléfique et ravisseur de princesses en occident au Moyen Âge, symbole de vie et de puissance en Chine, protecteur en Indonésie, gardien des sabres au Japon… Le dragon est une créature fantastique et c’est, sous ce signe et cette alchimie que la collection était présentée …

SORBIER HIROSHIMA MON AMOUR

Le créateur vous accompagne et nous guide dans la contemplation de ce monde, Franck Sorbier ou le livre du voyage, là où on rêve en accompagnant notre vie de solitude fiévreuse le long des rues désertes comme nos jours. Un Kimono ou Obi de rêve que l’on n’aura jamais l’audace de porter tellement il est beau, des robes qui s’illuminent comme des étoiles au firmament de la Fashion Week de Paris, un contraste de noir et de blanc, allant des ténèbres à la lumière, dansant dans une ambiance qui vibre aux sons des baguettes de cristal de Michel Deneuve, comme si j’étais au bord d’un océan que la voie lactée aurait recouvert de son voile sonore.

Il me semble apercevoir deux muses merveilleuses, Camille et Julie Berthollet et, comme face à ces fleurs qui vous fascinent, les fragments du vrai de la mode retrouvent leur splendeur. Ivre de beau comme sur une vague de lumière si brusque et ardente, une robe comme un baiser qui fait trembler votre matinée d’ivresse comme si une rose en vous s’était déployée.

CHANEL AMERICAN HOSPITALITY

En plein cœur de la campagne Toscane, près de villes magnifiques telles que Florence et Lucques, se trouvent des villas ayant autrefois appartenu à la famille des Médicis, Seigneurs de Florence et non par des Arnault, enfin pas encore. C’est au cœur de Paris qu’un homme inscrit au Patrimoine de l’Humanité, Karl Lagerfeld a choisi une villa florentine pour la couture et cela me semble de bon aloi pour les florentins. Le public de demi-mondaines installé autour d’une Swimming « Poules » et le Kaiser, lui, regarde le fond de la piscine de son lit d’hôpital, mais il est vrai qu’au fond on n’est pas si con !

Alors, marchant en pays barbare, épuisé par la route et l’ivresse du froid de l’hiver, à l’invitation d’Orphée et de sa lyre, je lançais des paroles aux échos que les Champs Elysées me renvoyaient, comme un écho barbare, un « trip » pour le Grand Palais où je savais que Karl ne nous honorerait pas de sa venue.

DIOR PARIS LE CIRQUE

Dior fait son cirque. Sous le plus grand chapiteau du monde, ouvert sur la « Manche Chiuri », mais au musée Rodin, on assiste à une acrobatie intellectuelle à la Maria qui, jusqu’alors, nous avait habitué à des présentations sans filet et, même si cela ne nous « agrée » pas, les mannequins défilent sur la piste d’honneur, sans être annoncé par Monsieur Loyal, car, dans la mode, le mot loyal est un mot qui ne dit rien à personne.

La piste aux étoiles de la Haute Couture nous emporte dans un trou noir inspiré par les volutes de la créatrice, toujours à la recherche d’un style pour la maison de l’homme de Granville. Une idée sans filet, un freestyle grand écart, mais, surtout une grande désillusion. Le cirque de Baudelaire ou d’Apollinaire, sous le chapiteau de Rodin, des baladins passent et repassent devant les enfants que nous sommes qui suivent en rêvant et en attendant les clowns de la « Chambre ».

Ils ont des poids ronds ou carrés, des tambours et des cerceaux dorés, comme les écoliers de Salamanque, je me fais saltimbanque pour vivre comme un baladin.

FASHION SINE NOBILATE

Au-delà de son snobisme apparent, le milieu de la mode est aussi l’un des moins formatés et des plus ouverts qui soit, puisqu’il accueille toutes les nationalités, et, même les crétins de toutes les origines sociales, tous les niveaux de formations et il sait consacrer les talents les plus jeunes et les plus nuls aussi. Pourtant, la mode est aussi l’un des secteurs le plus perméable à l’air du temps. Les professionnels parcourent la planète, en tout sens, pour tâter le pouls des marchés et des fournisseurs et inventent inlassablement des matières et des formes pour mieux devancer les tendances.

C’est tout le paradoxe de ce monde à part où l’habit fait le moine. Ultra snob mais ouvert à l’extrême, ce milieu, très particulier, évolue, en fait, dans des bulles, mais de Champagne. La mode est-elle superficielle ? Je crois qu’il faut accepter cet état de fait si l’on décide d’en faire un métier.

THOM BROWNE DOGGY BAG

Le haut du panier de la Fashion ne fait pas exception au scandale et les sommets du ridicule ont la propriété de faire venir d’en haut la foudre, mais d’en bas, la lapidation. Je ne vais pas ici tirer avec la meute mais bien expliquer que la négation de l’homme par rapport à la femme est d’une débilité non pas de couturier, car celui-ci n’en n’est pas un.

Apprendre à devenir insensible aux moches devient presque une habitude, mais la chimie des psychotropes aide souvent beaucoup ce genre de créateur ; un singe manqué de l’Arétin, un charlatan trompeur, bâtard de Diogène. Certains couturiers perdus dans leur tour d’ivoire ne savent plus rien du fonctionnement de leurs usines à gaz. Mais, quel accouplement fabuleux ! Une limace et un paon, cette antithèse génésiaque issue d’un suintement de sébacée peut avoir généré cette chose qu’on appelle une couture, et malheureusement il est interdit de descendre avant la raie…