UN PISTIL DE HAUTE CULTURE

C’est la rencontre d’un petit homme vert sortant tout droit de la forêt de Brocéliande là où MERLIN l’Enchanteur, de sa baguette magique,  donna  à cet homme cet incroyable savoir-faire. Il le mis, d’abord, au service de la couture pendant plusieurs années mais, les Grumler & cie avaient fini par le dégouter du métier à force de préférer le vêtement.

Il m’avait demandé de venir voir son safran et j’avais pensé, moi, béotien, qu’il me proposait une traversée en bateau au-delà des mers du sud. En fait, c’était le pistil de cette fleur mauve au coeur écarlate ; un cadeau du paradis qui évoque l’Eden  et nous enchaîne à une mélodie qui embaume d’un parfum enivrant les plats les plus exotiques du monde.

COLIBRI

Minuscule Colibri mais grand gastro, c’est un si joli nom pour cet oiseau qui est le maÎtre des airs même s’il se déplace aussi en arrière, il donne toujours le meilleur de lui-même. Son aile, à 100 pulsations minutes, donne, aux clients de ce restaurant, le souffle magique qui, avec quelques amis, devient vite le début d’une soirée mémorable. Nous avons bu, comme cet oiseau, le nectar rosé servi en abondance qui nous donna l’ivresse de Bacchus et des fêtes de bacchanales ; autrefois où désordre et abus y étaient légions.

CRÉA PORSCHE

C’est la chronique ordinaire de certaines écoles de mode, qui sont aujourd’hui des boîtes à apprentissage, motivées plus par faire des bénéfices que de donner une vraie instruction à des étudiants qui veulent travailler pour ce métier ; une sorte de « dépôt de Bihan ». C’est la chronique ordinaire de la vie de tous les jours, avec des classes surchargées, et des professeurs sous-payés, pour des inscriptions toujours plus onéreuses. Les responsables de départements, dont je faisais partie, doivent jongler avec les impératifs budgétaires pour trouver les meilleurs professeurs à petit prix. Connaissez-vous un discounter de prof. ?

MARTIN HIJACKS PHASE TERMINAL

Un chef en approche de la piste avec son nouveau restaurant, « The French Taste ». Quand le chef Guy Martin nous a dit qu’il allait à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, j’ai pensé que sa cuisine allait décoller !

Celui-ci veut nous ravir le palais, mais le seul palais qu’il inaugure c’est le raffinement d’un aéroport où les plats, plus long à attendre que les pistes d’un A 380, ressemble au raffinement d’un charter de Ryanair, où les gourmets, plus gourmettes flashy de rappeurs, rentrent ici par erreur, car l’accueil est tellement glacial avec la climatisation à fond que l’on a l’impression d’être sur la banquise.

LVMH ACHETE UN FLORENTIN

Le groupe de luxe LVMH prend le contrôle de la maison de couture française Jean Patou. Fondée en 1912, elle avait été rachetée en septembre 2011 par le groupe Procter & Gamble puis par la société Anglo-indienne, Designer Parfums, basée à Londres, appartenant à la famille Mehta et dirigée par Nikita Mehta, parente du PDG et fondateur Dilesh Mehta.

Moins de deux mois plus tard, la jeune femme de 28 ans est remplacée dans ses fonctions de présidente de l’ancienne de Jean de Moüy par Sidney Toledano l’une des figures emblématiques du groupe LVMH. Sydney qui occupait le poste de PDG de la maison Christian Dior a été nommé en janvier 2018 président de LVMH Fashion Group : filiale du groupe français qui regroupe les griffes Céline, Fendi, Givenchy, Pucci, Kenzo et Loewe.

CHAPEAU CHAMPEAUX

Fondé en 1800 et immortalisé dans les romans d’Émile Zola, le Restaurant Champeaux était un restaurant avec jardin de rosiers et d’acacias, situé place de la Bourse, à l’angle de la rue Vivienne et de la rue des Filles-Saint-Thomas, qui servait de rendez-vous aux financiers, écrivains et journalistes. Signé Alain Ducasse, avec la complicité d’Olivier Maurey, son associé aux Lyonnais et Chez Benoît, cette adresse a su s’imposer dans le paysage chargé du coeur de Paris mais sous la Canopée de Paris.

Brasserie contemporaine où chacun vit sa propre expérience. On peut y venir en famille ou en amoureux dans la grande salle, ou encore pour un repas d’affaires dans le salon privé …

JET PACK TO STARS

Un jet commercial capable de voler à plus de Mach 2, c’est le projet déjà bien avancé sur lequel travaille la startup américaine « Boom » basée à Denver dans le Colorado. Un nom, qui je l’espère, n’est pas prémonitoire. Les Américains veulent réinventer le Concorde après avoir tuer dans l’oeuf un avion canadien appelé le CF-105 Arrow, et cela, bien avant, le célèbre supersonique français.

En 1957, l’Avro CF-105 Arrow sort du garage pour ses premiers tours de piste mais, pourtant, en 1959, l’avion est mis au placard par le Premier Ministre canadien de l’époque, John Diefenbaker, pour faire plaisir aux américains qui protègent…

ON AURAIT PU DIRE BIEN DES CHOSES

On aurait pu dire bien des choses en somme. A toutes ces phrases des égéries de la télé-réalité, « Il y a pas photo » ; terme de turfiste que l’on aurait pu en bon français transformer en : « il n’y a aucun doute ». « Je vais te mettre la misère ! » dit-elle encore. De nouveau, on aurait pu utiliser la phrase de Balzac : « je vais faire rendre gorge à ces barbares contrefacteurs de style ». Des barbarismes que personne ne comprend. Ainsi les Grecs appelaient barbares toutes les nations qui ne parlaient pas leur langue ou, du moins, qui ne la parlaient pas aussi bien qu’eux ; sans excepter les Égyptiens, auxquels ils étaient redevables d’une partie de leurs sciences et de leurs arts.

UN CAFÉ NOMMÉ DÉSIR

Je te regardais à travers la brume de l’arôme fumant qui se disperse de ma tasse, d’un air un peu lointain, une femme aux yeux noirs devant moi qui avait un, je ne sais quoi, d’étrange. J’ai bu comme un éclair ma tasse noire comme son iris, et, soudain, je me suis remémoré, après cette gorgée, la longue présence à tes côtés jusqu’à l’aube. Un sucre qui tombe dans ce noir profond, et je libère dans ma bouche ce nectar chaud qui me rappelle la profondeur de mes sentiments aussi large que le gouffre de Helm.

Le café est comme l’amour, une affaire sérieuse, ai-je pensé – surtout en Italie – et, pour ceux, qui cherchent un super expresso, Cafezal est l’endroit où se rendre : 40 rue des Blancs Manteaux 75004 Paris.

MOMENT DE CALME ET DE VOLUPTÉ

« C’est ce petit plaisir de l’objet musée » comme me dit ma compagne : la voiture qui, à elle seule et le parking inclus, coûte plus qu’un appartement sur l’Algarve. Tous les dimanches matins, je monte dans cet objet qui n’est plus un rêve puisqu’il est devenu réalité. Mais, c’est le seul qui me rattache encore à ma vie de célibataire ; entendez ma jeunesse passée. Parfois, je m’assoie sur ces sièges diffusant une forte odeur de cuir lissé par les années, car la belle a plus de 20 ans. Je tourne la clé et entend la musique du six cylindres à plat. Alors là, je laisse chauffer la bête de 300 chevaux pendant plusieurs minutes pour ne pas l’effrayer.

HÉTÉRONYMES DE GUERLAIN

Comment vous dire ? Je regardais avec curiosité ce faux parfum rosâtre, et bouffie par son flacon où la répartition du fond en cul de bouteille me rappelait ces bouteilles de bière mal dégrossies que l’on met au rebut. Une goutte de ce parfum sur la peau vous fera comme un poison que l’on vous lance par derrière, et ceux, qui en seront frappés, deviendront des objets d’horreur, et de mépris, un parfum comme un baiser de la mort : un kiss mais pas cool.

Thierry W, le parfumeur de la maison, qui déclare dans la presse « je ne suis pas qu’un nez, il y a un cerveau derrière » pour être certain que nous le sachions.

COLORATURA DE CARTIER

Autour de moi, tandis que la ville sommeille, ma lampe inspiratrice éclaire ma plume, je viens voir ses trésors qui transforment une vie en fantasmagorie. Sans bruit, sous le pavé humide du bitume, je marche sur des pierres comme sur un lac profond et calme de Suisse, et, comme une panthère, je glisse jusqu’à la rue de La Paix dans une lumière blanche similaire à la neige quand, en avril, elle tombe des étoiles sur le pavé parisien.

Je suis au treize de la rue. J’arrive devant ce temple pour contempler cette collection « Coloratura » que Cartier nous présente en avant-première.

LE RESTO DE LA FASHION

Ce restaurant, tenu par une ancienne journaliste en reconversion, ne paye pas vraiment de mine, il y a un petit air de famille entre tous ces bistrots parisiens qui surfent sur la vague du « c’était mieux avant », en cultivant une certaine satisfaction à remettre René Coty au goût du jour dans un décor de carton-pâte… Nous nous sommes assis avec les mannequins venues pour la circonstance après le show se sustenter. Après un apéritif, nous passons commande. Quel n’a pas été notre surprise de voir les mets arrivés tous plus succulents les uns que les autres…

DIX MILLIARDS DE TRILLIONS DE CARATS

On connaissait l’existence de météorites métalliques qui renfermaient de minuscules cristaux de diamants, mais en 2004, le Harvard-Smithsonian Center a annoncé la découverte d’une masse de carbone cristallisée qui a été baptisée l’étoile. Cette étoile est distante de plus de 50 années lumières de la terre. C’est le plus gros « diamant » de la galaxie, et il se niche dans la constellation du Centaure. Ce « diamant » pèse approximativement dix milliards de trillions de carats ? Le rêve de bimbo russes qui croient que vivre sur une planète de diamants sans « Eire », cela fait toujours « Dublin »

CHAMPION DU MODE BUSINESS

Mais, outre ces incidents qui nous touchent, c’est la victoire du foot comptable, et la mort de Cyrano de Bergerac, car où était le panache français que nous avions dans la défaite autrefois ? Aujourd’hui, nous gagnons, certes, mais, comme des comptables, qui jour après jour gagnent juste pour remplir le contrat car le plus important c’est le « but » au sens propre et figuré. Moi, j’aime trop Edmond Rostand, pour ne pas accepter que l’on gagne sans panache. Hier, c’était le cas. C’était la victoire d’une équipe de comptables, managée par un comptable. Bienvenue dans notre nouveau monde à l’anglo-saxonne, sans dramaturgie car les résultats étaient connus à l’avance.

DISCOURTOISIE DES GENS DE MODE

Modeste bug humain, il s’était fait ce soir-là une tête adéquate de bonimenteur, une tête de Christ blennorragique, laissant couler une lettre comme une cholérine opiniâtre que voici, « devant le nombre de places limitées bla bla bli, bla bla bla « . Au moins d’antan, on vous répondait même si la lettre était inlassablement la même vous prenant pour un imbécile année après année. Mais, maintenant quand vous expédiez une lettre écrite à la plume sergent major, c’est le vide sidéral, mais surtout, sidérant de silence. Pas même un petit vermisseau d’appel téléphonique, et, certainement, parce qu’à force de dire toujours « Non » on avait fini par voir accrocher à leur bouche des hémorroïdes.

UN AMOUR DE PORCELAINE

C’était un dimanche de flânerie où la chaleur écrasante nous avait amenés, tout doucement, dans les jardins du Palais Royal, là où il règne toujours un petit vent frais dans les coursives qui se propage comme le soleil qui inonde le soir et sa pâleur et dont les reflets scintillent sur une danse des murmures sortant de chaque arche ouverte sur les jardins. Des vaguelettes de vent au-delà de l’archipel des galeries, une « joie » douce nous transporte justement à la galerie Joy. Devant les vitrines, nous vîmes « non sans raison » mais, surtout, avec passion des fresques d’assiettes de Limoges de toute beauté.

FOURNIÉ FENÊTRE SUR SCOOP

Actrice fétiche d’Alfred Hitchcock, devenue princesse à 26 ans, beauté blonde dont les yeux bleus glacés conquirent la planète, Grace Kelly est l’une de ces icônes hollywoodiennes dont l’allure mythique aura marqué Julien Fournié pour cette saison ; la mode et le cinéma, une histoire d’amour aussi bien dans les salles obscures que dans les backstages. Une femme noire, en « New Look » du Maître de Granville, est recouverte d’écailles, vampe de douceur comme un ange noir qui glisse dans l’Oratoire. La blonde des années 50 n’avait qu’un objectif : être féminine à nous en donner le vertige.

Ce look rappelle les années prolixes de la Haute Couture parisienne ! En effet, pendant les 6 années après la Seconde Guerre Mondiale

EYMERIC FRANCOIS 2019

J’avais pris mon talisman pour le show d’Eymeric Francois en prévision du sortilège qu’on allait nous jeter, une amulette qui est dotée de vertu magique et qui sert à éclairer le statut particulier du journaliste en recherche de sensation poétique. Le sort peut donc en être jeté, Eymeric nous lance son sortilège en l’église américaine de Paris, et pour conjurer son sort de couture, je dissous ce texte dans une encre magique, pour ne pas être prisonnier de ma Raison !

Et, à l’heure de cette présentation, où mes jours ont été un rêve, et mes rêves sont restés un jour, une voix douce venant du bord de l’aile de l’Archange St-Michel, avec l’aide du créateur nous donne à boire une eau de mémoire puisée dans les ravines de la beauté comme une poésie qui sent les amandiers en fleurs, mais aussi la nuit fraîche des planètes inconnues.

Sa recherche éperdue de la beauté semble innée et il fait sienne cette phrase de Valéry : « L’amour a la puissance du chant, si vous ne le savez pas, allez le demander au rossignol ».

RAMI ZAKHEM GLAMOURO-SCOPE

Il est vrai que la séduction d’une salle climatisée aurait pu faire que nous soyons attendri par la collection présentée. Il est vrai que l’accueil de Romain Hulin toujours parfaite pourrait venir influencer notre jugement. Quand j’ai lu la brochure se référant à Saint-Laurent, Dior, Marc Bohan, Alaïa, et bien d’autres, mon intérêt a été piqué au vif. J’étais assis à côté de cette plume libanaise que tout le monde connaît dans la profession F EL K « le curé » (traduction littérale). « Nul n’est prophète en son pays », et qui ne ménage pas ses mots sur les robes et les créateurs en devenir qu’il voit au quotidien.

Mais, c’est sans hésitation qu’à la première robe  nous sommes tombés d’accord et extrêmement surpris de la qualité des modèles présentés et, au fur et à mesure, les modèles glissaient comme des cygnes sur le podium miroir comme les eaux calme du fleuve St Laurent ; un signe peut être.

SORBIER L’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT

Se souvenir des belles choses et de toutes celles qui nous manquent entre les deux solstices, ce sont les collections de Franck Sorbier. Comme les beaux papillons qui pointent au moment de l’été et que les fans attendent les paupières mi-closes , j’ai le ventre creux entre deux collections, comme un sentiment de vide qui m’empêche de rêver au-delà de ma propre vie.

Alors, je regarde le passé et son miroir. Je contemple le déroulement infini de l’aiguille et mon esprit reste un gouffre toujours aussi amer de ne pas voir le Maître renaître de ses créations d’antan tel Le phenix. Sorbier, proche de la nature comme jamais, sonde le fond des abîmes de celle-ci et nul ne connaît mieux que lui les richesses qu’elle nous offre.

Mais, dans la palette du couturier, il voit ces richesses se détruire, une terre que l’on combat sans regret ni remords jusqu’à diffuser sur les médias sociaux le carnage et la mort.

CHANEL LE VIEL HOMME ET LA SEINE

Les demi-mondaines présentes au défilé hurlent de peur et d’effroi à la vision de ces bouquinistes. Mais, elles se sont vite rassurées en découvrant que les livres d’une part, étaient factices et que, d’autres part, ils ne comportaient pour certains que des images. On est toujours étonné de l’auditoire des égéries de mode, car la culture est toujours menacée par l’insignifiant.

C’est l’image du vieil homme et la scène, une lecture de sa couture pour celui qui déambule dans sa Rolls Phantom : on ne sait, d’ailleurs, même plus qui est le fantôme de l’autre. Le « Pari » de Karl et ses bouquinistes encapsulés dans un dôme de verre, neutre et insensible, mais, surtout, fermé aux agressions du monde extérieur, il transforme les quais de Seine pour des quais décènes

DIOR MÉLANIQUE ET VIEILLES DENTELLES

Les friperies et le kilo shop à la mode remplaçant pour ce défilé la maison du Seigneur des Arnault, le « Kilo Dior » en mode « Kilo moche », pour « Dit Maria » – coupe du monde oblige – pense avec nostalgie qu’elle aurait vraiment été plus heureuse dans les années 20-30. Comme Gabrielle, c’était mieux en 40 qu’en 18.

Mais là, les insectes affreux ainsi que la poussière rampent au dessus du  bloc de mannequins en mouvement. Ses meilleures créations font un champagne mousseux ou un verre d’eau de Seltz sans bulle, une mode bien léchée, mais surtout, bien lâchée et, pour finalement, avoir un spectacle plus dans la salle que sur la scène.

La prochaine fois, faites défiler les filles publiques. Cela sera plus intéressant. Autant de travail des petites mains de la Haute Couture, pour, au final, n’avoir aucune émotion, un  comble !